Difficile pour QS de percer dans les régions rurales, admet Nadeau-Dubois

À la sortie d’une campagne qu’il qualifie lui-même de « pas à la hauteur », Gabriel Nadeau-Dubois se pose de « grandes questions pour l’avenir » de QS, comme celles de savoir comment atteindre l’électorat rural, mais aussi celui plus âgé.
Jacques Nadeau Le Devoir À la sortie d’une campagne qu’il qualifie lui-même de « pas à la hauteur », Gabriel Nadeau-Dubois se pose de « grandes questions pour l’avenir » de QS, comme celles de savoir comment atteindre l’électorat rural, mais aussi celui plus âgé.

Québec solidaire (QS) s’efforcera d’expliquer les résultats « décevants » de l’élection générale à ses membres le mois prochain. Mais déjà, Gabriel Nadeau-Dubois l’admet : « quand on s’éloigne des coeurs urbains, il y a plus de défis ».

Plus de trois mois après le scrutin, le co-porte-parole solidaire a profité du caucus présessionnel de ses députés pour faire une analyse express des résultats du 3 octobre. Après avoir obtenu 16,1 % des voix en 2018, le parti de gauche n’en a amassé que 15,4 % en 2022. Si un bilan officiel est prévu au conseil national de QS début février, l’heure était à l’introspection lundi.

« J’ai eu besoin de temps entre l’élection, puis le temps des Fêtes, d’abord pour ma famille. Deuxièmement, pour des raisons politiques aussi. J’avais besoin de faire le point, puis de réfléchir », a indiqué l’élu de Gouin lors d’une conférence de presse à Montréal.

De « grandes questions pour l’avenir » de QS

À la sortie d’une campagne qu’il qualifie lui-même de « pas à la hauteur », « GND » se pose de « grandes questions pour l’avenir » de QS. « Comment on s’adresse à l’électorat rural ? On fait de bons résultats dans les centres urbains en région. Sherbrooke est un exemple, la ville de Rimouski [aussi]. C’est quand on s’éloigne de ces coeurs urbains là qu’on voit qu’il y a plus de défis pour nous », a-t-il indiqué.

En perdant la circonscription de Rouyn-Noranda–Témiscamingue l’automne dernier, QS s’est retrouvé cantonné dans des circonscriptions urbaines à Montréal, Québec et Sherbrooke. En campagne, les propositions solidaires de taxe à l’achat d’un nouveau véhicule à essence et d’impôts sur les « ultrariches » avaient été coiffées du sobriquet « taxes orange » par le chef caquiste, depuis reporté au pouvoir, François Legault. Après les élections, des députés avaient convenu que la mesure avait été mal communiquée.

« On sait que la jeunesse du Québec nous appuie beaucoup, a ajouté M. Nadeau-Dubois lundi. Mais il faut construire des ponts vers les autres générations. Comment on fait ça ? »

M. Nadeau-Dubois demeure « optimiste » pour la suite. Les fondations de QS sont « solides », a-t-il dit lundi. « Notre combat pour l’environnement, il reste d’actualité. On a besoin d’une force politique au Québec qui va être la pointe de la flèche sur les enjeux climatiques, les enjeux environnementaux. Ça, c’est un fondamental sur lequel on peut construire. Notre appui chez les jeunes, notre force militante… »

Dans les mois précédant la campagne, l’exécutif national solidaire s’était efforcé de présenter aux électeurs une version recentrée du parti. À quelques semaines du conseil national des 11 et 12 février — et donc d’une discussion frontale avec ses membres —, GND est conscient qu’il y aura des « débats ». « On est à Québec solidaire. Il va y avoir des débats, c’est certain. Mais il y a une base d’unité qui est encore forte chez nous », a-t-il dit.



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