Les demandes d’Éric Duhaime à l’Assemblée nationale rejetées

Mercredi, le chef conservateur a vivement dénoncé la décision de la nouvelle présidente de l’Assemblée nationale lors d’un point de presse à l’extérieur.
Jacques Boissinot La Presse canadienne Mercredi, le chef conservateur a vivement dénoncé la décision de la nouvelle présidente de l’Assemblée nationale lors d’un point de presse à l’extérieur.

Éric Duhaime et le Parti conservateur du Québec (PCQ) ont reçu une fin de non-recevoir de la nouvelle présidente de l’Assemblée nationale, Nathalie Roy, qui refuse de leur donner accès à des services réservés aux députés.

« Sans minimiser le fait qu’un grand nombre d’électeurs ait appuyé votre parti lors des dernières élections générales, je me vois dans l’impossibilité de répondre favorablement à vos demandes puisque vous n’êtes pas un élu de l’Assemblée nationale et qu’aucun autre parlementaire n’y représente votre parti », a écrit Mme Roy dans une lettre transmise mardi au chef du PCQ.

Au lendemain de la soirée électorale, Éric Duhaime avait demandé à l’Assemblée nationale de pouvoir tenir des points de presse à l’intérieur du parlement, de disposer d’un bureau pour recevoir des invités et de participer à des séances de breffage privées sur des rapports ou sur le budget.

Normalement, seuls les élus peuvent avoir un bureau et tenir des conférences de presse à l’Assemblée. Or, M. Duhaime prétextait pouvoir le faire parce qu’il avait récolté 13 % des votes aux dernières élections.

Son parti, martèle-t-il, est victime d’une grave « distorsion électorale ». À titre comparatif, le Parti libéral de Québec a récolté à peine un point de point de pourcentage de plus de votes que le PCQ (14 %), mais a quand même fait élire 21 députés.

« Pour la première fois de l’histoire du Québec, une formation politique a reçu plus d’un demi-million de votes, sans que cette expression démocratique ne se traduise par une représentation en termes de députés », faisait valoir le chef conservateur dans une lettre transmise à Mme Roy concernant ses demandes.

Charge contre Nathalie Roy

Mercredi, le chef conservateur a vivement dénoncé la décision de Mme Roy lors d’un point de presse tenu à l’extérieur, sous une pluie froide. « Elle est en train de donner raison à tous les gens qui disaient qu’elle était beaucoup trop partisane pour être présidente de l’Assemblée nationale », a-t-il dit.

« Ses deux premières décisions, elle les rend, exactement, mot à mot, [selon] ce que M. Legault lui a dicté », a-t-il poursuivi en faisant allusion à la première décision rendue par Mme Roy sur la possibilité pour le Parti Québécois de siéger sans prêter serment au roi.

« Combien de fois a-t-elle communiqué avec les conseillers au cabinet de M. Legault au cours des dernières semaines et des derniers jours ? […] Parce que Jean-Pierre Charbonneau [président de l’Assemblée de 1996 à 2002] […] , il m’a dit qu’en six ans, il n’avait jamais parlé à personne de l’entourage de Lucien Bouchard. »

Rappelons que dans les mois précédant l’élection du 3 octobre, le chef du PCQ avait la possibilité de se faire entendre à l’intérieur du parlement, parce qu’il avait convaincu Claire Samson, une élue d’un autre parti, de se joindre à sa formation.

13%

C’est le pourcentage de vote qu’a récolé le Parti conservateur aux élections d’automne.

M. Duhaime dit d’ailleurs poursuivre son maraudage afin de recruter un député caquiste malheureux. « J’ai confiance que dans les prochains mois, on va réussir. » Il a aussi indiqué à ses partisans qu’il entendait continuer de « se battre » pour avoir une place au parlement sans toutefois préciser comment. L’appui d’autres partis — comme celui qu’il a obtenu du Parti québécois — fait partie des actions qu’il entrevoit à cette étape-ci.

Où situer la limite ?

Quant à savoir à partir de quel pourcentage un parti sans députés devrait pouvoir avoir accès au parlement, le chef conservateur avait des suggestions à faire. Selon lui, on devrait s’inspirer des critères utilisés pour reconnaître à un parti le statut d’opposition.

À l’heure actuelle, deux critères sont appliqués : obtenir 20 % des voix ou faire élire au moins douze députés. M. Duhaime fait valoir qu’à l’époque où ces critères ont été définis, le Québec vivait dans un système à deux partis.

En tenant compte du fait que cinq partis se partagent la majorité de l’échiquier politique, il suggère que ce pourcentage soit modifié. « Il y a deux fois et demie plus de partis qu’il y en avait à l’époque, donc ça veut dire que c’est entre 5 % et 10 %. »

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