Vague de départs au Parti conservateur du Québec

Au moins cinq membres du bureau national du Parti conservateur du Québec (PCQ) ont cédé leur place au cours des dernières semaines, dont sa présidente, Denise Peter. Des départs faisant suite aux déchirements internes observés, cet automne, dans la formation d’Éric Duhaime.

Depuis quelques jours, plusieurs noms ont disparu de l’organigramme du bureau du parti, sur son site Internet. La présidente Denise Peter, qu’Éric Duhaime a souvent présentée comme une amie personnelle, n’y figure plus. Tout comme l’ancienne vice-présidente aux finances Mylène Bouchard (également candidate dans Montmorency).

Le Devoir a appris que le président de la Commission politique, André Valiquette, était, lui aussi, parti au cours des derniers jours. M. Valiquette, un ancien porte-parole de l’Institut économique de Montréal, est celui qui avait coordonné l’élaboration du programme du parti avant les élections. Il doit être remplacé par le médecin Karim Elayoubi.

Le parti a un nouveau président en la personne de Donald Gagnon, candidat défait du parti dans Vanier-Les Rivières.

 

« Éric fait des changements dans son entourage, a expliqué Jimmy Voyer, qui a aussi quitté le bureau plus tôt cet automne. Il y a d’autres gens qui prennent le relais, et je trouve que c’est bien correct. Le parti s’en va dans la bonne direction. »

Invité à commenter, le porte-parole du parti, Cédric Lapointe, a rétorqué que ces changements étaient dans l’ordre des choses. « Il est normal que ces gens partent au lendemain d’élections. Ils ont beaucoup donné. On les remercie. »

Selon le porte-parole, ces changements ne sont pas les symptômes de fractures internes. « La bonne nouvelle, c’est qu’ils restent pratiquement tous impliqués dans le parti à un autre niveau. »

Un automne difficile

 

La direction du parti est sous le feu des critiques depuis les élections du 3 octobre. De nombreux membres et candidats ont imputé à l’entourage d’Éric Duhaime, et tout particulièrement à son directeur général, Raffael Cavaliere, les résultats décevants du scrutin. Ce dernier est toujours en poste, mais selon nos sources, il devrait, lui aussi, être remplacé sous peu.

« Les personnes qui restent en place ne sont pas celles qu’on voulait voir rester, a confié un ex-candidat du PCQ, qui juge que même Éric Duhaime pourrait être contesté. Il y a une partie des membres qui se préparent pour le vote de confiance, et si Éric ne se réveille pas, il va avoir des problèmes. »

Le vote de confiance envers Éric Duhaime aura lieu lors du congrès du parti qui doit avoir lieu en 2023, à une date indéterminée. Les membres doivent par contre se réunir le 17 décembre prochain pour le conseil général, à Drummondville.

Le parti et son chef ont également été vertement critiqués par des partisans complotistes qui leur ont reproché de ne pas avoir dénoncé une prétendue fraude électorale dont Éric Duhaime aurait été victime, à l’instar de Donald Trump.

Le chef conservateur effectue actuellement une tournée des régions et est en attente d’une décision de l’Assemblée nationale sur les services auxquels il pourra avoir accès dans l’enceinte du parlement.

Il tient toujours son émission en direct hebdomadaire, sur les réseaux sociaux, mais plutôt que d’échanger longuement avec ses partisans, il fait désormais de longues entrevues avec des invités spéciaux. La semaine dernière, l’ancien président de l’Assemblée nationale Jean-Pierre Charbonneau a été invité à présenter les avantages d’une réforme du mode de scrutin.

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