La qualité de l’air dans les écoles est un dossier prioritaire, dit Drainville

Le ministre a reconnu que la situation allait empirer cet hiver, alors que les écoles ferment habituellement leurs fenêtres.
Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre a reconnu que la situation allait empirer cet hiver, alors que les écoles ferment habituellement leurs fenêtres.

La qualité de l’air dans les écoles devient une priorité absolue sous Bernard Drainville. Le ministre a déclaré vendredi qu’il « n’y a pas un dossier sur lequel j’ai mis plus de temps et d’énergie ».

Il avait convié les journalistes à un point de presse portant spécifiquement sur la ventilation, durant lequel il a révélé qu’un pour cent des classes au Québec est toujours problématique.

Selon ses plus récentes données, 724 classes ont une concentration moyenne hebdomadaire de CO2 qui dépasse 1500 parties par million (ppm). Soixante-douze classes fracassent les 2000 ppm.

 

M. Drainville a reconnu que la cible idéale était de 1000 ppm. Cet automne, entre 76 % et 84 % des locaux présentaient des concentrations de CO2 inférieures à cette norme.

Le ministre a également prédit que la situation allait empirer cet hiver, considérant que les écoles ferment habituellement leurs fenêtres.

 

« Quand les grands froids vont arriver, ces chiffres-là risquent d’être moins bons. Soyons honnêtes. Est-ce que ça va être encore 1 % ? Probablement pas », a-t-il déclaré.

En pleine pandémie de COVID-19, l’enjeu de la ventilation dans les écoles avait pris beaucoup d’ampleur. Le prédécesseur de M. Drainville, Jean-François Roberge, était accusé de minimiser le problème.

« J’apprécie le changement de ton du nouveau ministre, a gazouillé vendredi la porte-parole libérale en éducation, Marwah Rizqy. Finalement ce n’est pas un “dossier gonflé à l’hélium”. »

Sans aller jusqu’à critiquer l’ancien ministre, Bernard Drainville a raconté qu’il avait rapidement demandé à ses fonctionnaires : « Qu’est-ce que vous faites ? Qu’est-ce qu’on fait ? »

Il voit comme une avancée positive le fait d’avoir installé des lecteurs de CO2 dans les 68 548 classes de la province de façon à y mesurer la qualité de l’air en temps réel.

« On a installé des lecteurs de CO2 partout. […] On a installé des échangeurs d’air partout où on nous demandait d’en installer. La situation n’est pas idéale, la situation n’est pas réglée, mais elle est relativement sous contrôle.

« Parler de ventilation, c’est aussi parler du fait que notre parc d’écoles est vieillissant et il faut continuer à faire de gros investissements », selon le ministre de l’Éducation.

Il conseille entre-temps aux établissements, qui sont aux prises avec une « vague d’infections », d’ouvrir leurs fenêtres cet hiver, malgré le froid, en tenant compte du « confort de l’élève ».

« Trois ans après le début de cette saga, […] qu’on soit encore en train […] d’ouvrir les fenêtres pour un troisième hiver, c’est désolant », a réagi la Fédération autonome de l’enseignement (FAE).

Sa présidente, Mélanie Hubert, rappelle en entrevue que les données fournies par le ministre sont des moyennes, et que les concentrations de CO2 dans les classes atteignent souvent les « 1700, 2000 ppm ».

Elle dit cependant apprécier le sérieux de M. Drainville.

« M. Drainville avait l’air beaucoup moins jovialiste que M. Roberge pouvait sembler au courant des dernières années. J’ai senti que M. Drainville ne cherchait pas à nous dire que tout allait bien. »

« Il semblait plutôt conscient que le problème était important et qu’il n’était pas encore réglé. C’est quand même un changement de ton intéressant », a-t-elle déclaré.

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