«Il y a des règlements», rappelle le lieutenant-gouverneur au PQ

Le lieutenant-gouverneur du Québec, J. Michel Doyon, lors du discours inaugural prononcé à l’Assemblée nationale mercredi
Jacques Boissinot La Presse canadienne Le lieutenant-gouverneur du Québec, J. Michel Doyon, lors du discours inaugural prononcé à l’Assemblée nationale mercredi

Le lieutenant-gouverneur du Québec, J. Michel Doyon, ne s’offusque pas devant le refus des élus péquistes de prêter le serment d’allégeance au roi. Il leur rappelle toutefois qu’« il y a des règlements ».

Le Devoir a pu s’entretenir quelques instants avec le représentant du roi Charles III au Québec mercredi, moins d’une demi-journée avant que les trois députés du Parti québécois (PQ) tentent de pénétrer dans le Salon bleu sans avoir prêté serment à la couronne. « C’est une question qui leur est propre. Il y a une Constitution canadienne. Il y a des règlements », s’est contenté de dire M. Doyon avant de s’engouffrer dans le Salon rouge, où se tenait un coquetel pour les députés assermentés.

Le vice-roi avait participé une heure auparavant à la cérémonie du discours inaugural de la législature. Comme le veut la coutume, il y avait prononcé une allocution. Au moment de son entrée en Chambre, les élus de la Coalition avenir Québec et du Parti libéral du Québec l’attendaient debout. En guise de protestation contre la monarchie, ceux de Québec solidaire sont restés assis. Ils ont également refusé d’applaudir le discours de M. Doyon.

« Êtes-vous offusqué ? » lui a demandé Le Devoir après coup. « Non », a-t-il répondu simplement.

Roy laisse planer le doute

 

Bien qu’il ne reste que quelques heures avant le coup d’éclat du PQ au Salon bleu, la présidence de l’Assemblée nationale, elle, fait toujours attendre sa décision à ce sujet. Les laissera-t-elle rentrer ? Demandera-t-elle à la sergente d’armes d’intervenir à l’entrée ? « On verra demain ! » s’est contentée de dire la présidente Nathalie Roy lorsqu’accostée par Le Devoir mercredi après-midi. Le PQ n’a pas non plus eu de discussions avec elle, a confirmé l’attaché de presse Emmanuel Renaud par message texte.

Pourtant, voilà plus d’une journée que le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, a demandé à Mme Roy de trouver « une solution » pour le laisser — ainsi que ses collègues — siéger. « Vous avez cette discrétion, ce pouvoir discrétionnaire d’agir, avait-il dit mardi après-midi. Prenez la solution que vous voulez, mais prenez-en une, s’il vous plaît. […] Et nous, on laisse un délai raisonnable. »

En plein discours d’ouverture à l’hôtel du Parlement, alors que le premier ministre François Legault fixait ses priorités pour le deuxième mandat caquiste, les députés péquistes brillaient toujours par leur absence, mercredi. Ils n’ont pas encore fait connaître leurs intentions quant à l’éventualité où ils seraient refoulés à l’entrée du Salon bleu jeudi.

Leur porte de sortie pourrait se situer dans le projet de loi que déposera le gouvernement caquiste pour rendre le serment facultatif. Le premier ministre Legault s’attend à ce qu’il soit déposé la semaine prochaine, et le leader du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, souhaite l’adopter « rapidement » grâce à la procédure accélérée « un, deux, trois ».

Celle-ci demande l’unanimité des partis d’opposition. Et si, la session dernière, le Parti libéral avait refusé de donner son aval à un tel projet de loi, il semble désormais disposé à mettre de l’eau dans son vin. « Le serment au roi, c’est dépassé. On va vouloir travailler rapidement pour changer la loi », a indiqué le chef intérimaire libéral, Marc Tanguay, mercredi matin.

Les députés de l’Assemblée nationale auront moins de deux semaines pour faire avancer ce texte de loi. La période de travaux parlementaires prend fin le 9 décembre.

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