Legault veut que le Québec sélectionne 100% d’immigrants francophones

Mardi, François Legault a estimé que l’objectif de 100 % d’immigrants sélectionnés francophones serait atteint d’ici 2026, dernière année de son mandat.
Jacques Boissinot La Presse canadienne Mardi, François Legault a estimé que l’objectif de 100 % d’immigrants sélectionnés francophones serait atteint d’ici 2026, dernière année de son mandat.

Le premier ministre François Legault a annoncé que le Québec sélectionnerait à 100 % des immigrants francophones, mardi, tandis qu’un de ses ministres appelait à un « réveil national » des Québécois face au déclin du français.

M. Legault croit que cet objectif peut être atteint d’ici 2026 pour les immigrants économiques qu’il a le pouvoir de choisir.

« Je pense que oui, c’est ça qu’on doit viser », a-t-il dit dans un point de presse à l’Assemblée nationale.

M. Legault a exclu, « dans un avenir prévisible », la possibilité de rouvrir la Charte de la langue française pour ajouter l’exigence de scolarité en français jusqu’au cégep. Il a insisté sur l’importance d’améliorer l’accès aux cours de francisation.

« Est-ce que deux ou trois années de cégep, ça change la situation ? Je pense que l’urgence, c’est de voir ce qu’on fait avec l’immigration », a-t-il dit.

Le premier ministre donnera plus de détails dans le discours d’ouverture qu’il prononcera mercredi pour exposer les orientations de son gouvernement.

« On va continuer de poser des gestes pour absolument stopper le déclin du français », a-t-il affirmé.

Le Québec sélectionne environ 65 % des 50 000 immigrants qui viennent chaque année s’établir dans la province. L’autre portion relève de la sélection du gouvernement fédéral, qui gère les programmes de réunification familiale et l’accueil de réfugiés.

Réveil national

 

Durant la campagne électorale, M. Legault a mis en avant le fait que son gouvernement était parvenu à ce que 80 % des immigrants choisis par Québec l’an dernier soient francophones. Il accusait ses prédécesseurs de s’être contentés de 50 %.

« On a réussi, dans l’immigration économique, à augmenter ça à 80 %, et je pense qu’il faut tendre vers le 100 % », a-t-il dit mardi.

M. Legault a rappelé que son gouvernement souhaitait toujours récupérer des pouvoirs en matière d’immigration actuellement entre les mains d’Ottawa.

« Si on regarde la réunification familiale et les réfugiés, actuellement, il y a un vrai défi de ce côté-là […] Donc il y a des choses à régler avec le gouvernement fédéral. »

Le ministre de la Langue française, Jean-François Roberge, a pour sa part soutenu que « tous les indicateurs sont au rouge » concernant la situation du français au Québec.

« Il va vraiment falloir que les Québécois comprennent qu’en ce moment, on ne marche pas, on court vers un mur, a-t-il dit en point de presse. On a un vrai problème. »

Le recul du français est plus important dans les 20 dernières années que dans le siècle précédent, a soutenu le ministre. Il a insisté pour que les Québécois « se saisissent de cet enjeu » et consomment plus de culture en français, notamment.

« Il faut un réveil national. Il faut une mobilisation nationale », a-t-il lancé sans plus de précisions sur ses intentions.

Rentrée parlementaire

 

Les travaux parlementaires ont repris mardi avec l’élection de la députée caquiste Nathalie Roy à la présidence de l’Assemblée nationale. Durant le dernier mandat, elle était ministre de la Culture.

Très émue en prenant la parole pour la première fois dans ses nouvelles fonctions, au Salon bleu, Mme Roy a assuré aux électeurs de sa circonscription de Montarville qu’elle continuerait d’être à leur service.

« Vous me permettez de vivre une expérience hautement humaine, leur a-t-elle dit. Ces mandats ont profondément changé ma vie, et je vous en serai éternellement reconnaissante. »

Se levant à son tour, M. Legault a souligné que l’accession de Mme Roy à la présidence était « une suite logique » dans sa carrière.

« Vous avez été connue comme étant une députée pugnace un petit peu, et je pense que, maintenant, vos fonctions vont vous demander une neutralité absolue, et vont vous demander de prendre une certaine distance des débats partisans », a-t-il souligné.

Utilisant une métaphore sportive, le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a invité la nouvelle présidente à ne pas hésiter à rappeler la Chambre à l’ordre, y compris ses anciens collègues.

« Vous allez avoir la responsabilité de distribuer les cartons jaunes durant les prochaines années, y compris des cartons jaunes à votre ancienne équipe, et de parfois serrer la vis à des joueurs qui étaient auparavant à vos côtés, a-t-il dit. Je vous souhaite bonne chance et je vous sais capable de relever ce défi-là. »

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