Les élus péquistes tenteront d’entrer au Salon bleu jeudi

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, maintient que « sept, huit solutions » sont sur la table pour éviter une confrontation avec la sécurité jeudi.
Jacques Boissinot La Presse canadienne Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, maintient que « sept, huit solutions » sont sur la table pour éviter une confrontation avec la sécurité jeudi.

Les élus du Parti québécois (PQ) tenteront par tous les moyens de pénétrer dans le Salon bleu, jeudi, même si leur refus de prêter serment au roi Charles III le leur interdit.

Les trois députés péquistes, qui n’ont toujours pas été assermentés, souhaitent d’ici là dénicher « une solution ». Le chef Paul St-Pierre Plamondon prie la nouvelle présidente de l’Assemblée nationale, Nathalie Roy, d’émettre « une nouvelle opinion » réglementaire.

« Vous avez cette discrétion, ce pouvoir discrétionnaire d’agir. Prenez la solution que vous voulez, mais prenez-en une, s’il vous plaît, dans un rôle d’équité et d’indépendance envers tous les députés. Et nous, on laisse un délai raisonnable », a lancé « PSPP » à Mme Roy en conférence de presse mardi après-midi.

Prenez la solution que vous voulez, mais prenez-en une, s’il vous plaît, dans un rôle d’équité et d’indépendance envers tous les députés.

 

Plus tôt en journée, les députés du PQ ne s’étaient même pas présentés au Salon bleu en vue de l’ouverture de la législature. Ils ne comptent pas non plus le faire mercredi, jour du discours inaugural du premier ministre François Legault. « On va donc fixer à jeudi matin le moment où, les trois ensemble, on va se diriger vers le Salon bleu puis on va demander d’y entrer », a résumé M. St-Pierre Plamondon mardi.

Personne ne peut dire pour le moment ce qui arrivera jeudi matin à l’ouverture des portes du Salon bleu. Dans une décision rendue au mois de novembre, l’ex-président de l’Assemblée nationale François Paradis avait cependant indiqué que la sergente d’armes, qui est chargée de la sécurité dans l’enceinte, était « légitimée » pour expulser un député non assermenté. Mardi, l’équipe des communications de l’Assemblée nationale a écrit qu’elle « n’émettr[ait] aucun autre commentaire » sur le sujet.

PSPP s’attend à siéger

M. St-Pierre Plamondon maintient que « sept, huit solutions » sont sur la table pour éviter une confrontation avec la sécurité jeudi. « On a parlé abondamment d’une motion. Ça peut être tout simplement une instruction à la sergente d’armes en disant : laissez-les passer. J’ai entendu ce matin […] la possibilité que les trois députés ici présents siègent, mais sans pouvoir voter », a-t-il dit.

Il demeure « probable » qu’une issue soit dénichée avant Noël, a-t-il ajouté, quelques minutes après avoir manifesté devant l’hôtel du Parlement en compagnie de protestataires qui agitaient des drapeaux québécois et des pancartes « Non à la monarchie ».

La solution pourrait-elle venir de la Coalition avenir Québec (CAQ) ? Mardi, le premier ministre François Legault a soutenu qu’un projet de loi visant à rendre le serment au roi facultatif arriverait la semaine prochaine. Le leader parlementaire du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, « souhaite » l’adopter avant le 9 décembre.

« Nous, on est prêts à travailler pour faire en sorte que cette exigence-là n’existe plus », a-t-il indiqué en mêlée de presse.

Dans un enchaînement qui a des allures de contre-la-montre, tant la CAQ que Québec solidaire (QS) ont fait entendre mardi leurs intentions de déposer des textes de loi sur le serment en début de session. Celui des solidaires arrivera jeudi. Le Parti libéral du Québec, qui s’était opposé en juin dernier à un premier projet de loi rendant facultatif le serment, analysera les deux textes législatifs « au mérite ».

Parce qu’ils ont fait l’exercice de prêter serment la semaine dernière, malgré leur réticence, les députés de QS ont, quant à eux, l’autorisation de fouler les tapis de la salle de l’Assemblée nationale. Le parti se dit aussi « ouvert au dépôt d’une motion » pour permettre au PQ d’envoyer ses élus au Salon bleu. « On est ouverts à travailler le libellé avec eux si c’est nécessaire. On est en mode, vraiment, collaboration », a indiqué Gabriel Nadeau-Dubois, mardi.

Avec Alexandre Robillard
et Florence Morin-Marte

Rentrée parlementaire sur fond de manifestations

Deux autres manifestations se sont déroulées sur la colline Parlementaire ce mardi. Près de la fontaine de Tourny, devant l’hôtel du Parlement, des protestataires en faveur de la réforme du mode de scrutin ont brandi des pancartes où l’on pouvait lire « Chaque voix compte » et « Qui a gagné les élections ? Pas la population ».

Plus tôt en journée, une vingtaine de membres de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) ont accueilli les députés qui entraient à l’Assemblée nationale sur la rue des Parlementaires avec un kiosque distribuant du café et un « plan de cours » s’intitulant « Faire de l’éducation une priorité nationale ».

Florence Morin-Martel



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