Dépité, Éric Duhaime reporte ses espoirs sur Nathalie Roy

M. Duhaime qualifie le rôle que Mme Roy occupera de «gardienne de la démocratie». Or, elle doit rétablir, souligne-t-il, «un tant soit peu la distorsion actuelle qui est totalement inacceptable».
Photo: Bernard Brault Archives La Presse canadienne M. Duhaime qualifie le rôle que Mme Roy occupera de «gardienne de la démocratie». Or, elle doit rétablir, souligne-t-il, «un tant soit peu la distorsion actuelle qui est totalement inacceptable».

Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ) enverra mardi — jour de rentrée parlementaire à Québec — une lettre à la prochaine présidente de l’Assemblée nationale, Nathalie Roy, la pressant d’accorder à son parti une présence minimale au Parlement, faute de pouvoir jouir d’un siège. Il dénonce une distorsion électorale « historique ».

Éric Duhaime formulera trois demandes dans sa lettre. « On veut continuer de faire des points de presse à l’Assemblée nationale, d’avoir accès à un bureau pour que des groupes de citoyens puissent venir rencontrer les représentants du parti, et on veut avoir accès aux séances en huis clos pour bénéficier des mêmes breffages que tout le monde », dit-il, en entrevue avec Le Devoir.

Dimanche après-midi, le chef conservateur a rendu sa lettre publique alors qu’il tenait un rassemblement en Beauce.

« On a convenu que la meilleure façon d’atteindre nos objectifs était de demander directement à la présidente de l’Assemblée nationale », dit-il. À ce titre, Mme Roy disposerait en effet de pouvoirs qui lui permettraient de répondre à ses demandes.

M. Duhaime qualifie le rôle que Mme Roy occupera de « gardienne de la démocratie ». Or, elle doit rétablir, souligne-t-il, « un tant soit peu la distorsion actuelle qui est totalement inacceptable ». Le 3 octobre dernier, le parti conservateur a récolté 530 786 votes, ce qui correspond à 12,91 % des voix, mais il n’a remporté la majorité dans aucune des 125 circonscriptions, se retrouvant sans siège à l’Assemblée nationale.

Ainsi, à l’heure où les partis de l’opposition font le bilan de leur entente — signée vendredi — répartissant leur budget et le nombre de questions qu’ils pourront poser en chambre, M. Duhaime regrette que son parti demeure dans l’ombre.

Il souligne toutefois « une ouverture de la part de tous les partis politiques » d’accueillir favorablement ses demandes. Rappelons que, quelques jours avant le vote, le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, avait affirmé que M. Duhaime mériterait « d’être entendu » à l’Assemblée nationale.

Réforme du mode de scrutin ?

« Historiquement, depuis que je suis en poste, le Parti conservateur n’a pas tenu de position sur une réforme du mode de scrutin », indique M. Duhaime. Mais devant l’ampleur de la « distorsion », il affirme que son parti se prononcera à son prochain congrès.

Le chef conservateur n’exclut donc pas de travailler avec le Parti québécois et Québec solidaire, dans les prochains mois, afin de réclamer une réforme du mode de scrutin d’une seule voix. « Le parti au pouvoir et l’opposition officielle [le Parti libéral] sont avantagés par le système actuel, dit-il. Ça va prendre du temps avant de régler la question. »

En plus de presser Nathalie Roy d’accorder au PCQ une présence minimale à « la maison du peuple », comme il l’appelle, M. Duhaime affirme qu’il « va revenir à la charge » dès mardi pour que « le gouvernement en fasse plus sur l’inflation ». Reste à voir comment il sera outillé pour le faire. Pour l’heure, il se dit prêt à tout : « Je vais le faire dehors s’il faut. Je vais m’acheter un manteau d’hiver, des bottes, une tuque et des mitaines ! »

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