Le PQ se dit «insatisfait» de son entente avec les autres partis

Le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, affirme avoir fait « quelques gains modestes » avant de signer l’accord sur la reconnaissance des groupes parlementaires.
Jacques Boissinot La Presse canadienne Le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, affirme avoir fait « quelques gains modestes » avant de signer l’accord sur la reconnaissance des groupes parlementaires.

Le Parti québécois (PQ) a finalement signé vendredi une entente pour la reconnaissance des groupes parlementaires au Salon bleu avec les trois autres partis. Si ces derniers se disent « heureux » d’être parvenus à un accord, le chef Paul St-Pierre Plamondon dit avoir signé « une entente au rabais ».

Après avoir amené les négociations parlementaires sur la place publique la semaine dernière parce qu’il « n’avait aucun levier », le PQ a pu obtenir « 7 % des questions au lieu de 5 % » à l’Assemblée nationale, a écrit M. St-Pierre Plamondon dans une publication sur Facebook. « Nous avons réussi, à la dernière minute, à faire quelques gains modestes avant de signer une entente au rabais », a-t-il déploré.

En ce qui concerne le budget de fonctionnement, la formation politique recevra 570 000 $ net par an, au lieu des 495 000 $  offerts au départ. Cela lui permettra d’embaucher un employé de plus. Elle aura aussi droit à un siège « d’observateur » au Bureau de l’Assemblée nationale déterminant le fonctionnement interne et l’organisation des travaux au cours d’une session parlementaire.

Nous avons réussi, à la dernière minute, à faire quelques gains modestes avant de signer une entente au rabais.

Paul St-Pierre Plamondon a affirmé être allé « chercher le maximum » pour le PQ dans les circonstances en signant l’entente avec la Coalition avenir Québec (CAQ), le Parti libéral du Québec (PLQ) et Québec solidaire (QS). Il a déploré des conditions « où nos vis-à-vis sont juge et partie, où il n’y a aucun pouvoir de négociation, aucun processus indépendant et très, très peu de bonne foi ».

En entrevue avec Le Devoir, le député péquiste des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, s’est dit « clairement insatisfait » de l’issue des négociations. Les autres partis ne « souhaitaient pas véritablement corriger les distorsions créées par le mode de scrutin », a-t-il soutenu.

Or, il était nécessaire pour le PQ d’être inclus dans l’entente, faute de quoi les trois élus auraient siégé à titre de députés indépendants et auraient disposé de moins de ressources. Les députés peuvent donc « bâtir » à partir de l’accord, même si le résultat est inférieur aux demandes formulées, a ajouté M. Arseneau. Il réclamait notamment 800 000 $ net par an comme budget de fonctionnement.

Le PQ a obtenu 14,61 % du vote populaire le 3 octobre dernier, mais seulement trois sièges à l’Assemblée nationale. Puisqu’il n’avait pas fait élire au moins 12 députés ou remporté 20 % du suffrage universel, il n’avait pas accès d’emblée aux avantages d’un groupe parlementaire reconnu. Cela concerne notamment des temps de parole substantiels et les budgets de recherche.

L’opposition officielle, le PLQ, a récolté 14,37 % des voix, mais 21 sièges. En raison de l’exclusion de la députée Marie-Claude Nichols à la fin octobre et du départ de l’ancienne cheffe Dominique Anglade le 1er décembre prochain, ce nombre chutera à 19. Québec solidaire a pour sa part 11 élus et a remporté 15,43 % des voix au suffrage universel. La CAQ, elle, a raflé 90 circonscriptions et 40,98 % des voix.

Les autres partis se disent « heureux »

Sur Twitter, le leader parlementaire du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, s’est dit « heureux d’avoir conclu une entente avec les trois partis d’opposition, tel que nous nous y étions engagés ».

Dans une publication sur le même réseau social, le chef intérimaire du PLQ, Marc Tanguay, s’est félicité d’avoir « su participer à une discussion constructive dans l’intérêt des Québécois ». 

Le leader parlementaire de Québec solidaire, Alexandre Leduc, s’est dit satisfait d’avoir obtenu une pleine et entière reconnaissance du parti comme groupe parlementaire. « Grâce à cette entente, les solidaires auront de solides moyens parlementaires pour faire leur travail, particulièrement sur la crise du coût de la vie et la crise climatique », a-t-il dit.

La rentrée parlementaire se fera mardi, le 29 novembre.

Un « appel aux sympathisants » du PQ

Joël Arseneau assure que le caucus péquiste est tout de même « résilient ». Mais selon lui, le financement accordé ne « permet pas de constituer une équipe minimale complète ». Ainsi,le PQ lance une campagne de financement visant à récolter 120 000 $ d’ici la fin de cette année. La somme servirait à pourvoir deux postes, selon la formation politique.

« Ce qu’on souhaite, c’est faire appel à nos sympathisants », a fait valoir M. Arseneau. Il demande aux quelque 600 000 électeurs qui ont voté pour le parti de l’épauler dans son travail.

Concernant le pourcentage de questions accordé au Parti québécois à l’Assemblée nationale, jugé insuffisant, le député affirme que le caucus trouvera une façon de faire entendre sa voix « au-delà du Salon bleu ». « Vous pouvez compter sur nous pour nous assurer que ce ne soit pas une option de museler ou de censurer le PQ », a-t-il dit.

 

Avec François Carabin et La Presse canadienne

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