Le PQ s’estime lésé dans les négociations parlementaires

L’équipe de Paul St-Pierre Plamondon transporte les négociations sur la place publique.
Karoline Boucher Archives La Presse canadienne L’équipe de Paul St-Pierre Plamondon transporte les négociations sur la place publique.

Les négociations pour la reconnaissance des groupes parlementaires au Salon bleu tournent au vinaigre pour le Parti québécois (PQ), qui s’offusque de voir « moins de la moitié » de ses demandes être acceptées, contre « 100 % » pour les autres partis d’opposition.

L’équipe de Paul St-Pierre Plamondon transporte les négociations sur la place publique. Selon des données transmises aux médias par le PQ, le caucus composé de trois députés n’obtiendrait à ce moment-ci que 7 % des budgets alloués aux partis d’opposition, soit 495 000 $ au net.

En comparaison, selon la formule actuelle, l’opposition officielle toucherait 4,4 millions de dollars par année, et Québec solidaire (QS), près de 2 millions.

Selon le député péquiste Joël Arseneau, qui participe aux discussions, le parti souhaite toucher un budget net d’un peu plus de 800 000 $ annuellement. « Sur le plan financier, les autres formations politiques obtiennent l’ensemble de ce qu’ils demandaient. Ce n’est pas le cas pour nous », a affirmé M. Arseneau en entrevue avec Le Devoir.

Les négociations ne sont pas arrêtées, mais l’offre présentement sur la table accorderait également 5 questions aux parlementaires du PQ à chaque cycle de 100 questions au Salon bleu, contre 25 pour les solidaires et 70 pour les libéraux.

« QS obtient même son whip », s’est insurgée une source péquiste bien au fait des négociations, qui craint aussi que sa formation n’ait pas accès aux discussions du Bureau de l’Assemblée nationale. Celui-ci détermine le fonctionnement interne et l’organisation des travaux pendant une session. Dans la dernière législature, les quatre groupes parlementaires reconnus y siégeaient.

Aux dernières élections, le PQ a obtenu près de 15 % des votes, soit plus que le Parti libéral du Québec (PLQ) et moins d’un point de pourcentage de moins que QS.

Des avantages quand même ?

Avec trois députés, le caucus péquiste n’a pas automatiquement accès aux avantages d’un groupe parlementaire, comme un budget de recherche et des temps de parole substantiels, au premier chef.

Mardi, à l’entrée du caucus des élus de la Coalition avenir Québec (CAQ), le leader parlementaire du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, avait cependant assuré que l’équipe péquiste se verrait confier « les outils » nécessaires à son travail d’opposition. « Pour nous, c’est clair que le chef du Parti québécois pourra poser des questions au premier ministre en chambre et avoir le même temps de parole que les autres chefs de l’opposition », avait-il dit.

Jeudi, le bureau du ministre a réitéré que « les négociations sont toujours en cours ».

Le chef intérimaire du PLQ, Marc Tanguay, s’est pour sa part dit « un peu déçu, même très déçu que ça soit sorti [en] public ». « La règle qu’on s’est donnée, là, à l’époque, les quatre leaders, [c’est] : on ne va pas négocier sur la place publique. Là, j’entends que Paul St-Pierre Plamondon, il n’a pas l’air content de ce qui se discute. L’entente n’est pas signée, les discussions doivent se poursuivre », a-t-il dit.

Jeudi, la CAQ, le PLQ et QS ont tour à tour dit vouloir conclure les discussions avec le PQ. « À Québec solidaire, on va continuer de respecter la confidentialité des négociations en particulier parce qu’elles ne sont pas terminées », a toutefois déclaré le leader parlementaire solidaire, Alexandre Leduc.

« On l’a dit depuis le début, nous sommes des alliés pour le PQ. Nous avons déjà été trois députés sans reconnaissance et sans moyens, c’était difficile », a-t-il ajouté. À l’époque — en 2014 —, QS fonctionnait avec un budget de moins de 260 000 $.

Joël Arseneau justifie la décision de son parti de rendre publique la dernière offre qui lui a été faite. « Ce qui est sur la table, c’est une reconnaissance factice », a-t-il souligné jeudi.

La session parlementaire s’ouvre le 29 novembre à l’Assemblée nationale.

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