Le siège de Dominique Anglade déjà convoité

Dominique Anglade occupera le poste de députée de Saint-Henri-Sainte-Anne jusqu’au 1er décembre.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Dominique Anglade occupera le poste de députée de Saint-Henri-Sainte-Anne jusqu’au 1er décembre.

Le siège de député de Saint-Henri–Sainte-Anne n’est même pas vacant que déjà, en coulisse, certains s’activent. Au moins un candidat est sur les rangs pour l’élection partielle qui suivra le départ de l’actuelle députée, Dominique Anglade.

Le Devoir a appris que l’avocat Guillaume Cliche-Rivard, qui avait terminé moins de 3000 voix derrière la cheffe libérale le 3 octobre dernier, a déjà soumis sa candidature pour l’investiture de Québec solidaire (QS) en vue de l’élection partielle à venir. Pourtant, le Bureau du premier ministre, qui a la prérogative sur la date de déclenchement de ce scrutin, est encore loin d’avoir choisi une date. Et il a jusqu’à la fin du mois de mai 2023 pour le faire.

Cheffe déchue du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade occupera le poste de députée de Saint-Henri–Sainte-Anne jusqu’au 1er décembre. Le candidat libéral qui se lancera dans la mêlée pour tenter de la remplacer n’a pas encore été identifié, a indiqué le parti. « À ce moment-ci, nous jugeons qu’il est prématuré de présenter une candidature qui pourra poursuivre le travail de Mme Anglade. Une annonce sera effectuée en temps et lieu », a écrit le directeur des communications du PLQ.

Mais pour Guillaume Cliche-Rivard, la course est déjà commencée. « C’est comme s’il y avait une prolongation », a lancé l’avocat en immigration, qui a récolté 28 % des appuis dans la circonscription lors des dernières élections générales, contre 36 % pour Mme Anglade.

L’ex-candidat aura à passer par la traditionnelle course à l’investiture solidaire avant d’être officialisé comme candidat. Il dit toutefois avoir des appuis, notamment de la députée de Verdun, Alejandra Zaga Mendez, et « dans le membership ».

Trop tôt ?

M. Cliche-Rivard entend bien « reprendre le travail où il l’avait laissé » début octobre. Il défend d’ailleurs son choix de s’activer avant même le départ de la députée actuelle. « N’ayant pas l’information sur la date de déclenchement, vaut mieux être prudent, a-t-il dit. En fait, considérant que c’est tellement rapproché [de la date de l’élection générale], on va juste continuer, finalement, le terrain qu’on faisait il y a quelques semaines. »

Jointe par Le Devoir, la directrice générale de la Coalition avenir Québec, Brigitte Legault, ne tient pas rigueur à Québec solidaire de préparer la course. S’il a reçu des candidatures, le parti du gouvernement n’a pas encore arrêté son choix. La priorité n’est pas là, a expliqué Mme Legault.

Le Parti québécois n’a pas non plus fait de choix. Le Parti conservateur du Québec ne nous a pas répondu dans les temps impartis.

Avec 12 députés — plutôt que ses 11 actuels —, QS obtiendrait automatiquement le titre de groupe parlementaire reconnu à l’Assemblée nationale, présentement négocié par les différents partis élus au dernier scrutin. Il démontrerait aussi que la « porte du Sud-Ouest » est ouverte, a soutenu M. Cliche-Rivard. La circonscription de Verdun est passée in extremis entre les mains du parti de gauche le 3 octobre.

Dans Saint-Henri–Sainte-Anne, « le résultat qu’on a fait était honorable », avance M. Cliche-Rivard. « Je pense qu’on est capables de faire mieux. »

Depuis sa création en 1994, cette circonscription qui englobe une bonne partie du Sud-Ouest montréalais — Saint-Henri, Pointe-Saint-Charles et Griffintown, notamment — n’a élu que des députés libéraux.

La dernière élection partielle au Québec, dans Marie-Victorin, s’était soldée par une victoire caquiste.

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