Première salve de plafonnement des tarifs gouvernementaux

Eric Girard a décidé d’agir par voie réglementaire pour les tarifs gouvernementaux dont le rajustement annuel a lieu le 1er janvier.
Jacques Boissinot La Presse canadienne Eric Girard a décidé d’agir par voie réglementaire pour les tarifs gouvernementaux dont le rajustement annuel a lieu le 1er janvier.

Le ministre des Finances Eric Girard a annoncé mercredi une première étape de plafonnement de tarifs gouvernementaux. L’objectif est de soustraire ces derniers à une hausse brutale due à la forte inflation.

Durant la campagne électorale, la Coalition avenir Québec a promis que son premier projet de loi servirait à atténuer leur indexation automatique pour la durée du prochain mandat de quatre ans.

Mercredi, M. Girard a affirmé qu’il procédait finalement plus tôt, par voie réglementaire, pour certains coûts dont le rajustement annuel intervient le 1er janvier.

« On aide les Québécois et, d’autre part, ça baisse l’inflation, a-t-il dit en point de presse. Parce qu’en limitant la hausse des tarifs, on contribue à réduire l’inflation en 2023. »

La modification réglementaire annoncée mercredi limite à 3 % l’augmentation du prix du permis de conduire et de l’immatriculation, de la contribution payée dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) et de la contribution pour une chambre individuelle ou semi-privée dans un centre hospitalier de soins de courte durée.

Sans ces modifications, l’indexation de ces prix aurait été de plus de 6 %. Le plafonnement de ces tarifs gouvernementaux privera les coffres de l’État de 331 millions de dollars.

Le dépôt d’un projet de loi est toujours prévu au cours des prochaines semaines pour élargir ce plafonnement à d’autres tarifs gouvernementaux, tels que les frais de scolarité et les frais de services de garde. Le gouvernement donnera également suite à son engagement de plafonner les tarifs d’Hydro-Québec.

Les travaux parlementaires doivent reprendre le 29 novembre.

La semaine dernière, M. Girard avait confirmé la mise en oeuvre d’une autre de ses mesures anti-inflation en annonçant que 6,5 millions de contribuables recevront un montant de 400 $ à 600 $ destiné à atténuer la hausse du coût de la vie.

Le pire est passé

M. Girard a affirmé que l’inflation continuera de baisser. Mercredi, les plus récentes données montraient que le taux de croissance de l’indice des prix était resté stable, à 6,9 %, en octobre, par rapport à septembre.

« Le sommet de l’inflation, il est derrière nous, a dit le ministre. Et ce que l’on peut anticiper, c’est que l’inflation va continuer de diminuer, et on le voit notamment dans le prix des biens. »

L’opposition officielle a jugé que les mesures annoncées par le gouvernement demeuraient incomplètes.

Le député libéral Frédéric Beauchemin, porte-parole en matière de finances, a souligné que les personnes âgées et celles qui ont un faible revenu subiraient l’impact de la récession à laquelle il s’attend au cours des prochains mois. « Ce qui a été proposé ce matin est insuffisant », a-t-il dit.

M. Beauchemin a réclamé des baisses d’impôts plus substantielles que celles proposées par la Coalition avenir Québec ainsi qu’une bonification du crédit d’impôt pour solidarité.

Concernant les risques de récession, le ministre des Finances a affirmé que la probabilité était toujours de 50 %.

« Il y a 100 % de probabilité que la croissance va être plus faible en 2023 qu’en 2022 », a dit M. Girard.

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