Pas de retour au caucus libéral pour Marie-Claude Nichols

La députée de Vaudreuil a affirmé mardi qu’elle demeurait libérale, mais qu’elle préférait attendre « le prochain chef » pour retourner au parti.
Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne La députée de Vaudreuil a affirmé mardi qu’elle demeurait libérale, mais qu’elle préférait attendre « le prochain chef » pour retourner au parti.

Le chef intérimaire du Parti libéral du Québec (PLQ), Marc Tanguay, n’a pas réussi à réintégrer au caucus la députée exclue Marie-Claude Nichols, même s’il en avait fait sa priorité depuis sa nomination, jeudi dernier.

« J’aurai tout essayé en ce qui a trait à la vice-présidence », a affirmé en point de presse mardi M. Tanguay. Ce dernier, qui a présenté des excuses à la députée concernant son exclusion, a dit toujours souhaiter son retour dans les rangs de l’opposition officielle. « Si Marie-Claude Nichols dit “Je veux mettre de côté la troisième vice-présidence, Marc, est-ce qu’on peut discuter de quelles seraient mes fonctions ?”, la table est grandement ouverte à plusieurs possibilités », a-t-il dit.

Le chef par intérim a reculé lundi soir, après avoir proposé à Mme Nichols d’occuper pendant deux ans le poste de troisième vice-présidente de l’Assemblée nationale, qu’elle convoitait. Il s’agissait d’une option envisagée dans une « phase exploratoire » et qui a été retirée pour préserver « la cohésion de l’équipe », a-t-il fait valoir. Le député de Viau, Frantz Benjamin, avait menacé de quitter le caucus s’il perdait une partie de cette fonction, qui lui avait été confiée par l’ex-cheffe Dominique Anglade, avait révélé La Presse canadienne.

M. Benjamin a affirmé mardi dans une courte déclaration que « toute cette histoire » est maintenant derrière lui. Il appuie totalement le chef par intérim Marc Tanguay, a-t-il assuré, au Salon rouge du parlement.

Questionné sur la possibilité que son leadership soit fragilisé après cet épisode, Marc Tanguay a rétorqué qu’il se « fonde sur l’équipe ». « Je me fonde sur celles et ceux, les femmes et les hommes, qui ont été élus sous la bannière libérale. »

La députée de Vaudreuil, elle, a affirmé sur les ondes du 98,5 FM qu’elle demeurait libérale, mais qu’elle préférait attendre « le prochain chef » pour retourner au parti. « J’ai l’impression qu’on ne me veut même pas dans mon propre caucus », a déploré Mme Nichols.

Cette dernière a soutenu qu’il n’a jamais été question d’avoir besoin « absolument de la troisième vice-présidence pour réintégrer » le camp libéral. Mais, selon ses dires, le fait d’avoir « appris dans les médias » que l’offre de Marc Tanguay au sujet du poste était retirée équivaut à « revivre pour une deuxième fois une expulsion ».

Marie-Claude Nichols a été éjectée du caucus du PLQ le 27 octobre dernier après avoir refusé des responsabilités au sein du cabinet fantôme de Mme Anglade. Cette dernière a démissionné de son poste de cheffe le 7 novembre dernier.

D’anciens élus libéraux avaient vivement critiqué la décision de Dominique Anglade d’exclure Marie-Claude Nichols du caucus. L’ancienne cheffe avait d’ailleurs échoué à la réintégrer dans les rangs du parti.

Les libéraux veulent « regarder de l’avant »

À l’approche du début des travaux de l’Assemblée nationale, le 29 novembre prochain, Marc Tanguay a affirmé qu’il était « grand temps » de se retrousser les manches. Les libéraux tiennent d’ailleurs un caucus mardi, mercredi et jeudi cette semaine pour se préparer à l’ouverture de la session parlementaire.

Le président du caucus libéral, Enrico Ciccone, a souligné l’importance pour lui de garder l’équipe libérale unie. « Le caucus a passé à travers des choses difficiles dernièrement, puis maintenant, c’est pour ça qu’il faut regarder de l’avant », a déclaré le député de Marquette. Ce dernier s’est dit « profondément désolé de la façon dont Marie-Claude s’est sentie ».

M. Tanguay a par ailleurs affirmé que « jamais la troisième vice-présidence de l’Assemblée nationale n’aura, dans notre histoire, créé autant de remous ».

Après l’exclusion de Marie-Claude Nichols, le PLQ compte 20 élus à l’Assemblée nationale. L’ancienne cheffe Dominique Anglade, elle, sera députée jusqu’au 1er décembre.

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