Québec pourrait revoir à la hausse le seuil de 50 000 immigrants

« Actuellement, il y a une baisse à chaque année du nombre de Québécois qui parlent français. Donc, il faut trouver le moyen, dans les 50 000, d’en avoir plus qui parlent français », a dit François Legault. « Une fois qu’on aura atteint cet objectif-là […] est-ce que c’est possible d’accueillir plus d’immigrants francophones ? »
Jacques Boissinot La Presse canadienne « Actuellement, il y a une baisse à chaque année du nombre de Québécois qui parlent français. Donc, il faut trouver le moyen, dans les 50 000, d’en avoir plus qui parlent français », a dit François Legault. « Une fois qu’on aura atteint cet objectif-là […] est-ce que c’est possible d’accueillir plus d’immigrants francophones ? »

Après avoir dit que ce serait « un peu suicidaire » de le faire, le gouvernement de François Legault pourrait envisager de rehausser les seuils d’immigration au-dessus de 50 000 par année ou bien de les « indexer ».

Le premier ministre Legault a entrouvert la porte en mêlée de presse mercredi matin à une révision des limites annuelles d’accueil des nouveaux arrivants. « Actuellement, il y a une baisse à chaque année du nombre de Québécois qui parlent français. Donc, il faut trouver le moyen, dans les 50 000, d’en avoir plus qui parlent français », a-t-il d’abord affirmé.

« Une fois qu’on aura atteint cet objectif-là, bien là, on pourra se parler : est-ce que c’est possible d’accueillir plus d’immigrants francophones ? »

M. Legault se réjouit que l’an dernier, 80 % des immigrants accueillis par le Québec parlaient français. « Par contre, c’était dans une situation spéciale, avec la pandémie. On utilisait aussi beaucoup le [Programme de l’expérience québécoise], avec les étudiants. Est-ce qu’on est capable de répéter ça ? C’est ce que [la nouvelle ministre de l’Immigration] Christine Fréchette est en train de regarder actuellement », a indiqué le premier ministre.

Le Québec serait-il en train de créer une nouvelle catégorie d’immigrants ? La ministre Fréchette n’a pas voulu répondre mercredi, à la sortie du conseil des ministres. « On garde le cap sur le 50 000 », a-t-elle répondu, simplement.

Aux yeux du ministre des Finances, Eric Girard, il est aussi possible de penser que le Québec pourrait « indexer » ses taux d’immigration annuellement. « C’est une possibilité. S’il était indexé à 2 %, ce serait 50 000, 51 000, 52 000, comme ça. Mais, vraiment, je vous encourage à poser des questions à la nouvelle ministre de l’Immigration », a-t-il soutenu.

« Suicidaire » ou pas ?

Pourtant, pendant la campagne électorale, la Coalition avenir Québec de François Legault tenait mordicus à geler ses taux d’immigration à 50 000 par année, ce qui lui avait valu des critiques de toutes parts : le Parti libéral et Québec solidaire proposaient de les hausser substantiellement, le Parti québécois, de les rabaisser à 35 000.

Dans un discours devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, M. Legault était allé jusqu’à dire que « tant qu’on n’aura pas stoppé le déclin du français, je pense que pour la nation québécoise, qui veut protéger la langue, ce serait un peu suicidaire d’aller augmenter [les seuils] ».

L’ex-ministre de l’Immigration Jean Boulet avait d’ailleurs dû reculer le mandat dernier après avoir dit aux journalistes que faire passer le seuil d’immigrants de 50 000 à 58 000 en cinq ans avait quelque chose d’« intéressant », « qui doit être considéré ».

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