Des millions de Québécois recevront des chèques d’ici la fin de l’année

Chèque promis, chèque dû. Le gouvernement de François Legault déboursera 3,5 milliards de dollars pour envoyer aux Québécois les versements allant jusqu’à 600 $ promis en août, lors de la campagne électorale.

Le premier ministre avait déjà fait connaître la valeur de ces chèques dans son « bouclier anti-inflation ». Le ministre des Finances, Eric Girard, a confirmé mercredi qu’ils seraient envoyés aux contribuables « à partir de la fin novembre et versés avant la fin décembre ».

Essentiellement, les particuliers qui gagnent moins de 50 000 $ recevront un versement non imposable de 600 $. « Le montant diminuera graduellement pour les revenus supérieurs à 50 000 $, pour s’établir à 400 $ à partir d’un revenu de 54 000 $ », précise le ministère dans un communiqué de presse. Entre 100 000 $ et 104 000 $, la valeur des chèques diminuera pour atteindre 0 $. Les contribuables qui gagnent plus ne recevront donc pas de chèque.

« Notre objectif est de rejoindre le plus de gens possible », a signifié le ministre Girard lors d’une conférence de presse à Québec, mercredi, où il a aussi confirmé la présentation d’une mise à jour économique et financière le 8 décembre. Le ministre Girard rappelle qu’« aucune démarche n’est requise des contribuables ». « Le gouvernement n’enverra aucun message, courriel, texto, téléphone. Ces messages sont des tentatives de fraude », a-t-il dit devant les journalistes.

Le versement du mois prochain est le deuxième de l’année pour plus des trois quarts des Québécois. Au printemps, 6,4 millions de particuliers s’étaient vu remettre des montants de 500 $. « On s’est fait dire : ç’aurait été mieux si c’était modulé en fonction du revenu. On a écouté ça, on a réfléchi à ça, et nous sommes arrivés avec cette proposition », a soulevé M. Girard lorsqu’interrogé sur sa décision d’adapter les chèques au revenu.

Le gouvernement de François Legault se défend par ailleurs de dépenser 3,5 milliards de dollars pour ses versements ponctuels tout en exigeant du gouvernement fédéral de Justin Trudeau qu’il augmente les transferts en santé aux provinces 28 milliards par année, dont 6 milliards pour le Québec.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, avait affirmé mardi, dans une référence à peine voilée aux mesures fiscales de M. Girard, que « ce n’est pas l’argent qui manque dans les systèmes provinciaux s’ils sont en train d’envoyer des chèques pour les gens qui en ont le moins besoin ». Il est revenu à la charge mercredi : « Si un gouvernement est en train de faire des choix d’envoyer des chèques aux citoyens plutôt que d’investir dans le système de santé, c’est un choix qu’il va falloir justifier. »

« Je n’en reviens pas que M. Trudeau vienne dire : “M. Legault ne devrait pas aider les Québécois à faire face à l’inflation.” Puis rappelons que le Québec est l’endroit où on a les impôts les plus élevés », a rétorqué le premier ministre Legault lorsqu’accosté à l’entrée d’une séance du Conseil des ministres, mercredi.

Le ministre Girard, qui a de nouveau exigé cette semaine que les transferts passent de 22 % à 35 % des coûts en santé, dénonce un « mauvais argument » de la part du premier ministre Trudeau. « C’est comme si je disais : “Bien, s’il dépense pour l’armée, il devrait avoir de l’argent pour les soins de santé.” Nous avons chacun nos responsabilités. La santé, c’est une responsabilité du gouvernement du Québec », a-t-il dit en anglais.


Une version précédente de ce texte, qui indiquait que le gouvernement Legault demande au fédéral d'augmenter les transferts en santé aux provinces de 6 milliards de dollars par année, a été corrigée. Il lui demande en fait de les hausser de 28 milliards par année, dont 6 milliards pour le Québec.



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