Ces nouveaux députés à la fibre «écolo»

Le nouveau député solidaire dans Taschereau, Etienne Grandmont, qui fera son entrée à l’Assemblée nationale le 29 novembre prochain
Francis Vachon Le Devoir Le nouveau député solidaire dans Taschereau, Etienne Grandmont, qui fera son entrée à l’Assemblée nationale le 29 novembre prochain

Ils ont fait le saut en politique provinciale en plaçant le sort de la planète au coeur de leurs priorités. Le Devoir a rencontré deux nouveaux députés représentés à l’Assemblée nationale pour discuter avec eux de leur fibre écolo.

Le nouveau député de Québec solidaire (QS) dans Taschereau, Etienne Grandmont, ignorait avec précision ce qu’il voulait faire dans la vie lorsqu’il avait 17 ans. « Mais je me voyais parler d’environnement devant du monde », raconte-t-il au Devoir, attablé au café Pékoe, dans le quartier Saint-Roch, à Québec.

Ce qui était une « vision un peu floue » à l’époque s’est concrétisé, 27 ans plus tard. L’ex-directeur général de l’organisme Accès transports viables, qui « voulait sauver la planète », a été élu le 3 octobre dernier et fera donc son entrée à l’Assemblée nationale le 29 novembre prochain.

L’homme de 44 ans raconte, entre deux bouchées de scone, que ses valeurs écologiques et environnementales lui viennent de sa famille. « L’aspect environnemental, c’est beaucoup mes parents qui fabriquaient des objets, mon père qui travaillait le bois, ma mère qui cousait beaucoup, ils faisaient du recyclage », dit le politicien venu à vélo à l’entrevue.

S’il n’a pas hérité de la passion de son père pour construire des meubles, M. Grandmont a en revanche retenu de ses parents l’enthousiasme pour les transports en commun. « Mes parents ont habité en banlieue [de Québec]. Par contre, ils choisissaient toujours la maison dans laquelle on allait habiter près du transport en commun. » À 12 ans, plutôt que de voyager à bord du transport scolaire, Etienne Grandmont partait avec sa carte d’autobus « au cou » à la découverte de sa ville.

À présent député, il a notamment hérité des dossiers des transports et de la mobilité durable au sein du cabinet fantôme de Québec solidaire. Sa prédécesseure dans Taschereau, Catherine Dorion, avait réussi à mettre le doigt sur des enjeux comme « la dépendance à l’automobile », souligne M. Grandmont.

Il compte poursuivre sur la lancée de Mme Dorion. Mais pas question d’imiter le style de la députée sortante, avertit-il. « N’est pas Catherine Dorion qui veut », souligne en souriant le père de trois enfants.

Le « virage vert » de Laval

Pour la nouvelle députée libérale de Mille-Îles, Virginie Dufour, les velléités écologistes ont fait leur apparition en 2009, lorsqu’elle était enceinte de son premier enfant.

À l’époque où Gilles Vaillancourt était maire de Laval, « il n’y avait pratiquement aucune protection de milieux naturels », se remémore-t-elle au bout du fil. Mme Dufour a fait campagne aux élections municipales cette année-là, mais elle n’a pas été élue.

Quatre ans plus tard, son travail a porté ses fruits : élue en 2013 à titre de conseillère municipale de Sainte-Rose, la femme, à présent âgée de 45 ans, raconte avoir « donné l’impulsion au virage vert à Laval ».

C’est elle qu’on pouvait retrouver aux commandes de la portion environnementale du programme du Mouvement lavallois d’alors, fruit de longues heures de recherches. Au sein du comité exécutif de la ville, elle s’est donc occupée des dossiers environnementaux et de ceux d’urbanisme.

Après huit ans en politique municipale, Mme Dufour s’est enfin présentée aux élections provinciales pour « aller un peu brasser les choses à Québec » en environnement. « C’est vrai que le municipal est le premier palier, le plus proche, mais la vision, c’est le provincial qui doit la donner », raconte la politicienne.

Au-delà de la politique, l’environnement est un sujet de discussion fréquent dans la maison de Virginie Dufour. Cette dernière est devenue végétarienne il y a 20 ans par amour des animaux. Mais le lien entre ce régime alimentaire et la planète est venu plus tard, confie-t-elle. Ses filles, âgées de 10 et 12 ans, n’ont d’ailleurs jamais mangé de viande de leur vie. « Elles sont très sensibilisées. »

À tel point que l’an dernier, sa fille aînée a voulu devenir végétalienne. « Moi, ce n’était pas un choix que j’étais prête à faire encore, dit Mme Dufour. Quand on est élu, on va dans beaucoup d’événements et quand on est végétarien, c’est déjà restrictif. »

Si la députée a en mémoire des cocktails où elle n’a rien pu avaler, elle souligne qu’il y a beaucoup plus d’options sans viande maintenant. « Ceux qui deviennent végétariens aujourd’hui, ils l’ont facile », lance-t-elle en riant.

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