La CAQ proposera une loi sur le serment au roi

Un compromis semble se dessiner sur la question du serment au roi Charles III à l’Assemblée nationale. Mercredi, le leader parlementaire de la Coalition avenir Québec, Simon Jolin-Barrette, s’est dit prêt à adopter une loi qui permettrait aux députés québécois de s’y soustraire.

« Le gouvernement est prêt à aller rapidement avec le dépôt d’un projet de loi », a déclaré M. Jolin-Barrette à la sortie d’une rencontre avec ses homologues de l’opposition.

Cette ouverture n’a toutefois pas changé grand-chose à la position du Parti québécois (PQ), qui maintient qu’une mesure législative n’est pas nécessaire. Québec solidaire (QS), de son côté, a salué l’avènement de cette avenue : c’est « un élément nouveau, un élément important », a souligné le leader parlementaire du parti, Alexandre Leduc.

Reste à savoir comment ce scénario pourrait se décliner. Les députés solidaires seraient-ils prêts à s’abstenir de siéger le temps que la loi soit adoptée ? Ou pourraient-ils accepter de prêter serment une dernière fois afin de se prononcer sur le projet de loi ? M. Leduc n’a pas voulu le dire : « Je dois discuter de tout ça avec mon équipe. »

Mardi, le président sortant de l’Assemblée nationale, François Paradis, a indiqué aux élus n’ayant pas prêté serment au roi qu’ils risquaient d’être expulsés du Salon bleu.

Les négociations commencent

Mercredi, les leaders parlementaires des quatre formations politiques représentées à l’Assemblée nationale se sont réunis une première fois afin de préparer la reprise des travaux, prévue le 29 novembre prochain. Au coeur des échanges : la place qui sera donnée à chacun des partis d’opposition.

Or, les discussions commencent à peine, ont-ils dit en substance à la sortie de la rencontre. « On veut y aller par étapes », a indiqué le leader parlementaire du PQ, le député madelinot Joël Arseneau.

Rappelons qu’au lendemain des élections, la cheffe libérale, Dominique Anglade, s’était montrée hésitante à ce que l’on accorde le statut de groupe parlementaire à QS et au PQ, comme c’était le cas lors de la précédente législature. Il leur permettait alors d’avoir un leader parlementaire, des bureaux et un temps de parole plus important durant les travaux de l’Assemblée nationale.

Sans lui, les 14 députés péquistes ou solidaires seraient plutôt traités comme des élus indépendants.

Le Parti libéral du Québec a récolté un peu plus de 14 % des votes et a fait élire 21 députés le 3 octobre dernier, tandis que QS et le PQ ont obtenu une part comparable des votes, mais ne comptent respectivement que 11 et 3 députés. Pour obtenir automatiquement le statut de groupe parlementaire à l’Assemblée nationale, un parti doit compter 12 députés ou avoir récolté 20 % des votes lors des dernières élections. À défaut de cela, il ne peut l’obtenir qu’en s’entendant avec les autres partis présents.

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