60% des recommandations du rapport Viens sont en cours de réalisation

Plus de trois années après le dépôt du rapport Viens, ces avancées sont rassurantes, même s’il reste beaucoup de travail à faire, affirme Ian Lafrenière.
Jacques Boissinot La Presse canadienne Plus de trois années après le dépôt du rapport Viens, ces avancées sont rassurantes, même s’il reste beaucoup de travail à faire, affirme Ian Lafrenière.

Le gouvernement du Québec a réussi jusqu’à présent à mettre en place, partiellement ou totalement, 86 des 142 recommandations de la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics.

Plus de trois années après le dépôt du rapport du commissaire Jacques Viens, ces avancées sont rassurantes, même s’il reste beaucoup de travail à faire, note Ian Lafrenière, ministre responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuits.

« Est-ce que je peux dire que je me réjouis, que je suis sur le party, que je suis heureux ? La réponse est non, dit M. Lafrenière au Devoir. Je suis content, on avance, mais il ne faut surtout pas y aller jovialiste en disant : c’est réglé, on n’en parle plus. »

En septembre 2021, 68 des 142 recommandations étaient en cours de réalisation. En 2020, ce chiffre s’élevait à 51.

Le ministre Lafrenière dit avoir un « gros malaise » avec une approche « mathématique » de cette problématique. « C’est dangereux, poursuit-il. On est tous pareils : chaque semaine, je vais faire l’épicerie, je coche ce que j’ai pris et je l’enlève de ma tête. Ma crainte, c’est que, comme société, on regarde ça et on se dise que c’est fait. »

La recommandation 99, soit « soutenir financièrement et de façon pérenne les services offerts en milieu urbain aux clientèles itinérantes autochtones », est un véritable projet de société, soutient-il. « La personne qui va se tenir devant toi et dire [que la recommandation] 99 est réglée — que l’itinérance, c’est terminé —, ne la crois pas. »

Reconnaître le racisme systémique ?

 

La commission Viens avait été mise sur pied à la suite d’allégations d’abus policiers à l’endroit de femmes autochtones de Val-d’Or. Elle avait conclu que les Premières Nations et les Inuits au Québec subissent de la discrimination systémique.

La reconnaissance du racisme systémique par le gouvernement de François Legault ne serait-elle pas la base ? « Si on ne faisait pas d’actions concrètes, la question que tu viens de me poser serait insoutenable pour moi », rétorque Ian Lafrenière. Ce dernier évoque la création du poste de ministre responsable de la Lutte contre le racisme, dont Christopher Skeete a hérité.

Concernant la notion de sécurisation culturelle, le ministre assure qu’elle fera l’objet d’un projet de loi à part entière. Il sera déposé « le plus rapidement possible ». Il avait d’abord été question de l’inclure dans la Loi sur les services de santé et les services sociaux, dans la foulée de la mort de la mère atikamekw Joyce Echaquan sous les insultes racistes du personnel soignant à l’hôpital de Joliette, en 2020.

Avec Marie-Michèle Sioui

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