Legault dément toute chicane avec ses députés non ministres

«Il y a un certain nombre de députés qui ont raison d’être déçus, parce qu’ils avaient les qualités pour être ministre. Mais bon, j’aurais pu faire deux Conseils des ministres, à un moment donné, il fallait en choisir un certain nombre», a dit M. Legault.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «Il y a un certain nombre de députés qui ont raison d’être déçus, parce qu’ils avaient les qualités pour être ministre. Mais bon, j’aurais pu faire deux Conseils des ministres, à un moment donné, il fallait en choisir un certain nombre», a dit M. Legault.

Le premier ministre François Legault a démenti toute chicane de famille au sein de son caucus malgré l’absence de quatre députés à l’assermentation du Conseil des ministres, dont Youri Chassin, qui lui a renouvelé son allégeance, mercredi, après avoir laissé planer un long silence.

M. Legault a reconnu que la nomination de ses 30 ministres, jeudi dernier, avait été une source de déception chez certains des 59 autres membres de son caucus qui n’ont pas reçu son appel.

« Il y a un certain nombre de députés qui ont raison d’être déçus, parce qu’ils avaient les qualités pour être ministres, a-t-il dit, mercredi, lors d’une conférence de presse. Mais bon, j’aurais pu faire deux Conseils des ministres, à un moment donné, il fallait en choisir un certain nombre. »

M. Chassin a mis fin au doute qu’il laissait planer depuis jeudi dernier, après avoir fait partie des absences remarquées lors d’une cérémonie où ses collègues ministres ont été assermentés.

« La CAQ [Coalition avenir Québec] a reçu un mandat fort pour continuer à faire avancer le Québec, a-t-il écrit sur les réseaux sociaux. Je suis fier de faire partie de cette équipe et, comme l’ensemble des députés de la CAQ, je souhaite y contribuer au meilleur de mes capacités. »

Questionné lundi par Le Devoir, M. Chassin avait refusé de dissiper les rumeurs selon lesquelles sa déception de ne pas être ministre pourrait l’inciter à faire défection.

Mercredi, quelques minutes avant un point de presse de M. Legault, M. Chassin a voulu dissiper toute ambiguïté au sujet de son allégeance à la CAQ.

M. Chassin a expliqué qu’il avait ressenti le besoin de prendre du recul pour remettre les choses en perspective afin d’entreprendre le prochain mandat « avec vigueur et bonne humeur ».

« Fort d’un premier mandat où j’ai eu l’occasion de contribuer de manière tangible à l’allégement réglementaire, je ne cacherai pas ma déception de ne pas avoir été appelé », a-t-il dit en référence à la composition du Conseil des ministres.

Derrière des portes closes

M. Legault a affirmé que M. Chassin a eu l’occasion de s’entretenir avec son directeur de cabinet, Martin Koskinen.

« Youri a toutes les qualités pour être ministre, mais à un moment donné, il faut faire des choix qui sont déchirants », a-t-il expliqué.

La semaine dernière, M. Legault avait souligné l’importance de maintenir un front uni. « Je ne tolère pas qu’il y ait de la chicane dans la famille », avait-il insisté.

Le premier ministre a répété mercredi que ses élus peuvent exprimer leurs états d’âme à la condition que cela reste derrière des portes closes.

« On peut tout se dire en Conseil des ministres, en caucus, on a toujours fait ça, on va continuer de le faire », a-t-il dit.

Outre M. Chassin, les députés Gilles Bélanger, Sylvie D’Amours et Sébastien Schneeberger étaient également absents de la cérémonie jeudi. Contrairement à lui, ils avaient cependant rapidement dissipé toute ambiguïté quant à leur allégeance, tout en confiant leur déception d’être laissés de côté.

L’aile parlementaire caquiste a précisé au Devoir que ce sont des « raisons personnelles » qui ont incité M. Chassin à clarifier sa situation juste avant la rencontre de son chef avec les médias, mercredi, qui a précédé la première réunion du nouveau Conseil des ministres.

Abitibi et mini-budget

François Legault a affirmé que l’absence de représentant de l’Abitibi-Témiscamingue au Conseil des ministres n’est pas liée au passé de lobbyiste du député Daniel Bernard, qui a été actif dans le secteur minier.

« Ça n’a rien à voir », a-t-il assuré.

Le ministre de la Culture, Mathieu Lacombe, élu en Outaouais, sera responsable de la région, où la CAQ a pourtant réussi un score parfait en faisant élire trois députés, soit un de plus qu’en 2018.

Par ailleurs, M. Legault a constaté que la situation économique se détériore, ce qui entraînera un manque à gagner dans les revenus de l’État. « La croissance économique ici et dans le monde est moins élevée que prévu », a-t-il dit.

La prochaine mise à jour économique, qui sera déposée après la rentrée parlementaire du 29 novembre, obligera à faire des « arbitrages », a expliqué le chef du gouvernement.

« Il faut se poser des questions. Quels sont les impacts sur les choix qu’on veut faire », a-t-il dit.

Durant la campagne électorale, devant les risques de ralentissement, M. Legault avait fait valoir que le cadre financier de la CAQ prévoyait des réserves de 2 milliards pour absorber les chocs.

Le premier ministre a toutefois rassuré les contribuables, mercredi, concernant l’aide financière qu’il a promise durant la campagne électorale. Le mini-budget prévoira des chèques de 400 à 600 $ pour les Québécois dont le revenu est de moins de 100 000 $.

« On va dès la rentrée, donc dès le début décembre, déposer une mise à jour économique, a-t-il dit. J’y travaille actuellement avec le ministre des Finances, Eric Girard. »

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