Le plus petit caucus de l’histoire péquiste à moitié assermenté

Les députés péquistes Pascal Bérubé, Joël Arseneau et Paul St-Pierre Plamondon, après la cérémonie d’assermentation, vendredi, à l’Assemblée nationale.
Jacques Boissinot La Presse canadienne Les députés péquistes Pascal Bérubé, Joël Arseneau et Paul St-Pierre Plamondon, après la cérémonie d’assermentation, vendredi, à l’Assemblée nationale.

La prestation de serment n’aura duré qu’un peu plus de trois minutes. Les trois députés élus du Parti québécois ont tour à tour été assermentés, vendredi, et forment officiellement le plus petit caucus de l’histoire de la formation politique.

Comme les députés de Québec solidaire mercredi, les « trois mousquetaires », comme ils aiment s’appeler, ont omis de prêter serment d’allégeance à la Couronne britannique et se sont contentés de prononcer le serment de fidélité au peuple du Québec.

« Nous vivons malheureusement, au Québec depuis des décennies, dans un carcan qui condamne chaque élu du peuple québécois à l’hypocrisie. Un carcan qui force des démocrates, de tous les partis, à prêter un serment auquel ils ne croient pas. Donc, à se parjurer », s’est justifié le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, quelques minutes après avoir été non officiellement assermenté par le secrétaire général de l’Assemblée nationale, Siegfried Peters.

Il devra s’entendre avec le gouvernement et l’opposition officielle ou bien finir par prêter serment s’il veut faire son entrée au Salon bleu le 29 novembre, jour de rentrée pour les élus québécois.

« Ça fait mal »

Présent pour l’assermentation de ses trois successeurs, l’ex-député péquiste et ancien président de l’Assemblée nationale François Gendron a dit avoir suivi les trente et quelques minutes de cérémonie avec un pincement au coeur, considérant la taille réduite du caucus. « Ça fait mal, ça c’est clair, a-t-il dit aux journalistes. En même temps, je suis obligé de dire : est-ce que je suis bien surpris quand on nous a enterrés ? Il y a tellement de gens qui ont prétendu qu’on n’existait plus. »

Paul St-Pierre Plamondon assure que l’équipe péquiste, quoique plus petite que jamais, parlera fort au cours du prochain mandat. « Bien que nous sommes moins nombreux à l’Assemblée nationale que je l’aurais voulu, nous devons garder une vue d’ensemble et nous rappeler qu’en réalité, nous ne sommes pas que trois élus dans ce Parlement, nous sommes plus de 2 millions de Québécois à souhaiter que le Québec devienne un pays », a-t-il déclaré lors de son discours.

Plus ancien élu des trois, Pascal Bérubé a maintenu vendredi que l’heure n’était pas à la frustration, malgré les résultats en demi-teinte du 3 octobre. « J’ai fait la remarque à mes collègues ce matin : on n’est pas dans les mêmes lendemains qu’en 2018. 2018, notre chef perd. Là, notre chef entre », a-t-il souligné.

« 2018, on s’est dit : ce n’est pas tout à fait la campagne qu’on souhaitait mener collectivement, a-t-il poursuivi. Vous avez vu les candidats qui sont là. Ils sont venus parce qu’ils sont fiers de la campagne de Paul et [de] la nôtre. 2018, on était endettés. On n’est plus endettés. »

M. St-Pierre Plamondon a par ailleurs vanté l’expérience de son équipe, qui devra tout de même bénéficier selon lui d’un statut de groupe parlementaire reconnu, afin d’obtenir les budgets de recherche nécessaires. « Ce qu’il y a d’extraordinaire et de très inusité, c’est que ce sont trois mousquetaires, certes, mais trois chefs. Chef parlementaire, chef parlementaire, chef élu », a rappelé « PSPP » en désignant tour à tour ses deux collègues, anciennement détenteurs des titres de chefs à l’Assemblée nationale.

Et la suite ?

Toujours en attente d’un dénouement dans la saga du serment au roi, les élus péquistes se retrouvent dans un vide juridique : nul ne sait ce qu’il adviendra à la rentrée parlementaire s’ils n’ont pas prêté allégeance à la Couronne.

« On n’exclut aucune possibilité », a dit M. St-Pierre Plamondon, ni même celle de défier l’autorité de l’Assemblée nationale en se présentant au Salon bleu quand même le 29 novembre.

Québec solidaire s’est déjà engagé à tenir des discussions sur le serment au roi d’ici le début des travaux. Vendredi, ni la Coalition avenir Québec ni le Parti libéral du Québec n’avaient donné suite aux demandes de réunion des deux partis indépendantistes.

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