Le milieu de l’éducation réclame «l’heure juste»

Bernard Drainville succède à Jean-François Roberge à la tête du ministère de l’Éducation.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Bernard Drainville succède à Jean-François Roberge à la tête du ministère de l’Éducation.

C’est terminé pour Jean-François Roberge, qui a été à la tête du ministère de l’Éducation pendant quatre ans. C’est l’ancien animateur de radio et ancien ministre péquiste, Bernard Drainville, qui reprendra le flambeau. Le milieu espère avoir un ministre qui n’enjolivera pas la réalité et qui s’attaquera notamment au problème de la pénurie.

« Il y a quatre ans, à la même place, je vous disais que si j’avais juste une priorité à choisir, ce serait l’éducation », a lancé le premier ministre, François Legault, lors de son discours après le dévoilement du Conseil des ministres, jeudi. « En 2022, je n’ai pas changé d’idée. L’éducation, c’est là où tout commence », a-t-il insisté.

Une affirmation accueillie avec un certain scepticisme par des acteurs du milieu, qui ont hâte d’entamer le dialogue.

« La pénurie [de personnel] doit être une priorité. On a beau travailler n’importe quel autre dossier, si on n’a pas de gens dans le milieu […], on ne fera rien », lance Éric Gingras, président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

Les établissements vétustes, la réussite scolaire, l’école à trois vitesses et le manque de ressources pour les élèves à besoins particuliers font également partie des problématiques qui font régulièrement surface.

Nicolas Prévost, président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE), accueille favorablement l’arrivée de Bernard Drainville, qui connaît déjà les rouages du Parlement, et espère maintenant que celui-ci donnera « l’heure juste ».

« Ce qu’on reprochait à M. Roberge, c’était de ne pas toujours donner le topo exact des problèmes en éducation. C’était un peu enjolivé », dit-il.

« On espère avoir un ministre connecté avec l’école montréalaise », commente pour sa part Catherine Beauvais-St-Pierre, présidente de l’Alliance des professeurs de Montréal, qui dit avoir invité à de multiples reprises M. Roberge à visiter les écoles montréalaises. « On s’attend à ce que le prochain ministre soit davantage ouvert et qu’il ait cette curiosité. M. Drainville est un ancien journaliste, donc on suppose qu’il voudra constater ce qu’il se passe sur le terrain », dit-elle.

Ses souhaits pourraient être exaucés. « Dans les prochaines semaines, je vais prendre du temps pour aller dans les écoles. Pour aller parler aux enseignants, être dans les classes, pour parler au personnel scolaire », a dit le principal intéressé lors d’une mêlée de presse avec les journalistes.

Bernard Drainville n’a pas répondu à savoir quelle serait sa priorité, mais a affirmé que plusieurs dossiers étaient « importants », que « le focus, c’est les enfants » et qu’il « y a beaucoup de monde que je dois rencontrer avant de me faire une tête définitive ».

Un passé qui dérange

 

Une autre ancienne journaliste, la députée de Repentigny, Pascale Déry, sera de son côté à la tête du ministère de l’Enseignement supérieur.

Le fait qu’elle soit une ancienne collaboratrice à l’Institut économique de Montréal « fait sourciller » la présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), Caroline Quesnel. « On ne veut pas que l’éducation supérieure soit utilisée comme un simple outil pour résoudre les problèmes du marché du travail », dit-elle.

Elle ajoute qu’elle espère que la ministre sera une voix forte. « On s’attend à être au premier plan », insiste-t-elle.

De son côté, l’Union étudiante du Québec estime qu’il s’agit d’une « excellente nouvelle » que les deux ministères restent scindés. La présidente, Samy-Jane Tremblay, ajoute qu’il y a « plusieurs dossiers urgents » à régler.

« Il faut faire adopter le plus rapidement possible le projet de règlement qui permet de diminuer la contribution parentale dans le calcul de l’Aide financière aux études », souligne-t-elle.

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