Onze choses à savoir sur le nouveau Conseil des ministres

Le premier ministre François Legault
Jacques Boissinot La Presse canadienne Le premier ministre François Legault

Après « des nuits longues » à y réfléchir, le premier ministre du Québec, François Legault, a présenté jeudi après-midi un Conseil des ministres dont la priorité sera l’éducation, a-t-il dit. Voici, en onze points, ce qui en ressort :

Peu de ministres déchus

Avec 89 députés, François Legault avait l’embarras du choix pour constituer son équipe rapprochée. Un beau problème comportant un péril : celui de décevoir. Or, le premier ministre a limité les dégâts, puisque seuls Pierre Dufour et Lucie Lecours quittent le cabinet. Nathalie Roy perd certes la Culture, mais elle a un oeil sur la présidence de l’Assemblée nationale, laissée vacante depuis que François Paradis a quitté la politique.

Une nouvelle venue à l’Immigration

À l’Immigration, Jean Boulet cède la place à Christine Fréchette. Ancienne p.-d.g. de la Chambre de commerce de l’est de Montréal, Mme Fréchette avait aussi été cheffe de cabinet adjointe de Jean-François Lisée, lorsqu’il était ministre des Relations internationales. Elle avait claqué la porte en 2014, parce qu’elle était opposée à la Charte des valeurs.

La famille s’agrandit

Le premier ministre a fait passer le nombre de membres du Conseil des ministres de 26 à 30, ignorant l’appel lancé mercredi par le chef conservateur Éric Duhaime, qui réclamait qu’on le limite à 20 par souci de retenue budgétaire. Dans l’histoire récente, Bernard Landry avait établi le record du plus gros Conseil des ministres en 2002 en nommant 36 personnes.

Une surprise en Habitation

Personne n’avait pressenti l’arrivée de France-Élaine Duranceau au sein du Conseil des ministres. Élue dans Bertrand, cette experte en matière d’immobilier et de fiscalité sera responsable de l’épineux dossier de la crise du logement.

Jean-François Roberge quitte finalement l’Éducation

Considéré comme l’un des maillons faibles du dernier gouvernement, le ministre Jean-François Roberge quitte finalement l’Éducation pour hériter d’une pléthore de dossiers : la langue française, la laïcité, les relations canadiennes, les institutions démocratiques, l’accès à l’information et la protection des renseignements personnels. Il sera remplacé à l’Éducation par Bernard Drainville, qui avait été ministre des Institutions démocratiques sous le gouvernement de Pauline Marois.

Première Autochtone au Conseil des ministres

La rumeur est maintenant confirmée : la députée innue Kateri Champagne Jourdain accède au Conseil des ministres. Il s’agit d’une première dans l’histoire du Québec, puisque le Parlement a déjà accueilli d’autres élus autochtones qui n’ont pas été ministres. Issue du milieu économique, Mme Champagne Jourdain sera responsable de l’Emploi et de la région de la Côte-Nord. La nouvelle députée de Duplessis avait déjà signalé ne pas être intéressée par le poste de ministre des Affaires autochtones, qui reste sous l’égide de Ian Lafrenière.

Fitzgibbon responsable de Montréal

La métropole a un nouveau ministre pour la représenter en la personne de Pierre Fitzgibbon, qui succède à Chantal Rouleau, députée de Pointe-aux-Trembles. Lors du premier mandat de la Coalition avenir Québec, Mme Rouleau était la seule élue en provenance de la métropole. Pierre Fitzgibbon est député de Terrebonne, mais il réside à Montréal.

Les régions ne sont pas toutes (vraiment) représentées

La tradition veut que chaque région soit représentée au Conseil par un ou une ministre, mais les régions préfèrent que cette personne vienne de chez elles. Or, ce ne sera pas le cas pour l’Abitibi, qui ne compte aucun ministre avec le départ de Pierre Dufour. Le ministre Mathieu Lacombe, qui représente la région voisine de l’Outaouais, a été mandaté pour s’en occuper. Le Nord-du-Québec sera en outre représenté par le député de Trois-Rivières et ministre, Jean Boulet.

Neuf recrues

À l’exception de Christopher Skeete (ministre délégué à l’économie responsable de la lutte contre le racisme), tous les nouveaux membres du Conseil des ministres sont de la dernière cuvée électorale. Ainsi, les députés de 2018 qui avaient été mis de côté dans la constitution du Conseil des ministres il y a quatre ans devront de nouveau se contenter du poste de parlementaire quatre ans plus tard. Seule lueur d’espoir pour eux : un éventuel remaniement ministériel en cours de mandat.

Dans la « zone de parité », mais plus la parité absolue

Le nouveau Conseil des ministres comptera 14 femmes et 16 hommes, ce qui est considéré comme étant « dans la zone de parité » à défaut de la parité absolue. En 2018, François Legault avait nommé 13 femmes et 13 hommes au Conseil des ministres. La parité avait toutefois été érodée, en cours de mandat, en raison de l’exclusion de certaines femmes ministres, comme MarieChantal Chassé (Environnement) et Sylvie D’Amours (Affaires autochtones), qui avaient été remplacées par des hommes. Pour rétablir l’équilibre, François Legault n’a pratiquement recruté que des femmes cette fois-ci, à l’exception de Bernard Drainville.

Pierre Fitzgibbon 1, Sophie Brochu 0

Les rumeurs voulant que Pierre Fitzgibbon devienne un superministre responsable à la fois de l’Économie et de l’Énergie ont suscité des inquiétudes, ces derniers jours, notamment de la présidente d’Hydro-Québec, Sophie Brochu. Il ne faudrait pas, avait-elle dit, qu’Hydro-Québec devienne « le magasin à 1 dollar » de l’électricité au bénéfice des entreprises étrangères. Mais François Legault a décidé d’aller de l’avant.

 

 

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