Repêchage postélectoral à l’île des Soeurs

En campagne, M. Legault a répété qu’il avait assez de bons candidats pour former deux conseils des ministres.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne En campagne, M. Legault a répété qu’il avait assez de bons candidats pour former deux conseils des ministres.

Depuis sa résidence de l’île des Soeurs, François Legault planche sur la composition de son prochain Conseil des ministres, qu’il dévoilera jeudi prochain. Il en a profité aussi pour peaufiner en parallèle sa formation dans son pool de hockey. Tant pour l’un que pour l’autre, peu d’informations ont filtré.

Fidèle de la première heure, son directeur de cabinet, Martin Koskinen, est en communication avec M. Legault, tout comme sa directrice de cabinet adjointe, Claude Laflamme, et le secrétaire général du gouvernement, Yves Ouellet.

Contactée sur son cellulaire alors qu’elle était dans Lotbinière, la directrice générale de la Coalition avenir Québec, Brigitte Legault, a affirmé dans une brève conversation hachurée par les ratés du réseau qu’elle avait été consultée, mais sans plus.

En campagne, M. Legault s’est appliqué à abaisser les attentes. À plusieurs occasions, il a répété qu’il avait suffisamment de bons candidats pour former deux conseils des ministres.

Le chef caquiste s’est limité à confirmer que Christian Dubé demeurerait à la Santé. Et il y a fort à parier qu’Eric Girard demeurera aux Finances. Le contraire serait surprenant, pouvait-on d’ailleurs entendre cette semaine dans son entourage.

L’homme fort de l’Économie

Même chose pour Pierre Fitzgibbon, que M. Legault a défendu bec et ongles durant le dernier mandat malgré les controverses éthiques qui l’ont éclaboussé.

Cette semaine, La Presse a rapporté que le ministre de l’Économie pourrait non seulement conserver son titre, mais aussi voir son influence augmenter en obtenant la responsabilité d’Hydro-Québec, qui relève actuellement du ministre des Ressources naturelles et de l’Énergie, Jonatan Julien.

Selon des informations obtenues par Le Devoir, cette hypothèse circule depuis un certain temps. Notamment dans les délégations du Québec à Boston et à New York, une région des États-Unis où les activités de la société d’État sont en expansion.

Mercredi, sans évoquer d’aucune façon la possibilité qu’elle relève de M. Fitzgibbon, la présidente-directrice générale d’Hydro-Québec, Sophie Brochu, a souligné avec force l’importance du respect de l’indépendance de la société d’État, lors d’une entrevue au 98,5 FM. Mme Brochu a aussi affirmé qu’il ne fallait pas vendre l’électricité au rabais pour attirer des entreprises.

Durant la campagne électorale, M. Legault s’est engagé à relancer la construction de barrages hydroélectriques. Il avait alors glissé que M. Fitzgibbon disposait d’une longue liste d’entreprises intéressées à s’établir au Québec pour profiter de tarifs d’électricité avantageux.

Ces quelques ondes hydroélectriques sont les seules qui permettent d’imaginer plus nettement la teneur des conversations se tenant à l’île des Soeurs ces jours-ci.

Impressions et spéculations

 

Dans les rangs caquistes, des députés comme des ministres, certains plus que d’autres, ont également confié leurs impressions et même quelques spéculations sur la forme que prendra le prochain Conseil des ministres.

En vrac, les avis sont unanimes sur le retour de Jean Boulet malgré sa bourde sur l’immigration en fin de campagne. Tous les élus s’accordent pour souligner que M. Boulet est un ministre qui a de bonnes relations avec les députés et avec M. Legault.

Le nom de M. Boulet, qui a été titulaire des portefeuilles du Travail, de l’Emploi et de l’Immigration, circule pour le poste de président du Conseil du trésor, mais également pour celui de ministre des Affaires municipales. Deux endroits où l’on voit également atterrir Jonatan Julien, un comptable qui a aussi été conseiller municipal à Québec.

L’actuelle présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, pourrait passer à l’Éducation, où Jean-François Roberge s’est retrouvé en difficulté à quelques occasions. Le nom de M. Roberge a été mentionné pour le poste de président de l’Assemblée nationale.

Pour le poste de leader parlementaire du gouvernement, certains spéculent : il pourrait revenir à un député qui ne serait pas ministre, comme c’est le cas pour les libéraux à Ottawa. François Bonnardel pourrait être intéressé par la fonction, après l’avoir exercée dans l’opposition. Le nom de Mme LeBel avait également circulé pour ce poste durant le dernier mandat. Chose certaine, indique-t-on, Simon Jolin-Barrette était « très à l’aise » dans la fonction, qu’il voudrait certainement conserver.

Geneviève Guilbault affirmait ouvertement à la fin du dernier mandat qu’elle souhaitait avoir d’autres responsabilités que la Sécurité publique, indique-t-on.

Deux députés ont confié que le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, est estimé dans ses fonctions, qu’il devrait garder, selon eux.

Au chapitre des recrues, il semble que Bernard Drainville soit le seul incontournable pour une promotion. Les noms de plusieurs nouvelles députées reviennent également sur la liste des candidates à un poste de ministre : Christine Fréchette, Sonia Bélanger et Kateri Champagne Jourdain.

Avec un caucus qui est passé de 76 à 90 députés, il est attendu que le Conseil des ministres passe de 27 à 29 sièges, y compris M. Legault, qui souhaite une formation dans la zone paritaire.

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