Le PLQ a besoin de stabilité, disent des libéraux

La cheffe Dominique Anglade, qui a «prouvé sa valeur durant la campagne», sera néanmoins soumise à un vote de confiance en 2023.
Ryan Remiorz La Presse canadienne La cheffe Dominique Anglade, qui a «prouvé sa valeur durant la campagne», sera néanmoins soumise à un vote de confiance en 2023.

Le Parti libéral du Québec (PLQ) aura besoin de « stabilité » dans les prochaines années, alors qu’il tentera de rebâtir les ponts avec la majorité francophone, ont plaidé des libéraux réunis en caucus à Yamachiche, mercredi.

Cette rencontre — la première depuis l’élection d’une supermajorité caquiste — devait permettre aux 125 libéraux élus et défaits de revenir sur la campagne et de se prononcer sur la suite des choses.

Dès leur arrivée, tous semblaient s’entendre sur la nécessité de mieux dialoguer avec les francophones, qui ont boudé le PLQ comme jamais, le vote libéral s’étant carrément effondré dans toutes les régions, sauf Montréal.

Les libéraux ont tout de même fait élire 21 députés et réussi à former l’opposition officielle à l’Assemblée nationale. La cheffe Dominique Anglade sera néanmoins soumise à un vote de confiance en 2023.

Selon la candidate défaite dans Jean-Talon, Julie White, le PLQ ne peut espérer former le gouvernement tant et aussi longtemps qu’il sera rayé des régions, en particulier celle de la Capitale-Nationale, selon elle.

« Il faut qu’on retourne à la base », a déclaré Mme White, qui a terminé en quatrième place derrière la Coalition avenir Québec (CAQ), Québec solidaire (QS) et le Parti québécois (PQ) dans sa circonscription de Québec.

« Tout vient de la base. Si on a des associations qui sont fortes, on est capable de faire du financement, on est capable d’amener de l’argent. C’est un tout. Terrain, terrain, terrain », a-t-elle martelé.

Malgré des résultats désastreux dans la plupart des comtés, le candidat défait dans Laval-des-Rapides, Saul Polo, et le député Marc Tanguay ont déclaré qu’il fallait continuer d’appuyer Dominique Anglade.

« Le parti, les militants, les élus méritent une certaine stabilité […] pour être capables de faire les bons apprentissages […] pour pouvoir se préparer pour dans quatre ans », a soutenu M. Polo.

La candidate élue dans La Pinière, Linda Caron, ajoute que Mme Anglade a « prouvé son énergie et sa valeur durant la campagne ». « C’est notre cheffe, on l’appuie et on continue de travailler avec elle », a-t-elle dit.

De son côté, le député de Marquette, Enrico Ciccone, un ancien joueur de hockey, a reconnu que de redresser une équipe prenait habituellement cinq ans ; la reconstruction du PLQ se fera sur plusieurs années, a-t-il prédit.

« C’est sûr que ça prend plusieurs mandats pour se renouveler, c’est tranquillement, tu sais. On est rendu au deuxième mandat, ça va être bon en 2026, ça va être mieux, je vous le garantis », a-t-il lancé.

Entre-temps, M. Ciccone refuse de voir la victoire du PLQ dans la métropole comme quelque chose de « négatif ».

« On dirait que c’est vu comme négativement que les gens de l’île de Montréal votent pour nous autres. C’est le poumon économique du Québec, on a cette confiance-là des gens. »

Anglade muette sur la reconnaissance de QS et du PQ

 

Plus tard, en point de presse, Mme Anglade a refusé de dire si elle était favorable à ce que QS et le PQ, qui ont obtenu ensemble environ 30 % du vote, soient reconnus comme groupes parlementaires.

QS a fait élire 11 députés, tandis que le PQ se retrouve avec seulement trois sièges. Le Parti conservateur d’Éric Duhaime, bien qu’ayant obtenu 13 % des suffrages, ne sera pas représenté à l’Assemblée nationale.

Pour être reconnu comme groupe parlementaire, un parti doit avoir obtenu 20 % des voix ou fait élire 12 députés.

« Ce sont des discussions qui ont lieu lorsqu’on entre à l’Assemblée nationale », s’est limitée à dire Mme Anglade. Pour le reste, la réforme du mode de scrutin, « c’est dans la cour du gouvernement », a-t-elle ajouté.

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