Ces châteaux forts qui ont passé le flambeau

C’est finalement la candidate de Québec solidaire Alejandra Zaga Mendez qui a remporté Verdun avec une avance de 461 voix.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir C’est finalement la candidate de Québec solidaire Alejandra Zaga Mendez qui a remporté Verdun avec une avance de 461 voix.

Ça ne s’invente pas : la circonscription René-Lévesque n’est plus détenue par le Parti québécois. La majorité écrasante obtenue par la Coalition avenir Québec (CAQ) est venue ébranler de nombreux châteaux forts péquistes et libéraux où les électeurs votaient dans certains cas depuis des décennies pour le même parti. État des lieux.

René-Lévesque

 

Cette circonscription, baptisée ainsi en 2001 après avoir d’abord été nommée Saguenay, est située dans le sud-ouest de la région administrative de la Côte-Nord et comprend notamment la ville de Baie-Comeau. Cette forteresse péquiste s’est toutefois fragilisée au cours des deux dernières élections générales, lors desquelles les intentions de vote en faveur de la formation — justement — de René Lévesque ont connu une constante décroissance au profit de la CAQ. Cette dernière a finalement pris possession de cette circonscription lundi en y faisant élire son candidat Yves Montigny, avec une écrasante majorité de 7290 voix, devant le candidat péquiste Jeff Dufour Tremblay.


 

Duplessis

La vaste circonscription, qui comprend une part importante de la Côte-Nord, a toujours élu un député péquiste depuis l’arrivée au pouvoir en 1976 du gouvernement de René Lévesque. Pour la première fois de son histoire, la teinte de bleu de cette circonscription a pâli au profit de la CAQ et de sa candidate Kateri Champagne Jourdain. Originaire de la communauté innue de Uashat Mak Mani-utenam de la Côte-Nord, la candidate a obtenu 45,1 % des voix lundi soir, loin devant son opposante péquiste, Marilou Vanier, qui en a récolté 24,8 %.


 

Joliette

À l’exception d’un bref passage dans les mains de la défunte Action démocratique du Québec, en 2007, cette circonscription a essentiellement été balayée par le bleu foncé PQ depuis 1981. Le départ de la députée Véronique Hivon, bien connue, a toutefois ébranlé ce château fort, qui est tombé entre les mains du caquiste François St-Louis lundi. Celui-ci a récolté 45,6 % des voix, contre 31,2 % pour sa principale opposante, la péquiste Véronique Venne.


 

Jonquière

Outre son bref passage au rouge du Parti libéral au tournant des années 2000, cette circonscription, qui a déjà été occupée par l’ancien premier ministre Lucien Bouchard, a longtemps été associée au Parti québécois et au mouvement indépendantiste. La place laissée vacante par le député sortant Sylvain Gaudreault a toutefois été comblée lundi soir par le candidat de la CAQ, Yannick Gagnon, qui a remporté haut la main cette élection avec une majorité écrasante de 12 284 voix.


 

Rimouski

Bastion péquiste depuis 1994, cette circonscription du Bas-Saint-Laurent, où le manque de logements locatifs et de places en garderie se fait sentir, a jeté son dévolu lundi sur la candidate caquiste Maïté Blanchette Vézina. Cette dernière a récolté 41,8 % des voix, loin devant le candidat péquiste Samuel Ouellet, qui a obtenu 28,6 % des votes.


 

Verdun

Les élections générales ont rarement été bien enlevantes à Verdun, cette circonscription étant acquise aux libéraux depuis 1939, alors qu’elle s’appelait encore « Montréal-Verdun ». Au terme d’une course à trois marquée par une multiplication des opérations de visibilité et de porte-à-porte par les partis en lice, c’est finalement la candidate de Québec solidaire Alejandra Zaga Mendez qui a remporté cette circonscription avec une avance de 461 voix. Le Parti libéral du Québec a confirmé mardi qu’il ne demanderait pas de dépouillement judiciaire des votes dans cette circonscription.


 

Anjou–Louis-Riel

L’ancienne conseillère municipale Karine Boivin Roy a réussi son saut en politique provinciale en devenant lundi soir la première députée de la Coalition avenir Québec à la tête de la circonscription d’Anjou–Louis-Riel, qui était libérale depuis 24 ans, après avoir d’abord alterné entre le Parti libéral et le Parti québécois. Mme Boivin Roy a ainsi remporté cette circonscription avec une majorité de 1331 voix, tard dans la nuit de lundi à mardi, devant la candidate libérale Chantal Gagnon.


 

Laporte

Pour la première fois depuis 1981, les électeurs de la circonscription de Laporte, qui comprend Saint-Lambert, ont accordé leur confiance à un autre candidat que celui du Parti libéral du Québec. Dans cette banlieue cossue de Montréal, la candidate caquiste Isabelle Poulet a colorié de bleu pâle la circonscription, au terme d’une course serrée avec son adversaire libéral, Mathieu Gratton, un artiste dans la mi-quarantaine. Mme Poulet a récolté 30,8 % des voix, contre 28,8 % pour M. Gratton.


 

Hull

Les électeurs de Hull, une circonscription de la région de l’Outaouais qui comprend une partie de la ville de Gatineau, votent rouge depuis 1981. Mais cette année, leur vote a pris une teinte bleu poudre au terme d’une lutte serrée. La candidate de la formation de François Legault, Suzanne Tremblay, a ainsi récolté une majorité de 2784 votes devant sa principale adversaire, la libérale Maryse Gaudreault.


 

Par ailleurs, certaines circonscriptions qui ont longtemps alterné entre le Parti québécois et le Parti libéral sont tombées entre les mains de la CAQ lundi soir. C’est le cas de Fabre, à Laval, qui était libérale depuis 2003. Le candidat de Québec solidaire Haroun Bouazzi a pour sa part réussi son pari dans le château fort libéral de Maurice-Richard, qui a pris une teinte orangée lundi.

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