QS n’a pas «réussi le pari de l’alliance intergénérationnelle», dit Manon Massé

La co-porte-parole solidaire, Manon Massé, lors de son discours tenu après l’annonce de sa réélection, lundi soir
Valérian Mazataud Le Devoir La co-porte-parole solidaire, Manon Massé, lors de son discours tenu après l’annonce de sa réélection, lundi soir

La co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Manon Massé, se dit déçue du faible soutien manifesté par les électeurs plus âgés au programme politique de QS.

« Pour arriver à percer, il faut aller chercher plus que les jeunes. Là-dessus, je suis capable de reconnaître qu’il nous reste du travail à faire », souligne-t-elle dans un échange avec Le Devoir mardi. « On n’a pas encore réussi le pari de l’alliance intergénérationnelle », précise-t-elle après avoir sillonné les routes du Québec à bord de la « Manon-mobile ».

À la veille du scrutin, Manon Massé demandait encore « aux gens de [sa] génération » de faire « confiance » à la « cohérence » et la « constance » des politiques de son parti. QS propose un « projet de solidarité intergénérationnelle où on construit tout le monde ensemble un Québec où personne n’a peur de vieillir » malgré les crises — la crise du climat, la crise des soins aux aînés —, soulignait l’autre co-porte-parole, Gabriel Nadeau-Dubois, samedi.

Selon la firme de sondage Léger, QS obtenait l’appui de 4 % des électeurs de 55 ans et plus le 27 septembre, mais de 7 % des électeurs de 55 ans et plus le 2 octobre.

Petites victoires

 

Manon Massé s’accroche toutefois aux petites victoires, au lendemain des élections générales : elle pointe d’abord l’élection d’Haroun Bouazzi dans Maurice-Richard et d’Alejandra Zaga Mendez dans Verdun ; elle pointe par la suite le deuxième rang occupé par QS dans le classement des partis politiques ayant obtenu le plus de votes. « Ce n’est pas rien. Ça nous a permis d’agrandir notre équipe », mentionne-t-elle avant d’ajouter : « C’est quand même le fun. »

QS finit la course électorale avec un siège supplémentaire à l’Assemblée nationale (11 plutôt que 10). Selon Manon Massé, les solidaires formeront une « opposition redoutable ». « On n’en laissera pas une passer. La lutte contre les changements climatiques ne peut pas attendre quatre ans. […] On ne laisse pas la CAQ partir toute seule », promet-elle.

Il n’en reste pas moins que la formation politique progressiste, écologiste et indépendantiste a obtenu quelque 15 000 votes de moins en 2022 qu’en 2018. N’y a-t-il pas là un échec de QS ? « Ce n’est pas un échec. En tout cas, ce n’est pas du tout ma perspective », répond Manon Massé. Selon elle, QS a résisté du mieux qu’il le pouvait au « tsunami » caquiste ayant déferlé sur le Québec lundi soir grâce au mode de scrutin actuel. « Je l’appelle l’“élection de la distorsion”. La composition du Parlement du Québec, ce n’est pas la volonté qu’ont exprimée les gens, c’est ce qu’a donné comme résultat le mode de scrutin uninominal », déplore-t-elle à l’autre bout du fil.

Trois nouveaux visages feront leur apparition dans l’hôtel du Parlement, dont Étienne Grandmont, qui est parvenu à préserver la circonscription de Taschereau dans le giron solidaire après le départ de Catherine Dorion. « Ça renforce notre équipe », dit Manon Massé.

La co-porte-parole de QS ne cache toutefois pas sa déception de voir les électeurs de Rouyn-Noranda tourner le dos à la « pionnière » solidaire Émilise Lessard-Therrien, qui se battait afin de faire abaisser les émissions d’arsenic de la fonderie Horne, pour se jeter dans les bras du candidat caquiste — et ex-député libéral — Daniel Bernard.

« Moi, je ne suis pas dans la tête des électeurs, des électrices. Ce que je sais, c’est qu’Émilise a fait un travail extraordinaire dans les quatre dernières années. Elle a pas arrêté un instant et quart de mettre en avant les préoccupations de ses gens. Pourquoi ça n’a pas abouti ? Je ne sais pas », dit-elle, promettant du même souffle de retourner dans tous les sens les résultats du scrutin de lundi.

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