Legault renouvelle sa confiance en Dubé, son «capitaine» de la santé

François Legault félicitant le ministre de la Santé Christian Dubé au Salon bleu, fin mai 2022, après l’adoption du projet de loi mettant fin à l’état d’urgence sanitaire
Jacques Boissinot La Presse canadienne François Legault félicitant le ministre de la Santé Christian Dubé au Salon bleu, fin mai 2022, après l’adoption du projet de loi mettant fin à l’état d’urgence sanitaire

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, pourra poursuivre la vaste réforme du réseau public de santé qu’il a amorcée il y a six mois. Dans son discours de victoire, le premier ministre François Legault a souligné qu’il lui confiera le même portefeuille que lors du précédent mandat.

« Il faut que notre réseau de la santé devienne plus humain, plus efficace, a affirmé François Legault devant ses militants. C’est le plus grand défi de gestion qu’on a au Québec. Puis, on a la chance d’avoir le bon capitaine. […] Merci Christian Dubé. »

Au lendemain des élections générales, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) réclame, de son côté, « un changement d’attitude » de la part du gouvernement Legault. « Après plus de deux ans d’imposition de conditions de travail à travers une série d’arrêtés ministériels, il est plus que temps de rétablir un dialogue constructif, non seulement pour le bien-être de nos membres, mais aussi pour celui des usagers du réseau de la santé », a déclaré par communiqué la présidente de la FIQ, Julie Bouchard.

Le syndicat rappelle que le gouvernement Legault avait promis d’abolir les heures supplémentaires obligatoires et de réviser le ratio patients-professionnelles en soins lors de son précédent mandat. « Ces engagements ne se sont jamais concrétisés, poursuit Julie Bouchard. Aujourd’hui, il se fait réélire avec sensiblement les mêmes promesses. »

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) assure quant à elle qu’elle collaborera avec le gouvernement, mais appelle celui-ci à « écouter réellement ce que les travailleuses et les travailleurs du Québec ont à dire » et à résister à « l’attrait du privé ».

Lors de la campagne électorale, la CAQ a annoncé la construction de deux mini-hôpitaux privés, l’un dans l’est de Montréal et l’autre à Québec. Les services qui y seront offerts seront remboursés par la Régie de l’assurance maladie du Québec.

« Le réseau de la santé doit être repensé dans sa globalité : décentralisé et réhumanisé, a affirmé la présidente de la CSN, Caroline Senneville, dans un communiqué. La reconnaissance du personnel est primordiale, tout comme l’amélioration des conditions de travail. »

L’« équipe santé » caquiste

Lors de la campagne électorale, la CAQ avait présenté son « équipe santé » formée de six candidats.

Tous ont été élus lundi soir, sauf l’omnipraticien Samuel Gatien, qui a mordu la poussière dans La Pinière. La circonscription sera représentée par Linda Caron, du Parti libéral du Québec, qui succède à Gaétan Barrette, ancien ministre de la Santé sous la bannière libérale.

Reste maintenant à voir qui travaillera aux côtés de Christian Dubé parmi les quatre autres membres élus de l’équipe santé de la CAQ :

  • Lionel Carmant, député de Taillon. Neuropédiatre spécialisé en épilepsie, il a été ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux lors du dernier mandat de la CAQ. À ce titre, il était entre autres responsable des soins en santé mentale. En date du 10 septembre, plus de 21 000 Québécois figuraient sur une liste d’attente pour obtenir des services dans cette branche.
  • Sonia Bélanger, députée de Prévost. Infirmière clinicienne de formation, elle a dirigé pendant sept ans le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, un établissement de santé employant plus de 21 000 personnes et desservant près de 300 000 Montréalais. Durant la pandémie, Mme Bélanger représentait le centre de commandement du réseau de la santé montréalais. Elle était aux côtés de la directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin.
  • Marilyne Picard, députée de Soulanges. Élue en 2018, elle a occupé la fonction d’adjointe parlementaire du ministre de la Santé et des Services sociaux (volet santé). Dans le passé, elle a fondé Parents jusqu’au bout, un mouvement visant à offrir un meilleur soutien aux familles ayant, comme la sienne, un enfant lourdement handicapé.
  • Shirley Dorismond, députée de Marie-Victorin. Elle a été élue une première fois en avril dernier lors d’une élection partielle. Lorsqu’ils faisaient campagne à ses côtés au printemps, François Legault et Christian Dubé ont maintes fois réitéré qu’ils souhaitaient voir Mme Dorismond accéder au gouvernement, car son expérience lui permettrait de « contribuer aux changements nécessaires en santé ». Infirmière clinicienne, Shirley Dorismond a été vice-présidente de la FIQ de 2017 à 2021.

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