St-Pierre Plamondon dénonce une «injustice» électorale

En conférence de presse mardi, à Boucherville, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a exigé un statut de groupe parlementaire reconnu pour le Parti québécois à l’Assemblée nationale.
Graham Hughes La Presse canadienne En conférence de presse mardi, à Boucherville, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a exigé un statut de groupe parlementaire reconnu pour le Parti québécois à l’Assemblée nationale.

Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, estime que le mode de scrutin lui a fait perdre 15 sièges. Il dénonce une « injustice » et exige un statut de groupe parlementaire reconnu à l’Assemblée nationale.

Au lendemain d’une défaite historique — le PQ a perdu lundi sept sièges, en plus d’obtenir 88 000 voix de moins qu’en 2018 —, Paul St-Pierre Plamondon a déploré les effets du mode de scrutin québécois. « On [devrait avoir] 18 sièges ce matin », a-t-il dit.

Le chef péquiste se base sur le pourcentage de vote pour effectuer ce calcul. Selon un mode de scrutin proportionnel plurinominal, le PQ aurait effectivement fait élire 18 députés grâce à ses 600 000 votes, soit 14,6 % des suffrages.

Or, la réforme du mode de scrutin proposée — puis abandonnée — par François Legault prenait plutôt la forme d’un mode de scrutin proportionnel mixte. Selon ce modèle, l’équipe péquiste aurait plutôt récolté dix sièges.

« Curieusement, on termine avec plus de votes au suffrage universel que l’opposition officielle », a constaté Paul St-Pierre Plamondon depuis un hôtel de Boucherville, mardi matin. « La disproportion entre le vote populaire et le nombre de sièges est historique et elle est très problématique pour la démocratie au Québec. »

Le Parti libéral du Québec a fait élire 21 députés lundi, bien qu’il arrive au quatrième rang du pourcentage de votes. De par son statut renouvelé d’opposition officielle, la formation politique de Dominique Anglade disposera de budgets et obtiendra des temps de parole plus importants que les autres partis qui forment l’opposition.

Le statut de groupe d’opposition du PQ est, lui, mis en danger : en théorie, il faut avoir fait élire au moins 12 députés ou obtenu au moins 20 % des votes pour se l’arroger. Il pourrait donc disposer de budgets de recherche moindres, en plus d’avoir un temps de parole réduit en périodes de questions et en commissions parlementaires.

« Déjà qu’il y a une injustice sur le nombre de députés, est-ce qu’on va aggraver l’injustice en ne permettant pas au Parti québécois d’avoir un budget de fonctionnement ? » s’est interrogé M. St-Pierre Plamondon mardi. Il s’est adressé directement aux autres chefs de parti et leur a demandé de collaborer afin d’obtenir un « espace équitable ».

En cours d’après-midi, le premier ministre François Legault s’est dit « ouvert à reconnaître » Québec solidaire et le Parti québécois comme groupes parlementaires même s’ils ne remplissent pas les critères fixés par l’Assemblée nationale.

La fusion, encore la fusion

 

Interrogé sur la part du vote accordée aux partis ouvertement indépendantistes — tout juste 30 % —, « PSPP » affirme ne pas changer de plan de match. « La rétroaction, elle est très positive », s’est-il félicité. Les dons n’ont d’ailleurs pas arrêté d’affluer pendant la campagne, a-t-il constaté. « Je ne m’excuserai pas d’être indépendantiste. »

À ceux qui espèrent une fusion ou une alliance avec Québec solidaire, le chef péquiste oppose un refus catégorique. « Souvenons-nous aussi de comment on a été traités en 2018. Nos militants ne l’ont pas oublié », a dit M. St-Pierre Plamondon en référence à la décision de Québec solidaire de rejeter une entente bipartite à l’époque.

« C’est absurde », a-t-il poursuivi. « Ce n’est pas le même parti sur, notamment, la question du français. »

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