Après le raz-de-marée caquiste, voici la nouvelle Assemblée nationale

La Coalition avenir Québec a obtenu un «mandat fort», comme réclamé par le premier ministre en campagne.
Photo: Getty Images iStockphoto La Coalition avenir Québec a obtenu un «mandat fort», comme réclamé par le premier ministre en campagne.

François Legault a bel et bien convaincu les Québécois de « continuer ». Son gouvernement entamera la 43e législature avec un gain de 14 députés. Le Parti québécois et le Parti libéral du Québec perdent de nouveau des plumes, après que la Coalition avenir Québec (CAQ) a réussi à briser leur alternance au pouvoir en 2018. Voici ce à quoi ont mené les élections québécoises de 2022.

La Coalition avenir Québec a fait élire 90 députés, un « mandat fort » comme réclamé par le premier ministre en campagne. Le parti de François Legault excède ainsi de 27 sièges le seuil nécessaire pour former un gouvernement majoritaire.


 

Avec ses 90 députés, la CAQ récolte 72 % des sièges du Salon bleu contre seulement 41 % du vote populaire. À titre de comparaison, en 2018, la formation avait obtenu 59 % des sièges et 37 % des voix.

Changements de sièges par parti

 

En plus de conserver la totalité des sièges détenus à la dissolution du Parlement, la formation caquiste a réussi à s’emparer de 14 nouvelles circonscriptions, grâce notamment à l’élection de plusieurs candidats vedettes comme Martine Biron, dans Chutes-de-la-Chaudière, et Bernard Drainville, dans Lévis. Tous ses ministres qui briguaient un nouveau mandat de député ont été réélus, dont Geneviève Guilbault, Christian Dubé, Simon Jolin-Barrette, Jean-François Roberge et Benoit Charette.

Malgré la débâcle de 2018, le Parti libéral du Québec a réussi à sauver les meubles, en conservant entre autres 15 châteaux forts de Montréal et en demeurant l’opposition officielle. Au terme d’une lutte à trois, la cheffe Dominique Anglade a été réélue de justesse dans sa circonscription de Saint-Henri–Sainte-Anne. La formation a tout de même perdu six sièges, dont celui de Hull, passé aux mains de la CAQ.

Il y aura peu de changement dans la composition des députés de Québec solidaire. Neuf de ses députés sortants reprendront place à l’automne, avec deux nouveaux collègues à leurs côtés, les députés de Maurice-Richard et de Verdun. La formation a toutefois perdu la circonscription de Rouyn-Noranda, qui a été le théâtre de grands débats au sujet de la fonderie Horne cet été.

Après avoir connu son pire résultat électoral depuis 1976 au dernier scrutin, trois députés du Parti québécois monteront la garde pour cette 43e législature. Le chef du parti de René Lévesque, Paul St-Pierre Plamondon, fera son entrée à l’Assemblée nationale pour représenter les citoyens de Camille-Laurin, anciennement Bourget. Le député des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, et celui de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, conservent leurs sièges.

Bien que le Parti conservateur du Québec n’ait pas été élu aux dernières élections, la députée Claire Samson s’était ralliée au parti après son départ de la CAQ l’été dernier. Elle ne s’est toutefois pas représentée. La formation d’Éric Duhaime n’a pas réussi à faire élire de député, le chef ayant lui-même perdu dans Chauveau.

Quelles ont été les luttes les plus serrées ?

Plusieurs circonscriptions ont été le théâtre de chaudes luttes durant la soirée. La course de Verdun a tergiversé toute la soirée de lundi, et c’est finalement la candidate solidaire Alejandra Zaga Mendez qui a remporté la course. Elle a recueilli 30,8 % du vote tandis que son adversaire principal, la libérale Isabelle Melançon, la suit de près avec 29,3 %.

Les deux circonscriptions de la Beauce font aussi partie de ce palmarès, ayant été ciblées comme des « pivots » par Qc125 tout au long de la campagne. Les promesses du Parti conservateur d’Éric Duhaime trouvaient particulièrement écho auprès des citoyens de la région, mais le parti n’aura finalement pas réussi à faire élire de député.


 

Représentation féminine

La composition des députés du Salon bleu sera à nouveau en zone paritaire, avec 58 femmes et 67 hommes élus au terme de la campagne. Avec 46 % des parlementaires, la proportion de députées continue d’atteindre la zone de parité en plus de progresser légèrement depuis le dernier scrutin, où 44 % de femmes avaient été portées au pouvoir. Rappelons que la zone paritaire se situe entre 40 et 60 % de députation féminine.

La CAQ, qui remporte une forte majorité, est bien entendu le parti qui fait entrer le plus de femmes au Salon bleu. C’est toutefois le Parti libéral qui a fait élire la plus grande proportion de députées féminines, avec 62 %.


 

Nouvelles recrues

Quarante-et-un députés feront leur entrée pour la première fois à l’Assemblée nationale cet automne, dont plus de la moitié sont issus de la formation caquiste. Une majorité des députés (68 sur 125) ont été élus pour la première fois en 2018, un record.

 

Avec Sandrine Vieira

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