Quatre faits saillants de la soirée électorale

François Legault a qualifié sa victoire d’«historique, parce qu’on a réussi à faire élire le plus grand nombre de femmes de l’histoire du Québec!»
Marie-France Coallier Le Devoir François Legault a qualifié sa victoire d’«historique, parce qu’on a réussi à faire élire le plus grand nombre de femmes de l’histoire du Québec!»

Victoire « historique » de la CAQ, première femme autochtone à l’Assemblée nationale : Le Devoir revient sur quatre moments clés de la soirée électorale.

La CAQ majoritaire

Seulement 10 minutes après la fermeture des bureaux de vote à 20 h, Le Devoir a annoncé que le prochain gouvernement serait caquiste et majoritaire.

La prédiction s’est rapidement confirmée dans la soirée, alors que la carte électorale se teintait de bleu poudre, à l’exception de Montréal. À l’heure où ces lignes étaient écrites, la Coalition avenir Québec (CAQ) avait recueilli 41,22 % des votes des électeurset 71,2 % des sièges au Parlement (89 sur 125).

Depuis Robert Bourassa en 1989, M. Legault est le premier chef de parti politique à se voir confier les commandes d’un gouvernement majoritaire deux élections de suite.

« Les Québécois ont envoyé un message fort. Ce soir, les Québécois nous ont dit : “Continuons !” », a déclaré vers 23 h 30 François Legault, qualifiant sa victoire d’« historique, parce qu’on a réussi à faire élire le plus grand nombre de femmes de l’histoire du Québec ! »

« Je vais être le premier ministre de tous les Québécois », a clamé M. Legault, dont les propos sur l’immigration ont semé la controverse dans les dernières semaines. François Legault a aussi tendu la main aux partis d’opposition, en manifestant son ouverture à travailler avec eux.

Selon le premier ministre réélu, « la priorité, ça doit demeurer l’éducation », un thème qui a pourtant été peu abordé pendant la campagne électorale.

Une opposition éclatée

 

Le gouvernement Legault fera face à une opposition éclatée, qui sera menée par la cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade. Le PLQ a remporté environ 14,42 % des votes, et 17,6 % des sièges au Parlement (22 sur 125).

Le PLQ a toutefois reçu moins de soutien que Québec solidaire (QS) et le Parti québécois (PQ), qui ont respectivement obtenu 14,93 % et 14,64 % des votes. Toutefois, à l’Assemblée nationale, cela ne représente que 8,8 % des sièges pour QS (11 sur 125) et 2,4 % pour le PQ (3 sur 125).

Un écart que les deux chefs n’ont pas manqué de dénoncer dans leur discours postélectoral. « Notre système politique est brisé, notre démocratie est malade, et la carte électorale ce soir ne reflète pas la volonté politique des Québécois, des Québécoises », a déclaré Gabriel Nadeau-Dubois, en appelant la province à « relancer la réforme du mode de scrutin ».

Le Parti conservateur du Québec (PCQ), qui talonne les quatre premiers partis dans le pourcentage de votes (13,07 %), n’a toutefois pas décroché de siège à l’Assemblée nationale.

Quatre chefs élus

 

Le premier ministre sortant, François Legault, a conservé son siège dans la circonscription de L’Assomption, remportant 58,8 % des voix, loin devant ses adversaires.

Même victoire écrasante pour Gabriel Nadeau-Dubois dans Gouin, où le co-porte-parole de QS a obtenu 58,5 % des voix.

La cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade, a elle aussi maintenu son siège, face au candidat solidaire Guillaume Cliche-Rivard, dans la circonscription de Saint-Henri–Sainte-Anne.

Le chef péquiste a quant à lui détrôné le député sortant de la CAQ, Richard Campeau, dans la circonscription de Camille-Laurin.

Seul le chef conservateur n’a pas été élu dans sa circonscription. Chauveau est restée entre les mains de Sylvain Lévesque, de la CAQ. Mais Éric Duhaime n’arrêtera pas là sa course à l’Assemblée nationale. « Je serai encore là à la prochaine campagne électorale, ça, c’est clair, net et précis », a-t-il déclaré, en ajoutant qu’il allait « consolider » son « mouvement ». « Préparez-vous, parce que dans quatre ans, ça va être pas mal plus tough. »

Une première femme autochtone à l’Assemblée nationale

La candidate d’origine innue Kateri Champagne Jourdain a gagné haut la main la forteresse péquiste de Duplessis, avec 45,2 % des voix, devenant la première femme autochtone à faire son entrée à l’Assemblée nationale.

Mme Champagne Jourdain, originaire de la communauté innue d’Uashat Mak Mani-Utenam, a travaillé au conseil de bande, puis s’est investie dans le projet de mine Arnaud. Elle a aussi été directrice générale des Galeries Montagnaises, le premier centre commercial mis sur pied et géré par des Autochtones au Canada, et s’est impliquée dans le projet de parc éolien Apuiat.

La candidate de 41 ans prend ainsi la suite de la péquiste Lorraine Richard, qui ne s’est pas présentée à ces élections.

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