Dernière ligne droite électorale

Les chefs des cinq partis dans la course ont chacun fourni un ultime effort avant le vote.
Illustration: Sébastien Thibault Les chefs des cinq partis dans la course ont chacun fourni un ultime effort avant le vote.

Au dernier jour de la campagne, le chef caquiste, François Legault, est apparu entouré d’une quarantaine de femmes candidates pour son parti, avec lesquelles il souhaite former un gouvernement plus rassembleur.

Dans un restaurant de la circonscription de Sherbrooke, M. Legault a souligné que la Coalition avenir Québec (CAQ) avait présenté 55 % de femmes, soit 69 candidates sur 125.

« Je pense que ça va changer le style à l’Assemblée nationale d’avoir autant de femmes », a-t-il dit en espérant en faire élire le plus grand nombre possible.

Dans un point de presse qui a suivi, M. Legault a affirmé que son gouvernement profiterait des qualités qu’il reconnaît aux femmes. « Souvent les femmes sont plus rassembleuses », a-t-il dit.

Au cours de la campagne, M. Legault a été accusé de tenir des propos qui divisent, notamment au sujet de l’immigration. Dimanche, le chef caquiste a fait référence à ces critiques de ses adversaires. « On a beaucoup parlé de ça, la division, ou de rassembler », a-t-il dit.

À la veille du scrutin, M. Legault a affirmé que son but est de rassembler. « On a parlé beaucoup d’immigration, de comment on fait pour protéger le français, a-t-il dit. On a un défi de rassembler tout le monde. »

Après des étapes à Chibougamau et Mont-Laurier, samedi, la caravane caquiste a conclu sa tournée à Montréal, dans Maurice-Richard, et dans trois circonscriptions de l’Estrie.

« Autre style de leadership »

La cheffe libérale, Dominique Anglade, a terminé sa campagne comme elle l’avait commencée : à « l’offensive ». Elle avait amorcé sa tournée dans la région de Québec à la fin août, loin de ses bastions montréalais. Samedi, l’aspirante première ministre a mis le cap en avion sur la circonscription de Gaspé.

Si la victoire avait échappé de peu au Parti libéral du Québec (PLQ) en 2018 dans Gaspé, une chaude lutte s’annonce plutôt cette fois entre la députée sortante péquiste, Méganne Perry Mélançon, et la CAQ.

À Grande-Rivière, ville située à 30 kilomètres du rocher Percé, Mme Anglade a livré un plaidoyer pour donner plus de pouvoirs aux régions. Elle s’est ensuite envolée vers la circonscription des Îles-de-la-Madeleine samedi après-midi. Dimanche matin, elle a invité les électeurs indécis du Québec voulant un « autre style de leadership » que celui de M. Legault à se rallier au PLQ.

En après-midi, dimanche, la cheffe a repris un vol pour se rendre dans la circonscription d’Ungava, au Nord-du-Québec . « On a besoin d’entendre la voix des Autochtones dans l’urne », a dit Mme Anglade, de passage à Kuujjuaq, au Nunavik.

À ses côtés, le candidat libéral, Tunu Napartuk, ancien maire du village, a estimé que les communautés inuites et cries de la région voteraient davantage cette année.

 

Former l’opposition

Après 36 jours de campagne, les co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé, se sont retrouvés au coeur de Montréal.

 

Ils ont invité les électeurs à la recherche d’une opposition forte à François Legault à appuyer (QS), et ce, même s’ils n’épousent pas toutes ses idées. « On n’a pas besoin d’être d’accord sur tout, vous et moi, mais je pense que Québec solidaire a la meilleure équipe pour talonner François Legault », a fait valoir M. Nadeau-Dubois.

Cela dit, « chaque député solidaire de plus sera un député de plus pour l’environnement », a soutenu l’homme de 32 ans « heureux » et « fier » de la campagne qu’il a menée, en dépit de l’opération de « désinformation » effectuée par la CAQ à l’encontre de son programme bourré, selon elle, de « taxes orange ». « [C’était] la bataille de ma vie », « j’ai donné mon 100 % », a-t-il lancé à la foule devant lui.

L’équipe de QS s’engage aussi à se « battre » pour tous les Québécois ayant été « blessés » par les propos de M. Legault sur les risques posés par l’immigration. « Au lieu d’avoir une campagne où on a uni les Québécois, les Québécoises, François Legault a mené une campagne de division. C’est triste », a dit M. Nadeau-Dubois.

Un dernier tour

 

Après s’être arrêtée en cours de semaine dans des circonscriptions des régions du Bas-Saint-Laurent, de Lanaudière et de la Côte-Nord, la caravane du Parti québécois a entrepris dimanche un sprint final à vol d’avion vers l’est du Québec. Parti de Saint-Hubert, l’avion s’est aventuré à Gaspé, à Sept-Îles, puis à Bagotville (Saguenay), le tout en environ douze heures.

Ces trois circonscriptions — Gaspé, Duplessis et Jonquière — appartenaient au PQ lors de la dernière législature. Les députés Sylvain Gaudreault et Lorraine Richard, respectivement dans Jonquière et Duplessis, quittent la vie politique.

« On est allés à plusieurs endroits. Il y a des batailles importantes pour l’indépendance, pour le français, pour l’environnement, dans des comtés où on ne veut rien tenir pour acquis », a dit le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, lors d’un premier arrêt à Gaspé, dimanche.

Selon M. St-Pierre Plamondon, la CAQ a déjà assez de votes en poche. Avec l’élection d’un gouvernement caquiste majoritaire qui « semble de plus en plus évident [e] », le chef péquiste demande aux électeurs d’appuyer sa formation. « La très grande majorité des Québécoises s’entendent pour dire qu’on n’a pas intérêt à donner un pouvoir quasi absolu à la CAQ », a-t-il dit, à deux pas de la baie de Gaspé.

Contrer la division de Legault

 

Éric Duhaime avait deux priorités en fin de semaine : mettre toute son énergie pour se faire élire à Québec et tenir un grand rassemblement pour ses partisans anglophones à Montréal. Dans Chauveau, les conservateurs espèrent toujours l’emporter, malgré un sondage local décevant. C’est donc là qu’il a lancé le dernier blitz, samedi matin, et qu’il l’a conclu, dimanche soir, le temps d’un aller-retour à Montréal entre les deux.

Samedi soir, des centaines de militants anglophones l’attendaient dans un hôtel de Pointe-Claire. « Qui aurait pu penser que les conservateurs pouvaient réunir plus de monde, en une soirée, dans le West Island que les libéraux sur l’île de Montréal au complet ? » a-t-il déclaré devant une foule très enthousiaste.

Entre Québec et Montréal, la caravane a multiplié les arrêts, notamment à Trois-Rivières et à Louiseville, au Festival de la galette, où le chef conservateur a eu droit à un accueil très enthousiaste des festivaliers. Il s’est ensuite rendu à Blainville, où il a dénoncé « la politique de division » de François Legault, en mettant en avant sa candidate Grace Daou, qui est née au Liban.

Entre Montréal et Québec dimanche, il s’est prêté au même exercice de l’autre côté du fleuve. Son autocar est allé à Saint-Hyacinthe, avant de reprendre la route vers Bécancour, où le PCQ a comme candidat le préfet local. Après un bref arrêt en Beauce, il était de retour dans Chauveau, dimanche soir.

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