Duhaime content d’avoir évité les pelures de banane

Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, estime ne pas avoir fait trop de gaffes le long des 8000 kilomètres de route parcourues ces dernières semaines.
Graham Hughes La Presse canadienne Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, estime ne pas avoir fait trop de gaffes le long des 8000 kilomètres de route parcourues ces dernières semaines.

À l’heure des bilans, le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, se félicite de n’avoir pas fait trop d’erreurs pendant la campagne électorale, et d’avoir évité les « pelures de banane » dans ses échanges avec les journalistes. Mais surtout, il se réjouit d’avoir élargi la « fenêtre d’Overton ».

En communication politique, la fenêtre d’Overton réfère au spectre des idées jugées acceptables dans l’espace public. Un spectre que le chef conservateur pense avoir élargi vers la droite. « On a certainement gagné le combat des idées. On a bougé ce qu’ils appellent la fenêtre d’Overton », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse matinale au dernier jour de la campagne dans un hôtel de Laval.

« Nos idées sont de plus en plus acceptables. Il n’y aurait pas eu de discussions sur le privé en santé si le Parti conservateur n’avait pas connu la montée qu’il a connue. Il n’y aurait pas été question de la défense des droits civiques et des libertés individuelles. Il n’y aurait pas été question de l’exploitation de notre gaz et notre pétrole. » Selon lui, c’est « de très bon augure » pour les prochaines élections.

Éric Duhaime estime en outre ne pas avoir fait trop de gaffes le long des 8000 kilomètres de route parcourues ces dernières semaines. « Vous [les journalistes] posez des questions, c’est toujours dangereux, périlleux pour un chef, de mettre le pied sur une pelure de banane. Et je pense que je m’en suis relativement bien sorti ! », a-t-il dit.

Legault cherche à « acheter l’élection » avec ses chèques, dénonce Duhaime

Qu’en est-il des révélations sur ses comptes de taxes non payées ? Il a rétorqué qu’il n’y a pas eu « d’évènement » au PCQ « associé à une chute » dans les sondages comme ce fut le cas pour Québec Solidaire, avec la sortie d’une vidéo montrant sa candidate, en train de voler des dépliants de son adversaire dans son porte-à-porte.

Mais c’est de nouveau François Legault qu’il a le plus écorché dimanche, l’accusant de vouloir « acheter l’élection » parce qu’il liait un vote pour la CAQ à des chèques dans une nouvelle publicité. « Ça fait de la vieille politique, a-t-il dit. Monsieur Legault il donne l’argent à personne. Il prend plus d’argent qu’il va en retourner. »

Le politicien a aussi souligné que son parti était celui « qui avait dû congédier le moins grand nombre de candidats ». « Je pense que personne aurait pu dire ça au début de la campagne », a-t-il lancé en riant.

En juillet, le PCQ avait exclu sa candidate dans Saint-Jérôme, Jessica Victoria Dubuc, qui avait écrit sur les réseaux sociaux que plusieurs personnes devraient « se faire tirer », dont Bill Gates.

Depuis, plusieurs candidats ont mis le parti dans l’embarras pour avoir proféré des obscénités, défié les règles sanitaires ou encore pris position contre l’avortement, par exemple.

Mais, à chaque fois, Éric Duhaime a dit les tolérer au nom de la liberté d’expression et parce qu’ils ne prônaient pas le recours à la violence.

Selon le dernier sondage Léger, le parti n’a pas progressé dans les intentions de vote depuis le 24 août, avec un appui plafonnant à 14 %. Mais Éric Duhaime se dit convaincu d’avoir augmenté le taux de participation avec un nouveau bassin d’électeurs plus discrets qui n’apparaît pas dans les coups de sonde.

Après avoir passé des mois à pourfendre le gouvernement, l’État, la Santé publique et les médias, le chef conservateur affirme, au bout du compte, avoir rendu service aux institutions et à la démocratie depuis le début de la campagne.

« Un individu qui contribue à faire augmenter la participation électorale, à prendre le mécontentement et à canaliser ça dans un parti politique pour faire élire du monde à l’Assemblée nationale et à faire d’un tiers parti un grand parti, je pense qu’on peut dire qu’il fait oeuvre utile puis qu’il donne confiance dans les institutions, a-t-il soutenu. Je pense que j’aurais pas pu faire mieux personnellement. »

Plus de détails suivront.

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