Quatre ans plus tard, PSPP recycle un appel au vote de Lisée

Le chef du Parti québécois s’est présenté devant les médias un sourire au visage, samedi, pour lancer son dernier sprint de campagne à 48 heures du scrutin.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le chef du Parti québécois s’est présenté devant les médias un sourire au visage, samedi, pour lancer son dernier sprint de campagne à 48 heures du scrutin.

C’est le jour de la marmotte. À deux jours du vote, c’est de Jacques Parizeau que souhaitait s’inspirer le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon en lançant l’opération « convaincre ». Mais il a aussi repris l’idée de son prédécesseur Jean-François Lisée, qui avait lancé une opération du genre en 2018… à deux jours du vote.

Le chef du Parti québécois s’est présenté devant les médias un sourire au visage, samedi, pour lancer son dernier sprint de campagne à 48 heures du scrutin. « En 1995, [l’ex-premier ministre péquiste] Jacques Parizeau avait lancé l’opération “convaincre”, qui visait à ce que chaque personne se donne l’objectif de convaincre un indécis. Juste un indécis. En 2022, je lance exactement la même chose, une nouvelle opération convaincre », a annoncé « PSPP » depuis Trois-Rivières.

« Il nous reste une fin de semaine pour y arriver », a-t-il enchaîné.

Devant ses militants quelques minutes plus tard, il a renchéri. « Jacques Parizeau avait fait ça ! », a-t-il soulevé.

Or, M. St-Pierre Plamondon oublie de mentionner son prédécesseur. En 2018, le chef péquiste de l’époque, Jean-François Lisée, avait lui aussi fait un appel à la sortie de vote à deux jours des résultats. L’objectif de cette opération aussi baptisée « convaincre » : créer la « surprise ». Les parallèles entre les deux sorties sont nombreux.

« Chaque électeur que vous connaissez qui a déjà décidé de voter PQ a la tâche de trouver deux ou trois autres personnes et les convaincre de voter PQ », avait dit M. Lisée le 29 septembre 2018. « Ça prend trois personnes qui sont indécises ou qui pensaient aller ailleurs et vous les ramenez. »

Quelques jours plus tard, le PQ subissait une des plus importantes dégelées électorales de son histoire. La formation souverainiste perdait alors vingt sièges — dont Rosemont, la circonscription de son chef — et obtenait moins de 20 % des suffrages. En marge de son congrès de décembre dernier, M. St-Pierre Plamondon avait indiqué vouloir « trancher » avec 2018 sur le plan de « l’indépendance, [du] français et [de] l’environnement ».

« Opposition forte et constructive »

Cette fois-ci, l’heure est à la confiance. En plein sprint final, Paul St-Pierre Plamondon continue d’affirmer que le PQ « monte ». « Convainquons le plus grand nombre de donner au Québec une démocratie qui est saine, puis une opposition officielle qui est à la fois forte et constructive, respectueuse », a-t-il soutenu devant une poignée de partisans.

Le leader péquiste s’en fait peu des événements de la veille, qui avaient vu deux candidats du PQ exclus de l’équipe pour des propos sur l’islam. « Le leadership, c’est de prendre des décisions difficiles, mais dans le respect et l’écoute de tout le monde qui est impliqué. […] C’est la décision que j’ai prise », a-t-il répondu au co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, qui l’avait accusé vendredi de manquer de « leadership ».

« D’autres partis lancent de la boue, font des accusations en cette fin de course », a ajouté PSPP en référence à Québec solidaire. Le chef péquiste appelle les électeurs indépendantistes du parti à la bannière orange à revoir leur position. « Il y a des indépendantistes partout au Québec qui ont voté de toutes sortes de manières en 2018, je leur dis : votre maison, c’est le Parti québécois. La porte est grande ouverte, puis on vous attend », a-t-il signifié.

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