Gabriel Nadeau-Dubois: de la rue à la table d’honneur de la Chambre de commerce

Dix ans après le Printemps érable, Gabriel Nadeau-Dubois sillonne le Québec afin de convaincre les Québécois de donner les commandes de l’État québécois au parti de gauche Québec solidaire.
Ryan Remiorz Archives La Presse canadienne Dix ans après le Printemps érable, Gabriel Nadeau-Dubois sillonne le Québec afin de convaincre les Québécois de donner les commandes de l’État québécois au parti de gauche Québec solidaire.

En 10 ans, Gabriel Nadeau-Dubois est passé de la rue à la table d’honneur de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).

À la tribune de la CCMM, le premier ministre Jean Charest invitait, le 20 avril 2012, « GND » — et les étudiants qui protestaient contre la hausse des droits de scolarité sous les bombes assourdissantes aux abords du Palais des congrès de Montréal — à saisir les occasions d’emploi offertes par le Plan Nord. « À ceux qui frappaient à notre porte ce matin, on pourrait leur offrir un emploi, et dans le Nord autant que possible », avait-il lancé devant les gens d’affaires, rieurs, rassemblés à l’intérieur de l’édifice.

L’ex-figure de proue du mouvement étudiant n’a pas fait sa vie dans le Nord. Dix ans après le Printemps érable, Gabriel Nadeau-Dubois sillonne le Québec afin de convaincre les Québécois de donner les commandes de l’État québécois au parti de gauche Québec solidaire (QS).

L’aspirant premier ministre Gabriel Nadeau-Dubois a plaidé, devant la CCMM jeudi midi, pour une « économie verte », y voyant « le ciment de la prospérité » du Québec.

D’ailleurs, le plan de lutte contre les changements climatiques de QS, qui est coiffé du titre Vision 2030, a trouvé un certain écho au sein du Montréal inc., a indiqué le président de la CCMM, Michel Leblanc.

« Il y a un domaine où Québec solidaire, du point de vue du milieu des affaires, avait les propositions qui étaient les… je ne sais pas si c’est les meilleures… mais en tout cas où on reconnaissait l’expertise de Québec solidaire, et c’est sur l’environnement. Donc, ce que ça témoigne dans le fond, c’est que votre message au niveau de l’urgence [climatique], votre message au niveau des défis et probablement des solutions [de QS] parlent dans le milieu des affaires », a-t-il fait remarquer.

M. Leblanc a également « rend[u] hommage » à la proposition de QS de tirer vers le haut les seuils d’immigration au Québec — de 50 000 à 60 000-80 000 immigrants par an. « Je rends à César ce qui est à César. Il y a d’autres affaires sur lesquelles on est plutôt inconfortables… », a-t-il laissé tomber, suscitant quelques rires dans l’assistance.

Durant une « causerie », le président de la Chambre de commerce a notamment demandé à M. Nadeau-Dubois où s’« arrêtent » les projets de nationalisation de secteurs de l’économie ou encore les nouvelles taxes et les impôts dans les plans de QS — disant avoir compté 11 nouvelles taxes dans le programme solidaire. « Il y en a peut-être plus », a-t-il mentionné. « On a passé beaucoup de temps dans cette campagne à parler du sort des gens qui ont 2 millions de dollars, et qui vont devoir payer 19,23 $ par semaine avec la mesure fiscale de Québec solidaire, et pas mal moins de temps à parler des centaines de milliers d’aînés qui arrivent à la retraite avec pas un sou dans leur poche », a notamment rétorqué M. Nadeau-Dubois, parlant d’« ambition » et de « rigueur », de « prudence » et de « vision ».

Le co-porte-parole de QS a aussi souligné la nécessité pour un éventuel gouvernement solidaire d’avoir « le moyen de [ses] ambitions ». « Gouverner, c’est faire des choix. »

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