À 15% du vote, le PCQ mériterait une place au Parlement, dit PSPP

Il y a une «distorsion» dans le mode de scrutin, selon le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Il y a une «distorsion» dans le mode de scrutin, selon le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon.

Éric Duhaime obtient un appui inattendu à moins d’une semaine du vote. Selon le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, le chef du Parti conservateur du Québec pourrait être désavantagé par les « distorsions » dans le mode de scrutin.

« J’ai très, très peu en commun avec les conservateurs sur le plan des idées, mais je pense que si un parti obtient 15 % dans les sondages, il mérite d’être entendu à l’Assemblée nationale. […] Même quand on n’est pas d’accord, un parti qui représente la voix de plusieurs citoyens doit obtenir son espace », a affirmé le chef du Parti québécois lors d’une mêlée de presse à Québec.

« Les gens ont intérêt à ce qu’il y ait une collaboration entre des points de vue différents à l’Assemblée nationale », a-t-il poursuivi.

La tendance dans les sondages indique que la Coalition avenir Québec (CAQ) perd des plumes à mesure que la campagne électorale avance. Le dernier coup de sonde Léger avant la période électorale plaçait le parti du gouvernement à 42 % des intentions de vote. Il serait désormais à 37 %.

Avec le même pourcentage du vote populaire en 2018, la CAQ avait remporté 74 sièges. Or, selon l’agrégateur de sondages Qc125.com, le parti pourrait bien obtenir plus de 90 sièges. À environ 15 % dans les intentions de vote — pratiquement le même pourcentage que les libéraux, les solidaires et les péquistes —, les conservateurs risquent quant à eux de n’en gagner aucun.

« Il y a vraiment une distorsion, en effet, dans le système actuel », a convenu Paul St-Pierre Plamondon jeudi. Il s’attend à une réaction forte si le vote populaire ne se traduit pas en sièges pour certains partis.

« Si des voix ne se font pas entendre dans le Parlement, là où les choses se décident, elles se font souvent entendre dans la rue », a-t-il dit, appelant de nouveau à une réforme du mode de scrutin.

Une ouverture ?

Quatre partis ont des avis favorables à une révision du mode de scrutin. D’abord en faveur, la CAQ a abandonné l’an dernier sa promesse de faire adopter un projet de loi en ce sens. « À part quelques intellectuels, le changement de mode de scrutin, ça n’intéresse pas les Québécois », avait dit François Legault à Radio-Canada en début de campagne.

Interrogé sur le sujet jeudi, M. Legault a rouvert la porte à une réforme, mais pas immédiatement. « Je continue à penser qu’à long terme, c’est quelque chose qu’il faudra envisager. Il y a beaucoup de travail à faire pour apprendre à travailler ensemble. Si je suis élu le 3 octobre, il faudra travailler là-dessus. Les Québécois souhaitent que les partis politiques travaillent plus ensemble », a-t-il dit en provenance de Rouyn-Noranda.

Selon Paul St-Pierre Plamondon, « on ne peut pas se fier [à] ce qu’affirme François Legault » en la matière. « Il a renié sa parole, il a renié sa promesse. […] François Legault regarde le sondage du jour et, ensuite, se fait dire par des conseillers en communication quelle serait la ligne. »

« On avait un deal », a rappelé le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, qui accuse le premier ministre sortant de « profiter du système ».

Éric Duhaime se considère, lui, « pénalisé » par le modèle actuel. « Je pense que quand tu fais plus que 15 %, normalement, tu devrais être représenté dans un parlement qui compte 125 sièges. […] C’est nous qui sommes […] le plus à risque de ne pas avoir de députés », a observé le chef conservateur, à Portneuf.

M. Legault a déclaré que ce ne serait pas la première fois que des partis ont peu de sièges à l’Assemblée nationale malgré des appuis plus importants en suffrages. « C’est notre système, malheureusement, qui a des désavantages, mais a d’autres avantages sur la stabilité des gouvernements et la capacité de faire des changements nécessaires dans notre société », a-t-il dit.

Avec Marco Bélair-Cirino, Isabelle Porter et Alexandre Robillard

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