Des propos controversés, mais pas «islamophobes», dit PSPP

«Il n’y a aucune façon d’interpréter l’ensemble de ses propos comme visant une seule religion », a déclaré Paul St-Pierre Plamondon à propos de sa candidate Lyne Jubinville lors d’un point de presse, mercredi.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne «Il n’y a aucune façon d’interpréter l’ensemble de ses propos comme visant une seule religion », a déclaré Paul St-Pierre Plamondon à propos de sa candidate Lyne Jubinville lors d’un point de presse, mercredi.

Paul St-Pierre Plamondon se porte à la défense de deux candidates péquistes qui ont tenu sur Internet des propos controversés à l’égard des minorités visibles, de l’immigration et de l’islam. Les critiques de la religion musulmane formulées par sa candidate Lyne Jubinville n’avaient ainsi rien d’« islamophobe », affirme-t-il.

Mardi, Le Devoir a porté à l’attention du public trois publications dans lesquelles Mme Jubinville, candidate pour le Parti québécois (PQ) dans Sainte-Rose, critique ardemment la place de l’islam dans la société québécoise. « Pourquoi les hidjabs envahissent de plus en plus notre paysage public ? » pouvait-on lire, de même que « l’islam, ce n’est pas nous ». Le chef péquiste avait alors convenu d’avoir vu là des « propos problématiques », mais avait décidé de garder Mme Jubinville dans son équipe parce qu’elle s’était rétractée.

Mais ces dires ne sont pas « islamophobes », a toutefois soutenu M. St-Pierre Plamondon le lendemain, en marge d’un point de presse à Pointe-aux-Trembles. « On ne peut pas mettre le mot “phobie” sur toute critique des religions, et il n’y a aucune façon d’interpréter l’ensemble de ses propos comme visant une seule religion. Quand on regarde ce qu’elle a écrit, ça vise [de toute évidence] chacune des religions monothéistes », a-t-il dit.

« Ça ne vise pas l’islam en particulier. Son propos vise toutes les religions », a-t-il ajouté.

Mercredi, M. St-Pierre Plamondon a également tenu à défendre une autre candidate, Suzanne Gagnon, qui se présente dans La Pinière. La Presse soulevait en matinée qu’elle avait gazouillé ceci, l’an dernier : « Pourquoi les minorités visibles résistent-elles autant lorsqu’elles se font arrêter ? Je souhaiterais obtenir une réponse de quelqu’un qui en fait partie. Merci ! »

« La manière dont c’est rédigé, c’est tellement maladroit que j’ai demandé que ça soit retiré, puis qu’elle s’excuse », a expliqué le chef péquiste, qui a ajouté du même souffle que c’était « important de lire l’entièreté de l’échange, parce que ce qu’elle dit, c’est [que] le profilage racial existe ».

« PSPP » se défend de ne pas retirer les candidatures de Mmes Jubinville et Gagnon. Mardi, il avait dit de la candidate solidaire Marie-Ève Rancourt — qui a volé un dépliant péquiste dans la circonscription de Camille-Laurin — qu’il ne l’aurait pas gardée dans son équipe. « On est devant des gestes complètement différents. Le vol, je n’ai pas besoin d’expliquer pourquoi ce n’est pas légal. »

Selon M. St-Pierre Plamondon, comparer les deux situations équivaut à « comparer des pommes et des oranges ». « Ce sont deux situations complètement différentes qui commandent des réactions différentes », a-t-il signifié.

D’autres propos controversés

Mercredi, le PQ a aussi dû prendre la défense de Lyne Jubinville à propos d’une publication Facebook critique des identités trans.

Dans ces quelques paragraphes, qui datent de 2018 et qui s’adressent à Boucar Diouf, animateur de l’émission La nature selon Boucar, à Radio-Canada, la candidate péquiste affirme notamment qu’« il est, en fait, impossible de changer de sexe ». « Dans votre émission, vous avez […] oublié de dire que les trans[s]exuel-les ne changent pas de sexe. […] Est-ce que le fait de procéder à une chirurgie de réassignation sexuelle change l’ADN du patient ? Il me semble que non (quels [que] soient les U, W, X, Y, Z d’origine) », écrit-elle.

« Pour terminer, sans nier que les gens aux prises avec une dysphorie de genre souffrent, je pense que les solutions légales et cosmétiques actuelles sont loin d’assurer un adoucissement de leurs souffrances », ajoute-t-elle.

Sur les réseaux sociaux, cette publication a généré des accusations de « transphobie ». Appelé à réagir, le PQ a indiqué que « les propos de Mme Jubinville s’inscrivent dans un débat qui fait rage au sein du féminisme, à savoir quelles femmes sont susceptibles de subir davantage de discrimination à cause de leur condition de femme ».

« Nous ne sommes pas nécessairement de son avis, mais on ne veut pas non plus l’empêcher d’exprimer son opinion », a écrit l’attachée de presse Anne-Sophie Desprez.

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