Legault se rapproche des conservateurs sur le privé en santé

En début de campagne M. Legault avait dit vouloir limiter la place du privé en santé à deux projets pilote de «gros GMF» à Québec et Montréal.
Paul Chiasson La Presse canadienne En début de campagne M. Legault avait dit vouloir limiter la place du privé en santé à deux projets pilote de «gros GMF» à Québec et Montréal.

À quelques jours du scrutin, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, se rapproche de la position du Parti conservateur en ouvrant la porte à une pratique mixte pour les médecins et à la création d’hôpitaux privés, dont il vante la « capacité d’innover ».

« Le privé a cette capacité d’innover, d’être plus efficace qu’un hôpital public parce qu’ils font les choses autrement », a déclaré M. Legault en matinée en répondant à des questions sur le thème de la santé. « Même [que] ça pourrait être challengeant pour le secteur public de voir un mini-hôpital privé qui ferait plus en volume avec les mêmes ressources. On est ouverts à ça mais on ne veut pas créer un système à deux vitesses. »

En début de campagne M. Legault avait dit vouloir limiter la place du privé en santé à deux projets pilote de « gros GMF » à Québec et Montréal.

Mercredi matin, M. Legault a aussi dit ne pas écarter la possibilité de lever la cloison entre la pratique privée et la pratique dans le secteur public actuellement imposée aux médecins.

De passage à l’émission de Paul Arcand, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), a ouvert cette porte alors qu’il discutait de l’apport du privé au réseau de la santé.

Duhaime dénonce la « confusion » ; la FTQ, la proposition

Cette sortie sur les médecins a fait bondir le chef conservateur, Éric Duhaime. « C’est en totale contradiction avec ce que la CAQ a toujours dit », a réagi M. Duhaime en marge d’une annonce sur un autre sujet, dans la capitale.

« Aujourd’hui, de toute évidence, M. Legault a entretenu la confusion. […] C’est pas sain pour la démocratie qu’à cinq jours du vote, les électeurs [ne] savent toujours pas quelle est la position de la CAQ sur un enjeu aussi important. »

En effet, M. Legault avait rejeté l’idée d’une pratique mixte plus tôt durant la campagne. « Ce sera totalement exclu. […] Nous, on veut un privé qui est gratuit pour les patients, puis on ne veut pas que ce soit une mixité comme certains le proposent », disait-il le 3 septembre dernier.

Les commentaires du premier ministre sortant ont aussi fait réagir la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), qui s’est dite « consternée » par l’idée de construire des hôpitaux privés.

« Où ces mini-hôpitaux vont-ils prendre leur personnel (médecins, infirmières, préposés, employés d’entretien et administratifs) ? », a demandé son président Daniel Boyer, dans un communiqué. Dans les établissements publics évidemment ! Pourtant, ils sont déjà en grave pénurie de personnel. »

D’autres détails suivront.

Avec La Presse canadienne et Alexandre Robillard

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