Duhaime n’exclut pas d’ériger un mur à la frontière

« Il faut fermer le robinet, cesser l’immigration illégale au Québec », a répété le chef conservateur en mêlée de presse mardi.
Jacques Boissinot La Presse canadienne « Il faut fermer le robinet, cesser l’immigration illégale au Québec », a répété le chef conservateur en mêlée de presse mardi.

Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ) juge qu’on ne devrait pas exclure la possibilité d’ériger un mur à la frontière entre le Québec et les États-Unis pour contrer l’afflux de demandeurs d’asile. Et malgré cette prise de position, il maintient que les comparaisons entre lui et Donald Trump sont injustifiées.

« Il faut fermer le robinet, cesser l’immigration illégale au Québec », a répété le chef conservateur lors d’une brève mêlée de presse dans une zone rurale de Bellechasse. « Mon premier objectif, c’est que les cinq partis, on collabore tous ensemble […] et qu’on mette de la pression sur Ottawa pour que ça cesse et toutes les options doivent être envisagées ».

Mardi matin, Éric Duhaime s’était fait questionner sur une publication faite sur les réseaux sociaux en 2017 à l’effet qu’un mur à la frontière canado-américaine serait une bonne idée. Une solution qu’il n’exclut pas cinq ans plus tard. « Je considère que c’est une des options », a-t-il dit.

Le politicien continue toutefois de rejeter les comparaisons faites par François Legault entre lui et l’ancien président américain Donald Trump. « Je vous dis que je ne suis pas Donald Trump, je l’ai dit, je l’ai répété. »

Engouement pour Duhaime dans Bellechasse

 

Alors que le chef conservateur répondait aux questions des journalistes sur le bord d’une route de campagne, de nombreuses voitures faisaient retentir leurs klaxons à la vue de son autocar.

Plus tôt dans la journée, une visite de l’entreprise Prévost Car avait permis de donner une idée de la popularité des idées conservatrices dans la région de Bellechasse. « On a tous voté Duhaime », a dit une employée au chef en parlant de son groupe d’amis lors de son arrivée dans l’usine.

Peu avant, certains de ses collègues avaient bruyamment klaxonné le politicien pour lui manifester leur appui. « Éric, Éric, Éric ! », avaient aussi scandé une équipe d’employés à la fin de la visite des installations.

Située entre le fleuve et la frontière avec le Maine et voisine de la Beauce, Bellechasse est actuellement représentée par la caquiste Stéphanie Lachance. Selon l’agrégateur de sondages Qc125, la CAQ serait toujours en tête (48 %) mais le PCQ aurait fait une progression majeure dans la circonscription en quelques mois à peine avec 31 % des intentions de votes.

Le candidat du PCQ dans Bellechasse est Michel Tardif, un ancien conseiller municipal de Saint-Henri, une municipalité de 5000 habitants. Le dossier qui lui tient le plus à coeur est celui du troisième lien lequel est très populaire localement.

Mais pas n’importe quel troisième lien. Les gens de Bellechasse préfèrent de loin le pont proposé par Duhaime au tunnel de François Legault parce qu’il serait érigé beaucoup plus près de chez eux, à l’Est.

« Ça change tout », confiait Nadia, 42 ans, rencontrée au rassemblement du parti en soirée. « Vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point ça va faciliter nos vies. » Célébrante dans des cérémonies funéraires, la militante conservatrice mentionnait qu’elle avait « été durement touchée pendant la pandémie ». « J’ai perdu ma job. Je suis tombée avec plus rien. »

Mardi soir, le rassemblement avait lieu dans une microbrasserie de St-Anselme dans un secteur rural. L’ambiance était survoltée à un point tel qu’Éric Duhaime lui-même semblait surpris.

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