Legault accusé d’avoir «menti» sur le troisième lien

Dans le dossier du troisième lien, «M. Legault […] a menti à des centaines de milliers de Québécois à plusieurs reprise », a lancé le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Dans le dossier du troisième lien, «M. Legault […] a menti à des centaines de milliers de Québécois à plusieurs reprise », a lancé le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime.

Le chef de la Coalition avenir Québec se retrouve de nouveau sur la défensive dans le dossier du troisième lien Québec-Lévis, après qu’une journaliste eut révélé que son cabinet avait bel et bien en main des études sur le projet routier.

« M. Legault a menti. Il a menti à des centaines de milliers de Québécois à plusieurs reprises, notamment lors des derniers débats », a clamé le chef conservateur Éric Duhaime mardi matin.

Le premier ministre sortant a affirmé ne pas avoir en main d’étude portant sur son projet de tunnel « de centre-ville à centre-ville ». Or, Radio-Canada a révélé mardi que des données en la matière avaient été transmises au ministère des Transports du Québec et au cabinet de M. Legault l’année dernière.

Éric Duhaime, qui talonne le chef caquiste à ce sujet depuis le début de la campagne, prévient que « François Legault ne pourra pas s’en sauver encore une fois ».

M. Legault a reconnu que le document dont il est question lui servirait effectivement pour aller de l’avant avec le projet. Il a cependant répété que les données devaient être actualisées en fonction des conséquences du télétravail sur l’achalandage routier. « C’est un intrant, ce sont des données, ce n’est pas l’étude », a-t-il dit en point de presse à Gaspé. « C’est avant la pandémie, [avant] le télétravail. Je ne pense pas qu’elle soit d’actualité. »

Le chef caquiste a par ailleurs affirmé que, grâce à des forages exploratoires, on sait maintenant qu’il est possible de creuser un tunnel sous le lit du fleuve Saint-Laurent entre Québec et Lévis. « Les gens du ministère des Transports nous disent que c’est faisable », a-t-il dit. Des questions demeurent toutefois sur certains aspects du projet. « On est plus dans les [détails techniques] : comment ça va se faire, à quelle hauteur exactement, quelle pente. Il y a [une question] de pente, c’est en train d’être étudié », a-t-il expliqué.

Des « cachotteries », dénoncent les oppositions

De son côté, le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a demandé au chef caquiste de mettre un terme aux « cachotteries » sur son projet de troisième lien routier entre Québec et Lévis.

« On a le droit d’être “pour” le troisième lien. On a le droit d’être “contre” le troisième lien. C’est un débat important dans la région de Québec. Mais, qu’on soit pour ou qu’on soit contre, les gens ont le droit de savoir : ça va coûter combien ? Les gens ont le droit de savoir [le projet caquiste] est basé sur quelles données, sur quels chiffres, sur quelles études, sur quelle science. »

Pour la cheffe libérale, Dominique Anglade, il est clair que François Legault « cache les données » au sujet du troisième lien. « Études, pas d’études, pas les bonnes études : on a tout entendu là-dessus », a-t-elle déploré mardi. La façon dont le dossier est géré par le chef caquiste est « inadmissible », juge-t-elle.

Paul St-Pierre Plamondon, quant à lui, exige que François Legault rende publiques les données disponibles sur le projet. « Ce sont des fonds publics qui ont financé ces études-là. Elles appartiennent aux gens. Il n’y a aucune excuse. »

Avec Alexandre Robillard, Marco Bélair-Cirino, François Carabin et Florence Morin-Martel

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