À une semaine du vote, Legault se veut rassembleur

François Legault récolte 37% des intentions de vote, selon le dernier sondage Léger, ce qui le place loin devant ses adversaires.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne François Legault récolte 37% des intentions de vote, selon le dernier sondage Léger, ce qui le place loin devant ses adversaires.

Après une campagne marquée par des attaques contre Éric Duhaime l’« agitateur » et la « taxe orange » de Gabriel Nadeau-Dubois, François Legault ouvre la porte à ses adversaires, une semaine avant le jour du vote. « Je me vois quand même un rôle, si je suis élu comme premier ministre, de rassembler. »

Le chef caquiste a ouvert les bras à ses rivaux électoraux, mardi, à six jours d’élections qui pourraient faire grimper davantage son nombre de sièges à l’Assemblée nationale, si le sondage Léger publié mardi matin est fidèle à la réalité.

Ce récent coup de sonde national, mené pour les médias de Québecor, laisse entrevoir une lutte féroce pour l’opposition officielle. Deux points séparent le Parti québécois (PQ), le Parti conservateur du Québec (PCQ), le Parti libéral du Québec (PLQ) et Québec solidaire (QS). La Coalition avenir Québec (CAQ) perd des plumes, mais maintient une avance de 20 points sur son plus proche poursuivant.

Le chef caquiste a cadré sa volonté de collaboration avec l’opposition autour de deux thèmes, lors d’un point de presse à Gaspé, mardi. « Il y a de bonnes idées sur l’environnement, la protection du français » dans les programmes des autres partis, a-t-il soulevé.

M. Legault a affirmé qu’il serait prêt à rencontrer régulièrement les chefs des partis ainsi que « les chefs parlementaires » qui assureraient l’intérim dans l’éventualité de démissions à la suite des élections. « Prenez l’environnement. Je pense que c’est une priorité pour tout le monde, on a chacun nos plans, a-t-il dit. Évidemment, il faut tenir compte de l’électricité qui est disponible. Si quelqu’un a de bonnes idées pour aller plus vite pour réduire nos GES [gaz à effet de serre], je suis ouvert à en discuter. »

Le chef caquiste juge tout de même que les plans de ses adversaires sont irréalistes, car ils sous-estiment les besoins en électricité, qui, selon lui, nécessitent l’ajout de capacité de production, dont la construction de barrages. Il a répété sa cible qui consiste à réduire les GES de 37,5 % d’ici 2030.

« Les libéraux, le Parti québécois ont de bonnes idées, a-t-il expliqué. Dans leur plan, malheureusement, ils ont oublié de tenir compte d’où on prend l’électricité pour réaliser tout ça. Mais dans le choix des mesures, je suis prêt à collaborer. »

« Imposer ses idées »

La cheffe du PLQ, Dominique Anglade, ne croit pas François Legault quand il dit qu’il désire travailler avec les partis d’opposition. « Il veut nous imposer ses idées », a-t-elle fait valoir.

Durant le dernier mandat, la « non-volonté » de M. Legault de collaborer avec les villes et les autres formations politiques témoigne de son style de leadership, selon elle. M. Legault rejette les accusations d’arrogance. « Dans les faits, je suis quelqu’un qui est à l’écoute », a-t-il soutenu.

Le porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois accepte, lui, « la main tendue » du chef de la CAQ.

« Cette élection-là est cruciale pour l’avenir de nos enfants et nos petits-enfants, mais ce n’est pas la fin des haricots. Le 4 octobre au matin, peu importe où on est au Salon bleu, il va falloir qu’on travaille ensemble pour régler la crise climatique, et moi, je m’engage […] à travailler main dans la main avec tous les autres partis qui vont vouloir aller dans la bonne direction », a-t-il dit lors d’un point de presse à Québec.

Quant à la perspective de revenir à la charge avec un mode de scrutin proportionnel qui pourrait faire plus de place à l’opposition, M. Legault l’a écartée.

Plus que deux ou trois sièges

 

Depuis le début de la campagne électorale, qui prendra fin lundi prochain, le PQ fait son petit bonhomme de chemin dans les sondages. Partie à 9 % des intentions de vote, d’après le premier coup de sonde Léger de la campagne, la formation se retrouve aujourd’hui à 15 %.

S’il admet que les chiffres des sondages ne sont pas plus valides qu’il y a un an, quand son parti récoltait des pourcentages nettement moins élevés, le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, s’attend à récolter « beaucoup plus » que deux ou trois circonscriptions. « Rendus à 15 %, on est à plus que ça, a-t-il affirmé. On n’est clairement pas dans la marginalité, on est en croissance, puis on est en croissance constante et forte. »

De son côté, Dominique Anglade a refusé mardi de se laisser abattre par le dernier sondage Léger. Ce dernier donne 16 % des intentions de vote à sa formation, ce qui la place au troisième rang, derrière la CAQ et QS. « Depuis la semaine dernière, sur le terrain, je sens quelque chose de différent, a-t-elle affirmé, à Montréal. Les gens viennent nous voir pour nous parler de nos propositions. »

Mme Anglade a d’ailleurs refusé de se dire déçue d’avoir été désignée comme la meilleure cheffe d’opposition par seulement 15 % des Québécois. « Il y a des gens qui m’ont dit, pas plus tard qu’hier soir : “Vous savez quoi ? Vous m’avez convaincu, et moi, je vais aller voter pour vous” », a-t-elle rétorqué.

Questionné sur l’apparence de « plafonnement » du vote pour sa formation, le chef du PCQ, Éric Duhaime, a souligné qu’un autre sondage montrait le contraire. « Il y a des sondages qui disent différentes choses […] Je ne sais pas quel sondage dit vrai, mais ce que je sais, c’est qu’il y a beaucoup de volatilité à l’heure où on se parle. Pour moi, la bonne nouvelle du jour, ce n’est pas les sondages, c’est les gens qui sont vraiment allés voter. […] Je suis extraordinairement heureux de voir que le taux de participation aux bureaux de vote par anticipation a monté de façon considérable. »

Avec Marco Bélair-Cirino, Florence Morin-Martel et Isabelle Porter

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