La place des femmes résonne en Outaouais

Samedi matin, Mme Anglade a butiné de kiosque en kiosque avec son équipe libérale au Festival Joie de vivre de l’Accompagnement des femmes immigrantes de l’Outaouais, à Gatineau.
Justin Tang La Presse canadienne Samedi matin, Mme Anglade a butiné de kiosque en kiosque avec son équipe libérale au Festival Joie de vivre de l’Accompagnement des femmes immigrantes de l’Outaouais, à Gatineau.

L’autobus libéral a fait escale vendredi et samedi en Outaouais, où les propos des derniers jours de la cheffe Dominique Anglade concernant la place des femmes dans la société ont résonné chez certains électeurs.

Samedi matin, Mme Anglade a butiné de kiosque en kiosque avec son équipe libérale au Festival Joie de vivre de l’Accompagnement des femmes immigrantes de l’Outaouais, à Gatineau, dans la circonscription de Hull.

Parmi les résidents du coin, Michel Curtat a tenu à serrer la main à la cheffe libérale. La politique est un « boys club », lance-t-il au Devoir. « C’est le fun de voir un visage féminin avec autant d’aplomb. » Si le professeur au cégep est un fier péquiste, il appuie Dominique Anglade « comme femme en politique », précise-t-il.

À quelques pas de là, Julie Latrémouille souligne la performance de Mme Anglade lors du débat des chefs, jeudi dernier. Les femmes ont connu un « recul important » durant le dernier mandat, notamment en raison du manque de places en garderie les empêchant de retourner travailler, avait alors souligné la cheffe.

La portion sur la condition féminine était « très intéressante », dit Mme Latrémouille. « On est importantes », affirme-t-elle au Devoir, en compagnie de son chien.

Après avoir été avisée du passage de la cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ) dans son quartier, elle raconte s’être empressée de venir à sa rencontre. La fonctionnaire fédérale apprécie le fait que Dominique Anglade choisisse de prendre un bain de foule plutôt que d’être en train de « frotter des coudes avec les membres de la chambre de commerce ».

Aller chercher le vote des femmes

 

Selon Maryse Gaudreault, candidate libérale dans Hull et députée sortante, plusieurs femmes se reconnaissent en Dominique Anglade. Seule femme parmi les chefs de parti, cela lui confère un « regard différent sur la société québécoise », fait-elle valoir.Elle pourra sans doute aller chercher des votes supplémentaires pour cette raison, estime la candidate.

La condition des femmes est la raison pour laquelle Mme Gaudreault s’est d’abord lancée en politique. Élue pour la première fois en 2008 dans la circonscription de Hull, elle souligne qu’il y a désormais beaucoup plus de candidates. « Je pense qu’elles font de la politique différemment. »

« Forte » de son bilan et de son expérience, la députée sortante assure que les valeurs libérales font toujours vibrer les gens de la région. Or selon les dernières projections du site Qc125, rien n’est joué d’avance dans Hull. La CAQ pourrait mettre la main sur ce bastion libéral.

L’adversaire principale du PLQ en Outaouais est la formation caquiste, a soutenu Dominique Anglade. « Je suis ici avec tous les candidats que nous avons », a-t-elle soulevé samedi, à Gatineau.

Les libéraux ont la volonté de « véritablement » représenter la région à l’Assemblée nationale, a poursuivi la cheffe. Cette dernière soutient que l’Outaouais a « été délaissé dans les 4 dernières années », notamment en matière de santé.

Un saut en politique « pour la santé »

Près de l’équipe libérale, la candidate conservatrice dans Hull, Lise Couture, raconte au Devoir être présente pour « donner un coup de main » aux organisateurs du festival à Gatineau. « C’est important la communauté et les femmes immigrantes », souligne-t-elle, en dégustant un plat du pays africain le Djibouti. Mais elle s’est lancée en politique d’abord et avant tout pour la santé.

« Le système de la santé ne marche pas pour moi », lance Mme Couture, arborant une casquette à l’effigie du Parti conservateur du Québec (PCQ). En raison du délestage durant la pandémie de COVID-19, son père a dû attendre plusieurs mois pour une opération importante, raconte-t-elle. « J’aurais pu le perdre. »

À 55 ans, elle raconte avoir adhéré pour la première fois à un parti car elle est « convaincue » des idées du PCQ. Le chef, Éric Duhaime, dit « les choses telles qu’elles sont », selon elle. La candidate conservatrice mène une campagne électorale « au pic et à la pelle ». « Je sais maintenant comment installer des pancartes. J’ai de la corne sur les doigts », s’esclaffe-t-elle.

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