Le Directeur général des élections sévit contre une campagne de la CSQ

Le logo de la Centrale des syndicats du Québec sur l’édifice abritant le siège social du syndicat.
Valérian Mazataud Le Devoir Le logo de la Centrale des syndicats du Québec sur l’édifice abritant le siège social du syndicat.

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) s’est fait taper sur les doigts par le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) relativement à une offensive publicitaire baptisée « Je vote en couleurs », lancée dans le cadre de la campagne électorale.

Le DGEQ a demandé au syndicat de retirer un « tableau comparatif des engagements des cinq principaux partis politiques » sur le microsite Internet de sa campagne.

« Selon eux, ce n’est pas équitable envers les 22 autres partis qui existent au Québec », explique le vice-président du syndicat, Mario Beauchemin. « Parce qu’on mentionne seulement les cinq partis qui sont représentés à l’Assemblée nationale ».

La campagne publicitaire, qui est notamment diffusée à la télévision, « vise à inviter les gens à aller voter et à s’informer », soutient le syndicaliste.

Jugeant cette intervention « extrêmement excessive », la CSQ songe à la contester. « On trouve ça un peu bizarre parce que sur les 22 partis qui n’apparaissent pas […], il y en a six qui sont sans candidat et dix qui ont dix candidats et moins. […] La majorité [d’entre eux] a des enjeux très précis, très circonscrits, comme le Parti alimentaire du Québec ou le Parti 51, qui veut annexer le Québec aux États-Unis. » D’emblée, ça « deviendrait très difficile à consulter », fait valoir M. Beauchemin.

Ainsi, l’intervention du DGEQ n’a rien à voir avec le fait que certains partis plus proches idéologiquement du syndicat pouvaient ressortir gagnants de l’exercice.

Encadrement des dépenses électorales

 

De son côté, le DGE a refusé de s’expliquer, parce qu’il ne « commente pas de cas particuliers sur la place publique ». Il rappelle toutefois que les interventions de tiers dans la campagne électorale peuvent être problématiques lorsqu’une dépense est engagée.

« La personne qui fait ou autorise une dépense électorale sans être l’agent officiel d’un parti ou d’un candidat indépendant autorisé est en infraction à la loi », souligne-t-on.

Dans ce cas-ci, la CSQ est présumée avoir engagé des frais en affectant du personnel à la campagne publicitaire.

Il fut une époque où les grandes centrales étaient très actives dans les campagnes électorales au Québec et appuyaient ouvertement le Parti québécois. Selon M. Beauchemin, cela ne s’est pas produit depuis les années 1990. « Je pense que ça remonte au Sommet socio-économique de Lucien Bouchard », en 1996, dit-il.

Avec 200 000 membres répartis principalement dans le réseau de l’éducation, la CSQ est l’une des plus grandes organisations syndicales au Québec.

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