L’économie, la « question de l’urne », dit à son tour Legault

François Legault a annoncé qu’il s’attendait à avoir l’embarras du choix pour former son prochain Conseil des ministres, lors d’un point de presse, mardi.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne François Legault a annoncé qu’il s’attendait à avoir l’embarras du choix pour former son prochain Conseil des ministres, lors d’un point de presse, mardi.

À l’approche du prochain débat télévisé des chefs, François Legault a recentré son message sur l’économie, mardi, au terme d’une journée où il a dû présenter des excuses, en raison de ses propos, et justifier une nouvelle fois son projet de tunnel entre Québec et Lévis.

Le chef caquiste a martelé que l’inflation, l’incertitude économique mondiale et la hausse des taux d’intérêt font que l’économie sera la première préoccupation des électeurs, au moment de voter.

« La question de l’urne, c’est l’économie, a-t-il décrété. Qui est capable d’aider les Québécois à remettre de l’argent dans le portefeuille des Québécois ? »

M. Legault a ensuite énuméré ses mesures fiscales, dont un montant de 400 à 600 $ aux salariés gagnant moins de 100 000 dollars et 2000 $ pour les personnes de 70 ans et plus.

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) a semblé ignorer que son adversaire libérale, Dominique Anglade, a lancé sa campagne électorale en faisant précisément de l’économie la question de l’urne. « Je ne sais pas ce qu’elle a dit, Mme Anglade », a-t-il rétorqué.

M. Legault est demeuré vague sur ses motifs pour imposer ce thème à son tour, à ce moment précis de la campagne. « Je la voyais venir, ça fait longtemps », a-t-il dit.

M. Legault a vanté son « trio économique » formé d’Eric Girard, Pierre Fitzgibbon et Sonia LeBel. Selon lui, aucune formation politique n’a l’équivalent. « J’ai pris le temps de regarder les 124 ou 125 candidats des autres partis, a-t-il dit. C’est inquiétant. »

M. Legault a ensuite souligné qu’il s’attend à avoir l’embarras du choix pour former son prochain conseil des ministres, indiquant au passage que Christian Dubé a plus de chance de rester à la Santé que Jean-François Roberge à l’Éducation.

Le chef caquiste n’a aucune activité à son agenda mercredi en prévision du débat des chefs de Radio-Canada, jeudi.

Des excuses

 

M. Legault a commencé sa journée en présentant des excuses pour la deuxième fois de la campagne électorale.

Après s’être dit désolé pour des propos qui faisaient le lien entre l’immigration et la violence, il y a deux semaines, M. Legault exprimé ses regrets à Carol Dubé, le conjoint de Joyce Echaquan, une Atikamekw décédée après avoir subi du racisme dans un hôpital de Joliette, en 2020.

« Je vous ai heurté et je m’en excuse sincèrement », a-t-il dit lors d’une conférence de presse, à Orford, après une annonce en éducation.

Durant un débat télévisé des chefs de partis, jeudi dernier, M. Legault avait affirmé que « le problème qui est arrivé avec Mme Joyce [Echaquan] à l’hôpital de Joliette, il est maintenant réglé ».

Devant les protestations du Conseil des Atikamekw de Manawan (CDAM), du Conseil de la Nation Atikamekw (CNA) ainsi que de M. Dubé, M. Legault a reconnu sa maladresse. « Je suis très conscient qu’il y a encore des problèmes à régler, a-t-il dit. Il y a encore du racisme à combattre et on va continuer à la CAQ d’y travailler. »

Selon le chef caquiste, les excuses qu’il a présentées depuis le début de la campagne sont dues à son style direct. « C’est un sujet délicat et moi je suis un gars plutôt direct et des fois, ça peut être mal interprété », a-t-il dit.

Le porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a demandé à M. Legault de faire un « petit effort » afin de ne plus « blesser » personne avec ses propos d’ici à la fin de la campagne électorale.

Il a pris note des excuses du chef caquiste à M. Dubé. « C’était la chose à faire. Tant mieux qu’il se soit excusé. Mais ce qu’il serait encore mieux que s’excuser sans cesse, c’est d’arrêter de blesser du monde », a-t-il affirmé mardi après-midi.

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Rencontre du troisième lien

 

Pour une rare fois au sujet du projet de troisième lien entre Québec et Lévis, M. Legault a logé à la même enseigne que son adversaire conservateur Éric Duhaime, mardi. Tous deux ont rejeté des analyses démographiques montrant que la faible croissance de la population dans la région ne justifie pas le projet de tunnel de M. Legault ou de pont de M. Duhaime.

M. Legault a quant à lui laissé entendre que son gouvernement allait lui-même renverser les prévisions démographiques. « Avec nos ambitions, il va y avoir une croissance de la population dans le grand Québec », a-t-il soutenu avant d’avancer qu’il voulait faire du « grand Québec, incluant Lévis », une « deuxième métropole ».

M. Duhaime a appuyé son argumentaire sur de nombreuses études produites sur le sujet depuis les années 1960.

« Ça fait 70 ans qu’on parle du pont à l’est. La démographie a beaucoup évolué et la population de la rive sud [du fleuve] a augmenté considérablement pendant ces décennies-là », a fait valoir le chef conservateur mardi matin.

Avec Marco-Bélair-Cirino et Isabelle Porter

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