Éric Duhaime bienvenu en Beauce

Dans les rues de Saint-Georges-de-Beauce, l’enthousiasme pour le Parti conservateur du Québec était palpable mardi. 
Jacques Boissinot La Presse canadienne Dans les rues de Saint-Georges-de-Beauce, l’enthousiasme pour le Parti conservateur du Québec était palpable mardi. 

Malgré sa popularité dans la région, Éric Duhaime s’est rendu pour la première fois de la campagne en Beauce mardi matin, le temps de constater à quel point son message y est populaire. À deux semaines du scrutin, son parti y serait au coude à coude avec la Coalition avenir Québec (CAQ).

Dans les rues de Saint-Georges, l’enthousiasme pour le Parti conservateur du Québec (PCQ) était palpable mardi. À la vue de son bus de campagne, des automobilistes klaxonnaient ou ouvraient la fenêtre de leur voiture pour crier « liberté » à tue-tête.

À la sortie de la station de radio locale, trois jeunes hommes portant des bottes de construction ont arrêté le chef pour lui serrer la main et se prendre en photo avec lui. « Lâchez pas », a lancé l’un d’eux. Tout de suite après, une femme lui a pris le bras en lui disant qu’elle était une « conservatrice de longue date ».

« Les Beaucerons, vous êtes bons et vous vous prenez en main », avait dit plus tôt Éric Duhaime en entrevue à la radio. « Les Beaucerons, c’est des entrepreneurs, c’est des gens qui se sont retroussé les manches, qui travaillent fort. C’est des valeurs très, très conservatrices. […] Une région qui dépend très peu des gouvernements, qui est très autonome, moi, je trouve que ça va très bien avec nos valeurs conservatrices. »

L’animateur de Radio-Beauce Gaston Cloutier lui avait auparavant demandé d’expliquer pourquoi, à son avis, « les grands commentateurs politiques du gros village qu’est Montréal [ne] comprennent pas comment ça se fait que la Beauce adhère ou a adhéré aussi rapidement au Parti conservateur ».

Éric Duhaime avait alors rétorqué en écorchant le texte récent d’un chroniqueur venu sur place rencontrer des partisans comme s’il s’agissait d’un « safari ». « Ils font ça pour bien faire et pour expliquer la démocratie, mais en même temps, il y a quelque chose d’un peu méprisant et de condescendant à l’endroit des Beaucerons. Comme si, parce qu’on pense différemment, pareil parce qu’on est de centre droit, on est un peu bizarres, pis il faut aller voir c’est quoi », a-t-il dit.

Au coude à coude dans Beauce-Sud

Le chef conservateur a dévoilé mardi une série de mesures pour « redonner confiance » aux victimes de crimes. Il veut notamment permettre aux personnes qui craignent d’être victimes de violence conjugale de contacter la police pour vérifier les antécédents judiciaires de leur partenaire. Des lois en ce sens ont déjà été adoptées en Saskatchewan et en Alberta.

Le PCQ souhaite aussi faire pression sur Ottawa afin que le bracelet électronique puisse être imposé aux auteurs de crimes graves, lesquels sont sous la responsabilité du système carcéral fédéral (le bracelet ne s’applique pour l’instant qu’aux auteurs de crimes mineurs — les seuls sur lesquels les autorités québécoises ont une prise).

M. Duhaime était accompagné pour cette annonce de son candidat dans Beauce-Sud, Jonathan Poulin, un jeune avocat. Selon l’agrégateur de sondages Qc125, ce dernier est à égalité avec le député sortant de la CAQ, Samuel Poulin (les deux récolteraient 41 % des appuis).

Dans Beauce-Nord, seulement quatre points de pourcentage sépareraient le candidat conservateur, Olivier Dumais (39 %), du meneur, le caquiste Luc Provençal (43 %).

Le chef conservateur a aussi profité de son passage en terre beauceronne pour rencontrer le maire de Saint-Georges, Claude Morin, un ancien député de l’Action démocratique du Québec (ADQ), qu’il connaît depuis l’époque où il était dans l’équipe de Mario Dumont.

Devant les médias, M. Morin ne l’a pas appuyé officiellement et a dit qu’il comptait rester « neutre » dans le cadre de la campagne. Il a toutefois laissé entendre que les Beaucerons ne voulaient plus de la CAQ. « C’est sûr qu’il y a un vent qui est différent [de celui] des autres élections. Surtout [par rapport à] la dernière. […] Je pense que les gens veulent du changement. Vous savez qu’on a vécu des moments difficiles avec la pandémie. »

Même s’il s’agit d’un terreau fertile pour lui, c’était pourtant la première fois qu’Éric Duhaime se rendait en Beauce depuis le début de la campagne. Il se promène toutefois régulièrement sur la Rive-Sud dans la grande région de Québec, et il doit en outre tenir un « grand rassemblement » vendredi à Lévis.

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