Le PLQ a «plus que jamais» une raison d’exister, rétorque Anglade à Legault

«C’est un premier ministre qui est dépassé par les enjeux économiques, climatiques», a répliqué Dominique Anglade, qui rappelle que M. Legault a recruté des candidats «qui veulent faire la souveraineté».
Paul Chiasson La Presse canadienne «C’est un premier ministre qui est dépassé par les enjeux économiques, climatiques», a répliqué Dominique Anglade, qui rappelle que M. Legault a recruté des candidats «qui veulent faire la souveraineté».

Le Québec a « plus que jamais » besoin du Parti libéral du Québec (PLQ), martèle Dominique Anglade.

Elle répliquait, vendredi, au chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, qui avait déclaré la veille, après le débat des chefs, que le PLQ n’avait plus aucune raison d’exister.

M. Legault avait plaidé durant le débat que le PLQ avait « perdu le monopole d’être contre la souveraineté ».

« Notre parti propose plus d’autonomie à l’intérieur du Canada, et je crois que le Parti libéral n’a plus de raison d’exister à cause de cela », avait-il répondu à un journaliste anglophone.

« C’est un premier ministre qui est dépassé », réplique Mme Anglade, qui rappelle que M. Legault a encore recruté en 2022 plusieurs candidats « qui veulent faire la souveraineté ».

« Ce qu’on offre aux Québécois, c’est non seulement une véritable alternative au point de vue économique, mais également de l’inclusion », a-t-elle affirmé.

Déni et sidération

 

Pour elle, François Legault est dans le « déni » lorsqu’il aborde la pénurie de main-d’oeuvre en parlant des travailleurs qui sont « contents ».

« En avez-vous rencontré beaucoup des travailleurs qui sont hyper contents présentement ? »

« Les infirmières sont épuisées, les enseignants n’en peuvent plus, […] les gens quittent la profession, les entrepreneurs travaillent vraiment plus parce qu’ils ne sont pas capables de recruter », a-t-elle illustré.

La cheffe libérale s’est par ailleurs dite « sidérée » par la déclaration du premier ministre sortant, selon laquelle le « problème est réglé à l’hôpital de Joliette ».

M. Legault avait soutenu jeudi, au débat des chefs, que les mesures mises en place depuis le décès de Joyce Echaquan avaient permis de corriger la situation.

« Il banalise toute la question du racisme systémique, il banalise la relation avec les Autochtones », s’est insurgée Mme Anglade.

Affrontement PLQ-QS

 

La cheffe du PLQ a été la cible de plusieurs attaques au débat, dont celles du porte-parole de Québec solidaire (QS), Gabriel Nadeau-Dubois, qui a critiqué plusieurs fois son bilan en tant que cheffe de l’opposition.

Le leader solidaire a une nouvelle fois accusé Mme Anglade, vendredi matin en mêlée de presse, de ne pas avoir été à la hauteur. « Le bilan qu’on a dans l’opposition, c’est un peu notre carte de visite pour les Québécois et les Québécoises pour leur dire si on est prêt ou pas de passer à la prochaine étape. Et Dominique Anglade n’a pas été une cheffe d’opposition officielle efficace dans les quatre dernières années », a lancé M. Nadeau-Dubois.

Selon lui, le PLQ « se cherche ». « Il y a eu un virage nationaliste, il y a eu un virage progressiste. Hier, Mme Anglade a parlé à plusieurs reprises comme certains de ses prédécesseurs, comme M. [Jean] Charest, M. [Philippe] Couillard. Bref, le renouveau promis au Parti libéral du Québec n’a pas l’air de se produire », a mentionné M. Nadeau-Dubois.

Ce dernier a d’ailleurs fait campagne, vendredi, dans le fief de Mme Anglade, Saint-Henri–Sainte-Anne, dans le sud-ouest de Montréal, et appelé les libéraux déçus à voter QS.

« M. Gabriel Nadeau-Dubois veut rester dans l’opposition ; moi, j’aspire à remplacer François Legault », a répondu Mme Anglade par médias interposés.

Selon elle, les Québécois devraient éviter d’appuyer le parti de M. Nadeau-Dubois à cause de « toute la question des taxes qu’il demande aux citoyens ».

Des luttes serrées entre le PLQ et QS sont à prévoir dans plusieurs comtés montréalais.

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