Le PQ veut faire payer les entreprises ayant «profité» des Québécois

Il s’agit de s’attaquer à certains secteurs économiques non concurrentiels qui ont «profité de la crise de l’inflation pour littéralement voler les consommateurs québécois», a soutenu M. St-Pierre Plamondon.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Il s’agit de s’attaquer à certains secteurs économiques non concurrentiels qui ont «profité de la crise de l’inflation pour littéralement voler les consommateurs québécois», a soutenu M. St-Pierre Plamondon.

Taxer les « surprofits », imposer les GAFAM et lutter contre les profits détournés dans les paradis fiscaux : c’est ainsi que le Parti québécois (PQ) compte réaliser ses engagements visant à assurer la « pérennité » des services publics.

Le financement des CPE, de la santé et de l’éducation sont au coeur du plan du PQ, a soutenu son chef, Paul St-Pierre Plamondon, de passage à Montréal mardi pour dévoiler son cadre financier. Ce dernier prévoit des dépenses de 29,7 milliards de dollars et des nouveaux revenus de 12,3 milliards de dollars sur cinq ans.

Pour financer ces engagements, les grandes entreprises du numérique seraient taxées à hauteur de 3 % de leur chiffre d’affaires québécois. Cette mesure fiscale rapporterait près de 1,775 milliard de dollars aux coffres de l’État sur 5 ans.

Le PQ prévoit aussi, s’il est élu, taxer les surprofits. Il s’agit de s’attaquer à certains secteurs économiques non concurrentiels — notamment celui de l’énergie — qui ont profité de la crise sanitaire, de la guerre en Ukraine et de l’inflation « pour littéralement voler les consommateurs québécois », a soutenu M. St-Pierre Plamondon. Ce dernier a promis de donner plus de détails à ce sujet prochainement.

Parmi les autres mesures proposées, la formation souhaite imposer une taxe sur les profits détournés afin de lutter contre les paradis fiscaux. Cela permettrait au Québec d’engranger 622,9 millions de dollars de plus sur quatre ans.

Un endettement « confortable »

À la fin d’un éventuel mandat péquiste, le ratio de la dette par rapport à la taille de l’économie se situerait à 39,4 %, comparativement à 40,4 % en 2022-2023.

Le PQ prévoit d’abord faire des surplus en 2023-2024 et en 2024-2025, puis atteindre l’équilibre budgétaire à l’année 2025-2026. Or, en 2026-2027, un déficit de 492 millions de dollars est prévu. « Une zone d’endettement confortable », a affirmé le chef péquiste.

« Plusieurs de nos mesures, [pour ce qui est] de la mise en place, requièrent qu’on y aille graduellement », a expliqué M. St-Pierre Plamondon. Le virage des soins à domicile, qui coûterait près de 8 milliards de dollars sur cinq ans, doit être fait de façon que le système puisse s’adapter, a-t-il illustré.

Afin de financer une transition écologique « juste », la formation politique entend réduire d’un milliard de dollars par année les versements destinés au Fonds des générations, un outil financier consacré au remboursement de la dette québécoise. « On juge que le déficit environnemental va coûter une fortune aux prochaines générations si on n’agit pas maintenant », a soutenu le chef du PQ.

Parmi les mesures « vertes » proposées, la formation péquiste investirait 775 millions de dollars pour la création de la « passe climat » dans un éventuel premier mandat. Cette formule donnerait un accès illimité au transport collectif au coût de 1 $ par jour.

Être prêt pour « le jour 1 »

Au total, 231 millions de dollars sont prévus dans le cadre financier péquiste pour préparer l’indépendance du Québec. « Évidemment, le jour 1 d’un nouveau pays, les choses doivent être en place », a expliqué Paul St-Pierre Plamondon. Cette part du budget serait investie en études portant notamment sur les impacts économiques, les négociations diplomatiques et le cadre juridique d’un éventuel « pays nommé le Québec », a détaillé le chef péquiste.

Ce dernier a dit vouloir s’assurer d’envoyer les bons signaux sur les marchés internationaux afin d’attirer des investissements et faire d’une décision politique un « tremplin économique ».

Il a aussi souligné que baisser les impôts et les taxes consiste en un « aller simple vers l’austérité ».

Pour aider la classe moyenne, la formation politique mise plutôt sur un chèque envoyé aux familles qui peinent à « joindre les deux bouts » dans le contexte de l’inflation, a-t-il dit. S’il est porté au pouvoir, le PQ enverrait donc d’ici le 31 décembre un chèque de 1200 $ aux Québécois qui gagnent moins de 50 000 $, et de 750 $ à ceux qui ont des revenus entre 50 000 $ et 80 000 $.

Cette mesure ne « s’attaque pas à la capacité de financer nos services publics », conclut M. St-Pierre Plamondon.

Avec La Presse canadienne
 



Une version précédente de ce texte, qui indiquait que les dépenses totales du cadre financier se chiffraient à 29,9 milliards et que le déficit prévu en 2026-2027 serait de 518 millions a été modifiée, après rectification du Parti québécois.

 

À voir en vidéo