Le Parti conservateur entend élargir le soutien à la francisation des immigrants

Tout en reconnaissant que ce qu’il propose se rapproche de la «loi 96», Éric Duhaime a tout de même promis de l’abolir pour la remplacer par une version qui ne contiendrait pas ce qu’il estime être des atteintes aux droits des anglophones.
Jacques Nadeau Le Devoir Tout en reconnaissant que ce qu’il propose se rapproche de la «loi 96», Éric Duhaime a tout de même promis de l’abolir pour la remplacer par une version qui ne contiendrait pas ce qu’il estime être des atteintes aux droits des anglophones.

Le Parti conservateur propose d’élargir le soutien à la francisation à l’ensemble des membres des familles de nouveaux arrivants et à ajuster de plus près la formation en français au milieu de travail où ces nouveaux arrivants oeuvrent.

Le chef conservateur, Éric Duhaime, qui était à Montréal mardi matin pour présenter les propositions de son parti en matière de francisation, a invoqué les données du dernier recensement pour affirmer à son tour que la situation du français au Québec est précaire.

« Pour que le français demeure la langue commune, ça commence par faciliter et améliorer l’apprentissage qui est fait du français aux nouveaux arrivants. Les statistiques sont assez claires : si on a un recul récent, c’est parce qu’on ne réussit pas à intégrer suffisamment les nouveaux arrivants à la majorité francophone », a avancé le chef du PCQ.

Francisation obligatoire

Le parti propose même de légiférer pour créer un cursus de francisation obligatoire pour les immigrants qui ne parlent pas le français à leur arrivée. Pour ce qui est des milieux de travail, il entend piger dans le Fonds de développement et de reconnaissance des compétences de la main-d’oeuvre pour soutenir financièrement la francisation en entreprise. Le Fonds est constitué des montants versés par les employeurs assujettis à la loi qui n’ont pas investi l’équivalent de 1 % de leur masse salariale dans la formation de leur personnel.

Du même souffle, tout en reconnaissant que ce qu’il propose se rapproche de la « loi 96 », la réforme caquiste de la loi 101, il a tout de même promis d’abolir cette loi pour la remplacer par une autre version qui ne contiendrait pas ce qu’il estime être des atteintes aux droits des anglophones.

M. Duhaime rejette toutefois les prétentions de certains représentants de la communauté anglophone selon lesquelles la survie de l’anglais serait menacée au Québec.

« Je ne suis pas inquiet pour l’anglais au Québec tout court, avant [la loi] 96 ou après 96. En Amérique du Nord, l’anglais n’est pas menacé, le français va toujours être minoritaire et la langue qui va toujours être menacée sur le continent, évidemment, c’est le 2 %, pas le 98 % ».

Immigration et chemin Roxham

 

Le Parti conservateur entend lui aussi réclamer à Ottawa les pleins pouvoirs en matière d’immigration et il dit espérer que tous les partis parleront d’une seule voix dans ce dossier.

Interrogé sur la situation du chemin Roxham à la frontière canado-américaine, où l’on comptabilise déjà quelque 19 000 passages irréguliers depuis le début de l’année, Éric Duhaime a blâmé à la fois Québec et Ottawa dans ce dossier.

« L’écrasante majorité de la population québécoise est outrée de voir entrer autant d’illégaux, notamment au chemin Roxham. Il faut vraiment que ça bouge. Il y a un manque de leadership et à Ottawa et à Québec sur cet enjeu-là », a pesté le leader conservateur. 

« Ça fait quelques années que ça dure. Tout le monde le sait et personne ne bouge et c’est totalement inacceptable. Ça vient miner l’ensemble des politiques d’immigration du Québec, ça vient miner la confiance que la population a envers l’immigration », a-t-il avancé.

Taxes impayées : pour aider un ami

Par ailleurs, M. Duhaime a de nouveau été appelé à s’expliquer sur ses retards de paiements de taxes municipales et scolaires. Il a répété que la maison dont il est question, dans le quartier Montcalm, à Québec, est prêtée à un ami dans le besoin et ses quatre enfants.

Un bail avait été signé pour la première année d’occupation, mais son ami étant incapable de l’honorer, il n’a tout simplement pas été renouvelé. Dans ces circonstances, il a demandé à son ami de simplement payer les dépenses courantes de la maison, soit les taxes municipales et scolaires, le chauffage, l’électricité et ainsi de suite. Là encore, l’ami en question s’est trouvé incapable d’assumer le paiement des taxes et c’est le chef conservateur qui a versé les sommes demandées.

« Je ne voulais pas le mettre dans une situation embarrassante. C’est lui-même qui a choisi de parler. Je ne l’aurais jamais forcé à révéler la nature de sa situation financière. Ce n’est pas d’intérêt public. Il ne mérite pas ça. Je voulais le défendre, mais il a choisi lui-même d’aller de l’avant », a déclaré M. Duhaime, remerciant cet ami d’avoir dévoilé ces détails.

Éric Duhaime affirme qu’il perd de l’argent avec cette maison, argent qu’il ne pourra récupérer que s’il la vend puisque sa valeur a augmenté.



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