Quatre partis, quatre candidats autochtones: Jacline Rouleau

Jacline Rouleau, candidate pour le Parti québécois dans la circonscription d’Abitibi-Est
Photomontage: Le Devoir Jacline Rouleau, candidate pour le Parti québécois dans la circonscription d’Abitibi-Est

Jacline Rouleau est née d’une union entre un père blanc et une mère ojibwée, originaire du nord de l’Ontario.

« Quand mon grand-père [maternel] a déménagé en Abitibi, il prenait des canots et il allait à Senneterre pour vendre des fourrures à la Compagnie de la Baie d’Hudson », raconte celle qui se présente aujourd’hui pour le Parti québécois dans la circonscription d’Abitibi-Est.

Le trappeur amenait parfois sa famille avec lui. « Mon père, lui, avait un commerce d’électroniques, de disques et d’instruments de musique à Senneterre », poursuit la candidate, rencontrée à Val-d’Or la semaine dernière. « Ma mère y allait [au magasin] pour écouter de la musique. Ils sont tombés en amour, ça a pas été long ! »

Bien que Jacline Rouleau ait grandi à Senneterre, elle dit avoir toujours gardé contact avec ses racines autochtones. « On allait voir mes tantes à Garden Village, la réserve près de Sturgeon Falls [en Ontario]. J’ai vécu des mariages, des fêtes, des décès. »

Depuis 2009, Jacline Rouleau est mairesse de la municipalité de la Paroisse de Senneterre, en plus d’être propriétaire d’un casse-croûte et d’avoir relancé le club de l’âge d’or de la municipalité depuis 2014.

En 2019, la dame aux multiples chapeaux s’est présentée aux élections fédérales sous la bannière du NPD. Qu’est-ce qui lui a fait changer d’allégeance pour défendre aujourd’hui les couleurs du Parti québécois ?

« L’Abitibi, c’est ici que j’ai grandi. Je veux être près des citoyens que je connais, en travaillant pour eux et avec eux », explique-t-elle, en faisant allusion au fait que la circonscription fédérale d’Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou est beaucoup plus vaste que celle d’Abitibi-Est au provincial.

« Le Parti québécois touche autant les valeurs québécoises qu’autochtones, ajoute-t-elle. Le français, nous, on veut le garder, tout comme les Autochtones veulent garder leur culture et leurs langues. » C’est aussi le parti qui a signé la Paix des braves en 2002 avec les Cris, rappelle-t-elle, et celui qui a fait élire en 2007 le premier député autochtone à l’Assemblée nationale, Alexis Wawanoloath, dans Abitibi-Est.

Jacline Rouleau est-elle devenue souverainiste ? La candidate du PQ dit plutôt être en quête d’informations. « Il y a des choses qu’il faut que je continue à lire [avant de me prononcer]. »

« Le Québec donne des milliards au fédéral. Si on arrête de le verser, cet argent-là va rester chez nous. Je suis rendue-là dans mon stade [de réflexion] », explique-t-elle.

Elle affirme néanmoins que le Parti québécois rejoint ses « valeurs », en citant notamment les thèmes de la pénurie de main-d’oeuvre et des soins aux aînés.

« La pénurie d’employés, moi, je l’ai vécue cette année [dans son casse-croûte]. J’ai dû travailler de 90 à 95 heures par semaine dans mon restaurant [puisqu’elle était incapable de recruter du personnel », rapporte-t-elle.

Quant aux personnes âgées, elle souhaite que des efforts soient consentis pour qu’elles puissent rester le plus longtemps possible à domicile. « Ça fait des personnes plus en santé », dit-elle.

D’ici la fin de la campagne électorale, Jacline Rouleau promet d’aller dans les réserves autochtones pour mieux comprendre les besoins des communautés. « On les entend dire : “on n’est pas entendus”. Mais à quelle porte frappez-vous ? », se demande-t-elle. « Est-ce que nous, on peut frapper à votre porte pour aller vous écouter ? »



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