La CAQ voit grand pour Québec

Le chef caquiste, François Legault, a décliné son programme lors d’une conférence de presse.
Jacques Boissinot La Presse canadienne Le chef caquiste, François Legault, a décliné son programme lors d’une conférence de presse.

La Coalition avenir Québec (CAQ) a déployé l’artillerie lourde dans la capitale, vendredi, en annonçant un financement de 450 millions de dollars pour amorcer de nombreux projets pour la région de Québec.

Le chef du parti, François Legault, a décliné son programme en conférence de presse. « On voit très grand pour grande région de Québec, a-t-il dit. On veut donner à la région tous les outils pour qu’elle devienne la deuxième métropole du Québec. »

La pièce maîtresse de son annonce est un nouveau marché public qui doit être construit à l’emplacement du terminal des traversiers. La CAQ prévoit que les navires ne seront plus nécessaires grâce à son projet de tunnel. La construction de l’édifice permettrait de ressusciter le Marché Champlain, un bâtiment du XIXe siècle détruit par un incendie en 1910.

L’objectif est d’ajouter un attrait au Vieux-Québec, où la CAQ espère augmenter le tourisme de 35 %, a déclaré la ministre responsable de la capitale nationale, Geneviève Guilbault. « C’est un projet qui sera fait sur la base d’un nationalisme assumé, où tout le monde va pouvoir se réimprégner de notre histoire tout en savourant les saveurs locales », a-t-elle affirmé. Les coûts de construction et son échéancier sont inconnus ; une équipe devrait le préciser après les élections.

La formation politique veut aussi mettre en place un réseau de navettes fluviales à cet endroit. Encore une fois, le projet ferait l’objet d’une étude après le scrutin.

Par ailleurs, la CAQ veut notamment ajouter des pistes cyclables dans la capitale, protéger ses réserves d’eau potable et augmenter l’immigration dans la région.

En tout, 450 millions sont prévus pour seulement lancer tous ces projets.

Flou autour du troisième lien

 

M. Legault a renouvelé son engagement de soutenir le projet de tramway à Québec. Il a répété aussi la nécessité d’un troisième lien routier entre les deux rives. Des études sont disponibles, mais M. Legault souhaite qu’elles soient refaites pour tenir compte des effets du télétravail.

Le chef caquiste a tout de même donné l’indication que des questions importantes subsistent pour le projet de 6,5 milliards. « Reste à décider si c’est un pont ou un tunnel, a-t-il dit. Nous, on souhaite un tunnel. »

Puis, M. Legault a affirmé que les études pourraient déterminer s’il faut davantage de voies dans le tunnel, qui en compte quatre dans sa version actuelle.

« Continuer » les changements

Le chef conservateur, Éric Duhaime, qui préconise la construction d’un pont, s’est amusé du flou créé autour du troisième lien. « Il va falloir l’appeler François Lagaffe Legault », a-t-il dit.

M. Duhaime s’est réjoui de voir son adversaire caquiste faire campagne dans la capitale, ce qu’il voit comme un signe que la CAQ s’y sent menacée. « Chaque fois que François Legault est dans la région de Québec, dites-vous que c’est parce que ça va très bien pour le Parti conservateur du Québec. »

Dans une région où la volatilité de l’électorat réserve toujours des surprises, M. Legault s’est montré persuadé que la CAQ déjouera l’appétit de changement dont profiterait le PCQ dans la région. « Nous avons proposé des changements en 2018 et nous proposons maintenant de continuer à mettre en oeuvre ces changements », a-t-il dit.

À voir en vidéo