Anglade dit ne pas avoir eu de discussions avec Glencore

La cheffe libérale, Dominique Anglade, était ministre de l’Économie en 2017 quand le gouvernement Couillard a renouvelé pour la fonderie Horne de Rouyn-Noranda une norme d’arsenic qui dépasse de 33 fois la norme québécoise.
Photo: Adil Boukind Le Devoir La cheffe libérale, Dominique Anglade, était ministre de l’Économie en 2017 quand le gouvernement Couillard a renouvelé pour la fonderie Horne de Rouyn-Noranda une norme d’arsenic qui dépasse de 33 fois la norme québécoise.

La cheffe libérale Dominique Anglade a tenté pour une deuxième fois en deux jours de tirer au clair son rôle dans la reconduction d’une norme d’arsenic jugée dangereuse.

Elle était ministre de l’Économie en 2017 quand le gouvernement Couillard a renouvelé pour la fonderie Horne de Rouyn-Noranda une norme qui dépasse de 33 fois la norme québécoise.

L’entreprise propriétaire de l’usine, Glencore, avait un mandat de lobbying qui visait alors le ministère de l’Économie.

« Moi, à titre de ministre, je n’étais aucunement impliquée dans le renouvellement de l’attestation, a assuré dimanche Mme Anglade, en conférence de presse. Comme ministre de l’Économie, je n’ai pas été impliquée sur des liens à faire avec la santé publique. »

Elle a toutefois été appelée à préciser sa pensée, à savoir si l’entreprise avait fait des pressions ou eu des discussions concernant les emplois à maintenir pour s’assurer de la reconduction de la norme.

« Je n’ai jamais eu de discussions sur le plan économique sur le dossier Glencore, je n’ai pas eu de discussions en matière d’emploi », a-t-elle poursuivi.

Des questions économiques ont-elles été abordées lors du renouvellement de l’autorisation ? « Pas avec moi, je vous assure. »

En tournée en Abitibi samedi, Mme Anglade avait dit qu’elle ne savait pas que la norme d’arsenic autorisée en 2017 à la fonderie Horne était dangereuse pour la santé.

En 2004, la Santé publique avait déjà mis en garde les autorités sur les dangers cancérigènes de l’arsenic.

Mais elle n’avait pas expliqué précisément son rôle dans cette décision ni le processus d’approbation en place, malgré les questions répétées des journalistes.

« Jamais je n’ai eu en ma possession quelque chose qui disait que ça avait un impact sur la santé publique des gens », avait-elle insisté.

Elle avait assuré qu’elle n’avait pas eu de discussions sur cet enjeu.

Elle a accusé le gouvernement caquiste d’avoir caché un rapport de 2019 sur les dangers de l’arsenic émis par la fonderie.

L’usine a le droit d’émettre jusqu’à 100 nanogrammes d’arsenic par mètre cube, alors que la norme est de 3 nanogrammes ailleurs au Québec. L’autorisation a été reconduite pour cinq ans et doit être renouvelée au plus tard en novembre 2022.

L’attestation a été délivrée à Glencore par une fonctionnaire du ministère de l’Environnement, le 20 novembre 2017.

Dans un récent rapport, des scientifiques de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) écrivaient que « les émissions historiques d’arsenic et de cadmium de la Fonderie Horne sont associées à un risque estimé accru de cancer dépassant le seuil de risque considéré comme négligeable au Québec ».

Or, dès 2004, un rapport d’un groupe de travail de l’INSPQ et du ministère de l’Environnement affirmait : « étant donné le caractère cancérigène de l’arsenic, le groupe de travail estime qu’il est nécessaire d’adopter une approche préventive visant à réduire le plus possible les niveaux d’exposition de la population. »

Mme Anglade a estimé samedi que la Direction de la santé publique a aussi sa part de responsabilité.

À voir en vidéo